« Priez, priez et aimez vos ennemis. »

Pendant la sanglante guerre civile du Liban (1975-1990), deux jours
avant Noël, Ghasibé Kayrouz se prépare à retourner dans son village
natal, dans la plaine de la Bekaa. Le jeune charpentier, qui allait en
classe chez les Jésuites, a un pressentiment qui le pousse à rédiger
un testament :. Le soir même, il est froidement abattu par ceux pour
qui la guerre et la mort ont plus d’importance que la vie et l’amour.
On lira plus tard dans son testament :
« Je dis à ma mère et à mes sœurs : ne soyez pas tristes, car cette
absence, aussi longue soit-elle, est courte, et nous nous retrouverons
dans les plaines éternelles du ciel. Là-bas se trouve la joie... J’ai une
seule demande à vous faire : pardonnez à ceux qui m’ont tué. Faites
le de tout votre cœur, et demandez avec moi que mon sang, même si
c’est le sang d’un pécheur, soit un rachat pour les péchés du Liban,
une hostie mêlée au sang de ces victimes qui sont tombées, de tous
les bords et de toutes les religions, et un prix pour la pais, et l’amour,
et l’entente qui ont été perdus par cette patrie, et même pour le monde
entier. Enseignez aux gens l’Amour par ma mort, et Dieu vous consolera,
pourvoira à vos besoins, et vous aidera dans cette vie. N’ayez pas peur ;
je ne regrette pas du tout, et je ne suis pas triste de quitter ce monde.
Je ne suis triste que parce que vous serez tristes.
Priez,priez et aimez vos ennemis. »

In : Bulletin Aide à l’Eglise en détresse n°10 Mars 1999

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