Père Yves 5° Dimanche de Pâques 11h le 3 mai 2015

Dimanche 3 mai 2015 à 11h
Chaque dimanche, Dieu nous convoque autour de sa parole. Cette parole, nous la prions et la méditons. Elle est toute différente des autres paroles que nous lèguent nos cultures et traditions. C’est la parole qui tisse des nouveaux liens entre des peuples et des cultures presque les uns opposés aux autres. Elle est au cœur de la vie chrétienne au point qu’il ne peut avoir de liturgie chrétienne sans une écoute religieuse de la parole. Dans l’épître aux Hébreux on souligne que cette parole c’est Dieu lui-même en son Fils Jésus. Après avoir jadis parlé par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers Dieu parle par son Fils Jésus » (He 1,1) ; Puis Saint Jean dira « Le verbe s’est fait chair et il a établi sa demeure parmi nous, nous avons vu sa gloire ». Cette Parole de Dieu nous venons de l’écouter. Vous l’aviez aussi méditée en vue de cette messe. Dieu nous parle à travers les images, les personnes et les expressions que nous donnent l’Écriture. Pour ce dimanche je nous propose une méditation à partir du verbe demeurer.

Demeurez ! Ce verbe revient huit fois dans l’Évangile de ce dimanche. Demeurer, un appel, une injonction, un impératif lancé par Jésus à ses disciples ! Christ le premier a demeuré chez nous. Dieu a planté sa tente parmi les hommes, à Noël. Mystère de l’incarnation. Dieu qui demeure chez nous, le Père qui s’invite dans notre repaire, qui en fait un foyer, une maison habitée, un lieu vivant.
Demeurez ! Une injonction étonnante pour des familles qui sont obligées de partir laissant leurs maisons et terre nourricière. Je pense aux réfugiés du moyen Orient , obligés de quitter la terre devant les persécutions, ne pouvant demeurer en ces lieux qui les ont vu grandir. Je pense aussi à toutes les victimes du séisme au Népal, ceux qui ont perdu leur demeure, tout comme tous ces migrants d’Afrique quittant leur demeure pour vivre l’exil…aux nombreuses personnes noyées la semaine dernière dans la mer dont personne ne verra les tombes
Jésus nous invite à demeurer, à nous établir en lui, à nous attacher à lui, puisque, par le baptême, nous sommes greffés en Christ, nous lui appartenons. C’est cette greffe que recevons chacun le jour de notre baptême et certains plu tard, Jésus aujourd’hui élargit à tous les peuples la promesse faite à la vigne d’Israël, quand il déclare qu’il est lui-même la vraie vigne. A chacun de répondre, et de vouloir se rattacher à lui.
Nous ne sommes pas nous-mêmes la vigne. Un seul relie tous les sarments, un seul fait circuler la sève dans tout le cep, le Christ lui-même !

Nous sommes appelés à demeurer en Christ, en nous détachant de nous-mêmes, de tout ce qui nous retient loin de lui. Si le Christ rejoint l’humanité dans l’incarnation, nous sommes invités à le rejoindre jusque sur la croix. Invités à nous laisser attacher à la croix en nous attachant à nos frères :
« C’est à la façon dont vous vous aimerez que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples. »
La fraternité reste le plus beau lieu où je peux demeurer, où nous pouvons demeurer ensemble, vivre en frères, entre frères et sœurs, autour de notre frère aîné, Jésus. Paul a besoin de Barnabé pour son intégration dans la communauté et assumer sa mission. Paul converti, devient source de conversion pour la communauté chrétienne invitée à sortir d’elle-même pour l’accueillir comme frère. Voila l’église

Demeurer ensemble, en acceptant en même temps que les frères se détachent de nous, de moi, pour vivre leur vie, pour suivre le Christ.
Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père, il y a diverses sensibilités, différentes spiritualités. C’est la chance que nous avons dans l’église catholique qui vit des charismes a paroisse de ses enfants.

Demeurer en toi, Seigneur.
Ceci peut devenir aujourd’hui notre demande à faire au seigneur. Car lui déjà nous y invite. Demandons lui tout simplement de’ être en lui. Nous tenir en sa présence. Habiter en lui Seigneur ! En lui, établir notre demeure. Préparer nos lèvres et nos bouches, au lieu de les salir par des paroles blessantes et malveillantes, préparer mes mains, au lieu de les crisper à devenir des poings, préparer mes oreilles au lieu de les laisser écouter des paroles médisantes ou calomnieuses, préparer nos cœurs au lieu de le fermer, pour qu’en nous, le Seigneur, établisse sa demeure, spécialement par l’eucharistie. Demeurer en toi pour que toi, Seigneur, tu demeures en moi. Pour devenir, à notre tour, missionnaire de ta joie…dont parle le Pape François.
Une prière comme celle-ci peut nous aider à nous tourner vers Dieu nos demandes
Seigneur, tu nous invites tous et chacun à nous remettre entre tes mains. En abandonnant nos récriminations, notre ressentiment, en lâchant ce qui nous retient loin de toi, pour nous tenir en ta présence. En nous jetant dans tes bras, comme un petit enfant le fait avec son père.

Seigneur, donne-nous d’être un avec toi, comme les sarments sont unis à la souche, pour pouvoir porter du fruit. Seigneur, je sais que je suis encore cette vigne encore jeune que tu tailles, que tu attaches, que tu sarcles, que tu arroses, que tu bichonnes avec patience et amour, pour qu’un jour, elle porte du fruit. Et si quelque part tu vois toi la nécessité de nous émonder, élaguer des tissus qui ralentissent notre vie, que ton Esprit vienne à notre secours afin que nous te soyons dociles dans ton œuvre de purification .Pour ta plus grande joie ! Pour ta plus grande gloire.
Yves Allangomi

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