Père Yves Sermon du Nouvel An 2015

Marie mère de Dieu, à toi l’église de ton fils confie l’humanité

Frères et sœurs dans la foi,

Nous vivons aujourd’hui une célébration placée sous double fête : la nouvelle année civile et la Sainte Marie mère de Dieu. En mettant la fête de la Sainte Marie mère de Dieu le 1 er jour de l’an, l’église notre mère contemple et professe les merveilles faites par Dieu à travers son humble servante en faveur de l’humanité et confie à la mère de Jésus de porter dans sa prière qui monte chaque jour vers son fils, le monde et l’humanité.

Si nous partons des textes que la liturgie nous offre, nous nous rendons rapidement compte que ce jour est un jour de bénédiction. Bénédiction, c’est ainsi que le milieu civil et nos environnements sociaux vivent ces fêtes, à travers la bonne tradition des vœux. L’Église quant à elle, depuis un certain nombre d’année, fait du 1 er janvier une journée pour implorer Dieu afin que la Paix revienne dans le monde et prenne forme dans notre humanité. Jean Paul II dans un discours disait qu’une paix conventionnelle, acquise par les armes sans dialogue, sans une prise en compte des blessures ne peut que fabriquer et engendrer d’autres foyers de violence dans le monde qui se cristallisent et s’éclatent finalement en tension dans nos sociétés. Dans l’esprit de l’église, elle souhaite qu’à chaque début de l’année nous nous accueillons les uns les autres comme le recommandait Dieu au peuple de l’alliance de le faire.. « Que le seigneur te bénisse et te garde. Que le seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce, que le seigneur tourne vers toi son visage qu’il t apporte paix (cf. Nb 6,22-27) ». Demander à Dieu de bénir, c’est s’adresser à son cœur plein de bonté, mais c’est aussi faire de sorte que nous devenions les uns pour les autres, et les uns avec l’autre expression de cette bénédiction de Dieu.
Vous voyez à quelle mission cette bénédiction de Dieu nous convie aujourd’hui et demain.. Nous allons l’inscrire dans cette année comme quelque chose que Dieu nous confie personnellement et nous souhaitons de tout cœur qu’elle inonde le monde afin que les germes des violences et d’injustices perdent un peu leur venin.
L’apôtre Paul dans la deuxième lecture (cf. Ga 4,4-7) nous apprend que l’Esprit de Jésus qui nous habite. Le chrétien est donc la demeure de l’Esprit Saint comme l’a été Marie prise son l’ombre de l’Esprit pour engendrer le verbe divin( cf. Lc 1). L’Esprit qui nous habite, nous fait découvrir que Dieu est notre père, père de cette humanité que nous formons. C’est au cœur de la prière chrétienne que l’humanité demeure l’expression de l’amour de Dieu. Nous en faisons l’expérience à chaque fois que nos voix s’élèvent pour dire le padre nuestro. Dans cette prière, nous signons qu’effectivement Dieu a voulu créer une famille humaine dont nous sommes membres. Pensons donc à cette large famille de Dieu, à ses joies et peines, à son espérance mais aussi à ses moments sombres, pensons aussi aux pays en guerre ou aux personnes qui se regardent avec des yeux chargés de haines, pensons à nous-mêmes, à nos familles dans lesquelles des fois le pardon et la réconciliation sont difficiles à être accordés. Faisons le avec confiance en Dieu à qui rien n’est impossible.
Que nos prières montent vers Dieu pour lui dire merci et demander son esprit qui nous indique comment vivre de cette mission qui est celle des enfants de Dieu.
En vénérant Marie mère de Dieu, l’église professe la présence forte et source de toute bénédiction, de Dieu en la personne de Marie. Nous vivons l’ultime message de l’octave de Noël. Une naissance parle toujours de la mère, de celle qui donne la vie, qui donne un homme au monde. À marie est consacré ce premier jour de l’an. Oui c’est fort comme expression de foi. Elle veut dire que nous remettons toute l’humanité dans les bras de marie. Ce bras qui a porté Jésus durant la naissance, son sein maternel qui l’a couvé, Marie porte Jésus descendu de la croix... ; après la mort, il revient entre les bras qui, à Bethléem, l’ont offert comme Sauveur du monde. C’est à cette maternité que l’Église se tourne pour dire toi marie : « Mère, qui sais ce que signifie porter dans ses bras le corps de son enfant mort, de celui auquel on a donné la vie, épargne à toutes les mères de cette terre la mort de leurs enfants, les tourments, l’esclavage, les destructions de la guerre, les persécutions, les camps de concentration, les prisons. Conserve-leur la joie de faire naître un homme, de développer la vie en lui. Au nom de cette vie, au nom de la naissance du Seigneur, implore avec nous la paix, la justice dans le monde. Mère de la paix, dans toute la beauté et la majesté de ta maternité, que l’Église vénère et que le monde admire, sois avec nous à chaque instant. Fais que cette année nouvelle soit une année de paix, en vertu de la naissance et de la mort de ton Fils. »Prière de Saint Jean Paul II.
Marie écoute et médite tout dans son cœur ce qu’elle entend. Elle entend ce que nous lui confions cette année, elle les médite et les présente à son Fils Jésus. Dans la confiance en elle et à l’église de son fils Jésus, implorons Dieu qui veut le bonheur de tous les hommes afin que l’année 2015 soit pour chacun de ses enfants, une remise à l’école de la volonté de Dieu.

P. Yves Allangomi, 1er janvier 2015 à saint victor

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