Père Yves 7° Dimanche de Pâques 16 et 17 mai 2015

7ème dimanche de Pâques 2015, Paroisse St Victor
Actes des Apôtres 1, 15… 26 – Le choix de Matthias
1 Jean 4, 11-16 – Nous aimer les uns les autres
Jean 17, 11b-19 – Consacre les par ta vérité

Nous venons d’écouter ensemble la parole Dieu de ce dimanche. C’est elle qui rassemble et envoi en mission. A la fin de cette messe, le prêtre nous dira « Allez dans la paix du Christ ». Ce n’est pas un rendez vous pris pour la prochaine célébration. L’expression signifie que nous sommes envoyés à vivre de ce que ce nous venons recevoir :le Corps du Christ. Nous irons en mission dans nos lieux de vies : nos maisons, familles, lieux professionnels, notre société.
Allions nous laisser cette Parole entrer chez nous, devenir le colocataire ? Ou bien la laisserons nous pour revenir la voir dimanche prochain ? Cette Parole se veut notre compagnon de vie. Dans la parole de Dieu nous ne découvrons pas seulement Dieu se révélé à nous. Aussi nous y apprenons comment Dieu veut que nous répondions à son appel. Répondre à Dieu c’est vivre en lui. Ce n’est pas un décore de vie mais la vie elle-même mise dans les profondeurs de ses racines.
Au nombre de personnes que nous constituons pour cette assemblée dominicale, notre adhésion au Christ peut naitre de diverses manières : imprégnation familiale : cet enfant qui a découvert et aimé Jésus voyant ses parents prier ensemble à la maison ; rencontre de croyants : Joséphine Bakhita cette jeune esclave soudanaise vendue à un nègrier italien et dont l’adhésion au Christ a été la conséquence de son amitié avec la fille de son patron..C’est l’irruption impromptue de Dieu dans la vie et qui change tout son itinéraire.. exemple de Paul sur la route de Damas, saint Augustin, Ignacio de Loyola.. j’en passe.. Que chacun de nous renoue avec sa propre histoire pour se rendre compte des portes par lesquelles Dieu est venu chez lui.
La foi chrétienne, bien qu’une adhésion personnelle au Dieu trinitaire ne reste pas pour autant un fait purement et simplement subjectif. Elle repose sur l’objectivité de l’histoire de salut médité et cru ; sur le témoignage de ceux qui ont accompagné Jésus depuis son baptême par Jean jusqu’au jour où il a été enlevé. C’est ce témoignage que les apôtres et les chrétiens attesteront par leurs vies et actes depuis des générations jusqu’aux extrémités de la terre. Imaginons un instant que chaque chrétien et chrétienne se le dise : « Je suis témoin de la foi reçue des apôtres et avec la grâce de Dieu j’essaie de la vivre pour que d’autres personnes en découvrent la joie de croire »
Le rappel de la tradition apostolique comme critère d’élection du remplaçant de Judas permet de nous rendre compte du souci que portent les apôtres. Celui de la pérennité de l’annonce de la bonne nouvelle. Oui, la Bonne nouvelle est cette semence de la vie éternelle que Dieu a sème dans la vie des hommes. Sans ces vies, la nouvelle ne pourra être bonne pour personne. Elle le devient dans la mesure où elle s’incarne dans le quotidien prenant corps dans nos réalités en les transformant en avant goût du Royaume de Dieu dans notre monde.
Jésus nous veut porteurs de sa joie, de sa paix, mais pas dans un cocon bien fermé. Il nous veut en plein monde, en pleine pâte humaine. Je vois parfois des chrétiens timides, un peu tièdes, centrés sur eux. Dans l’apocalypse, le Seigneur nous dit : « Les tièdes, je les vomis ! » Etre chrétien, c’est accepter d’être prophète, missionnaire. Combien nous devrions nous inspirer de ce livre des Actes des Apôtres ! A la façon de Matthias, qui va succéder à Judas.
Alors nous comprenons bien l’apôtre Jean dans sa lettre : « puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons nous aimer les uns les autres ». C’est dans cet amour mutuel que Dieu prendra corps dans notre existence et celle-ci deviendra Parole de DIEU. Cet amour de Dieu vécu dans l’amour du frère que je vois, devient l’antidote à la non connaissance visuelle de Dieu, puisque Lui personne ne l a vu. Cependant, on peut être un témoin incontestable de Dieu faisant de sa vie l’expression de sa manifestation. Vous voyez que la lettre de Jean porte une parole d’actualité pour nous tous. En effet, Dieu personne ne l’a jamais vu dit-il. Mais Jésus même si on l a vu il y a 2000 ans, 2000ans ce n’est pas hier et ceux d’hier ne nous ont pas laissé sa photo. C’est dire que nous appartenons à la génération qui n a pas vu Jésus physique. Déjà thomas le disait très bien « si je ne le vois pas, si je ne mette pas mes doigts dans les traces de ses cloues, je ne crois ». Jésus s’est fait voir par Thomas, il en est heureux. Nous autres qui ne l’avons pas vu comme Thomas, nous croyons sur le témoignage des apôtres, non seulement dans leur prédication mais par l’engagement de leur vie.
Tout chrétien est appelé à ce style de vie très propre. Croire et vivre de ce qu’on croie afin de pouvoir l’annoncer. Vivre oui ! Mais où ? C’est encore l’apôtre Jean dans l’évangile qui partage avec nous sa foi en Jésus.
Dans l’évangile, Jean met dans la bouche de Jésus le mot « monde » 10 fois . Le monde est une réalité complexe. Il est aimé de Dieu, lieu où le Verbe s’incarne, mais aussi opposé à Dieu : le monde du pouvoir, ceux qui méprisent et exploitent le peuple. Lui, Jésus n’appartient pas à ce monde. Ses disciples aussi non plus. Et pourtant il dit à son père. « Je ne te demande pas de les retirer de ce monde ».
Jean met dans le regard de Jésus un immense amour que Dieu le père porte pour le monde. Si la mission que Dieu confie à ses enfants est assez claire, le lieu où celle-ci se déroule nous laisse un peu perplexe. Quel est le monde qui est notre lieu de mission ?
Prenons notre vie chrétienne. Elle ne se déroule pas dans un monde irréel . C’est au cœur de notre humanité avec ses faiblesses, ses rides et espoirs, ses joies et peines ses bassesses et prouesses que le verbe de Dieu a voulu planter sa demeure. La vie du chrétien à l’instar de celle de Jésus, se passe dans le concret du monde présent, pour le transformer en un monde où peut germer le Royaume de Dieu. D’où malgré les difficultés inhérentes à chaque vie, le chrétien peut vivre dans la confiance, appuyé sur un socle sûr qui résiste au découragement, à la fascination du néant, de la folie.. ce socle c’est Dieu dans sa parole révélée en Jésus.
C’est au cœur de cet attachement que l’église puise sa force pour traverser des siècles, parfois difficiles où l’humain était descendu plus bas qu’il ne devrait l’être à travers des barbaries. C’est au nom de cette même mission qu’encore aujourd’hui, l’Église dans notre monde globalisé, rappelle aux hommes l’amour du prochain et le respect de la nature. Tout est dit dans ces brèves paroles de Jésus « ils ne sont pas du monde, comme moi je ne le suis pas. Consacre les par la vérité..Je les envoie dans le monde, préserves leur du mauvais ».
La prière de Jésus à son Père ne peut être reçue dans votre vie que par une longue méditation spirituelle. Ici Jésus se situe au cœur de l’unité divine, ou plus exactement, Jésus dit que nous, ses disciples, nous pouvons atteindre cette unité et la vivre en vérité. Ils ont une foi solide mais il faut qu’ils y persévèrent « dans ton nom » Désormais, il faut qu’ils vivent au quotidien selon la connaissance qu’ils ont de Dieu, par Jésus. Le lien qui unit le Père et le Fils, doit être et sera aussi le leur.
Ce nom, les gardera dans l’unité. Ils pourront être, entre eux aussi, une seule communauté d’esprit et d’âme, parce que cette communauté est constituée par l’unité qu’ils vivent en l’unité du Père et du Fils. « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous. Ce qu’il demande pour eux, c’est que soit en eux la joie intense qui est celle de la vie trinitaire, du Père et du Fils et de l’Esprit. Une joie parfaite. Et nous aujourd’hui nous lui disons merci pour cela et lui demandons d’ouvrir nos vies à cette joie et unité.
Yves Allangomi

Haut de page