TOUSSAINT 2013

  • En marche les humiliés du souffle Oui le Royaume du ciel est à eux.
  • En marche les endeuillés Oui ils seront réconfortés
  • En marche les humbles Oui ils hériteront la terre
  • En marche les affamés et les assoiffés de justice Oui ils seront rassasiés
  • En marche les bienfaisants Oui ils seront bénis
  • En marche les cœurs purs Oui ils verront Dieu
  • En marche les faiseurs de paix Oui ils seront déclarés fils de Dieu
  • En marche les persécutés à cause de la justice Oui le Royaume du ciel est à eux.

C’est ainsi qu’à la veillée d’ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens furent proclamées ici dans Saint-Victor, les béatitudes, après que le pasteur Keller ait demandé à tous le recueillement pour que l’assemblée puisse se tenir en présence du Dieu trinité ou plutôt pour donner au Seigneur d’approcher de nous.
La traduction était inspirée d’André Chouraqui.
Probablement la surprise permet-elle de deviner tout le mystère de l’acte de lecture et toute la vie de la parole inspirée qui, aux croyants communique le souffle du cœur de Dieu quand elle est proclamée en assemblée de foi. Nous mesurons combien écouter et proclamer nous appellent à puiser dans notre histoire, nous engagent , nous portent dans la foi pour que nous portions à notre tour de nouveaux vivants dans la foi. Le texte reçu est une vaste demeure dont nous ne pouvons épuiser les trésors et où il est donc bon d’entendre d’autres accents que les nôtres pour deviner tout l’espace de la vie. Il est bon aussi de garder le texte dans le jaillissement originel de son écriture. Il est bon de le vivre et de trouver en lui les échos de la prière et de la vie liturgique.
Ainsi il est bon, pour entendre les mots de la consolation de retrouver le verbe qui donne à l’Esprit Saint l’un de ses titres de défenseur, de paraclet. Il est bon de reconnaître dans le terme qui désigne les miséricordieux à qui il est fait miséricorde, le verbe que nous avons dans le cœur au début de chaque eucharistie : « Kyrie eleison ». Il est bon aussi de savoir que tous les verbes qui viennent en appui des béatitudes sont tous au passif et impliquent donc bien le Seigneur qui reçoit notre vie et la recueille en ses mains, sauf celui qui nous parle d’héritage et donc lie notre vie à celle de Dieu. Il est bon aussi de remarque r que tous ces verbes sont au futur et regardent donc le temps de l’accomplissement des promesses, sauf les deux qui nous donnent le Royaume des cieux : il nous est donné aujourd’hui.
La communion avec le Seigneur révèlera tout son fruit au jour de la plénitude des temps. Mais aujourd’hui elle est à l’œuvre en nos vies.
C’est la puissance actuelle de cette communion qui est la béatitude aujourd’hui pour nous. Et cette communion dilate les cœurs, libère les libertés. La joie est bien celle du Royaume. Elle arrache aux ténèbres, elle clarifie le regard. Nous n’avançons pas à tâtons, les enjeux sont clairs.
Quand Dieu se sent en connivence avec des cœurs qui, avec lui et comme lui sentent les évènements, les penchants et les émotions des êtres pour, avec lui, écouter, apaiser, prendre pitié, refuser la violence, chercher ce qui est juste et bâtir la paix, alors ces cœurs ne craignent rien. La promesse du Seigneur les a éveillés à la vie. Ils marchent vers cette promesse. Rien ne peut les arrêter. Le OUI de Dieu vient à leur rencontre.

En marche les humbles … Oui Dans cette fête de la Toussaint nous acclamons nos ainés dont la vie a incarné le OUI de Dieu. Et nous nous mettons en marche …

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