Père Yves 6 Décembre 2015 : 2° dimanche de l’Avent

Deuxième dimanche de l’avent 2015
C’est autour de la métaphore du “ chemin “ que la liturgie de ce dimanche nous invite à méditer.
Vous le savez, dans la vie, nous avons besoin du chemin. L’idée du chemin va ensemble avec celle d’un déplacement, d’une entrée d’une sortie, aussi d’une porte. Un jour, Jésus disait « Je suis le chemin la vérité et la vie, nul ne vient au Père sans passer par moi » Les chemins nous en connaissons. Par exemple le chemin de Compostel de santiago . Les portes : celle de nos maisons, celles nos villes je pense à la Porte d’Aix dans la ville. Mais revenons chez nous, le pape nous invite a vivre l’année de la miséricorde en ouvrant les portes saintes dont une sera sur notre Paroisse de Saint Victor.
L’idée du chemin renvoie à la vie que nous portons ou celle qui nous porte. Et cette vie, nous en sommes un réceptacle, des intendants car elle nous a été donnée et confiée par Dieu. Ainsi nous voyons que c’est notre vie qui est une marche sur le chemin. Sur cette marche, Dieu vient nous rejoindre là où nous sommes, dans notre histoire. Faite parfois des chemins tortueux, semé d’embuche ou qui sont longs avec des montées essoufflantes. Dans quelque désert, quelque nuit, quelque détresse, quelque éloignement du Seigneur, où qu’il se trouve, chacun peut entendre une parole d’espérance : Dieu l’invite à persévérer dans la fidélité à la Bonne Nouvelle, encouragement à emprunter de nouveaux chemins en écartant tout ce qui fait obstacle à la marche ; exhortation à ne pas perdre courge puisque Dieu lui-même vient à nous. C’est parce que Dieu nous précède et nous conduit que nous sommes certains d’atteindre le port ! Des lors nous pouvons écouter avec beaucoup d’attention l’invitation faite à Jérusalem par Dieu dans la bouche du prophète Baruch. « Jérusalem quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe toi dans le manteau de la justice de Dieu ; mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternelle. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours te donnera ces noms : « paix de la justice » et « gloire de la piété envers Dieu ». Quitter la robe de tristesse c’est enfin mettre fin aux rites de repentance pour recevoir le pardon de Dieu. Cette annonce que fait le prophète se réalisera. Quelque décennies plu tard Jean Baptiste exhortera les foules à la conversion et relaiera la prophétie de Baruch.
Le temps un facteur important pour permettre à l’homme de saisir l’appel à la conversion et le traduire en terme d’engagement dans la vie. Préparé le chemin, prendre le chemin, avancer avec Dieu n’est pas une marche solitaire. Paul nous en donne exemple. C’est ensemble entant que corps du Christ, membres différents de l’unique corps que nous pouvons avancer à la suite du Christ. Nous ne pouvons qu’être sensibles à l’affection que témoigne Paul à ceux qu’il a évangélisés. Pour Paul ce n’est pas qu’une activité à accomplir mais des vies à aimer et à porter dans sa prière. Á l’école de Paul, nous découvrons notre propre chemin de chrétien dans notre paroisse et notre quartier ou dans nos familles. Notre baptême nous identifie au Christ et nous fait donner le Christ aux hommes et aux femmes vers lesquels nous sommes envoyés. Paul prenant Dieu à témoin de la grande générosité de la communauté de Philippe, il lui assure sa constante prière, et sa vive affection de la vie nous devons choisir chemins et c’est ce choix qui peut porter ou non la vie. Á l’amour donné répond l’amour offert, non comme un dû, mais comme une grâce. Ceux qui se sont sentis un jour aimés ne peuvent jamais l’oublier. C’est la surprise de l’apôtre, parfois longtemps après. L’Évangile parle du « centuple » dès ce monde-ci.
Le chemin de l’évangile passe parfois par les chemins des hommes. Oui c’est bien cela la logique de l’incarnation. Dieu refuse de rester tranquille. Il prend le risque de se mettre de la fragilité humaine. C’est Luc, évangéliste et historien nous plonge dans cette histoire humaine que Jésus va assumer. L’évangile que nous venons d’écouter nous parle des faits qui ont eu lieu sous le règne de Tibère, et du gouverneur Ponce Pilate. Le climat politique est tendu : la Judée vit sous la tutelle de Rome, le gouverneur Ponce Pilate administre le pays d’une main de fer, Caïphe se maintient en place grâce à des trésors de diplomatie et d’habilité, partout des flambées de nationalisme réprimée dans la sang et les juifs humiliés par l’occupant ne peuvent mettre leur espérance qu’en Dieu. Assoiffés de puretés religieuses, certains juifs se regroupent dans des communautés quasi monastiques, comme celle de Qumran. C’est dans cette ambiance que Dieu suscite Jean Baptiste comme prophète. Jean proclame la proximité du règne de Dieu, un baptême de conversion qu’il offre à tous sans exception, puis invite à aplanir les ravins, rendre droit les sentiers, redresser les passages tortueux, que tout être vivant contemple le salut de Dieu.
Prophète de son temps, le message de Jean garde toute son actualité pour nous aujourd’hui. De Jean à nous nous comptons aujourd’hui des siècles, mais nous voyons que nos cœurs et nos sociétés ont besoin d’entendre cet appel à revenir vers Dieu, à mettre Dieu dans nos vies et nos relations humaines. Certaines personnes poussées par des raisons à désavouer, dissipent l’image d’un Dieu qui sème la mort par son nom, mais notre foi nous apprend tout le contraire. Le nom de notre Dieu est la paix de la justice, Gloire de la piété ‘. Il partage avec nous ce beau nom afin que nous en vivions.
N’est ce pas le sens et la portée de l’appel que nous adresse le pape François pour l’année de la miséricorde que nous allons vivre ?. Notre monde et d’ailleurs notre vie ne peut se construire sans notre engagement. Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux » c’est prendre le même chemin à travers lequel Dieu cherche inlassablement l’homme pour partager avec lui sa vie. C’est aussi devenir un passeur, faire de nos vies des oasis de la miséricorde Dieu, de nos maisons les hôpitaux des campagne qui diffusent la gratuité de Dieu. C’est en cela que nos vies contribueront à aplanir les embuches qui rendaient difficile le retour vers Dieu, mais aussi nivèleront les montagnes construites par le manque d’amour, l’orgueil, si dures comme des pierres dans nos cœurs. Que puisse celui qui vient opérer avec nous dans nos vies, ce retour vers le Père dans l’accueil de sa présence nous fasse ´découvrir son chemin et travailler à sa venue parmi nous.

Haut de page