Père Yves 2° dimanche de Carême 2015 28 février 1° mars

2ème dimanche de carême 2015
Prédication à la basilique saint Victor de Marseille
Textes : Gn 22, 1-18 ; Rom 8,31-34 ; Mc, 9,2-10

Aujourd’hui, nous commençons notre deuxième semaine de marche en temps de carême.. Ce sont 40 jours que le temps liturgique nous offre pour accueillir la lumière du Christ dans notre vie. Rappelez-vous de notre chandeleur, et de son octave. Nous avons fait l’expérience de la lumière Jésus qui vient éclairer les nuits de nos vies et nous inviter à devenir à notre tour lumière dans le monde. De façon très traditionnelle, l’église, organise la vie en ces 40 jours autour des principes spirituels que sont le jeûne, l’aumône et la prière. Le Jeûne consiste en une privation de quelque chose qui nous est cher en alimentation afin de pouvoir devenir soi même maître de ses appétits, de ses désirs de la nourriture terrestre pour le convertir en soif et désir de Dieu. Ce sont les prophètes qui enseigneront au peuple ce que Dieu attendait de son peuple à travers cette attitude. Isaïe par exemple en son temps déjà dénonçait la dévaluation des jeûnes. Je le paraphrase que faites vous donc vous mon peuple ? Alors que vous vous mettez en jeûne prétextant honorer Dieu dans votre vie, vous les faites en éclats de voix, en coup de points, Osée dira lui, ne déchirer pas vos habits mais vos cœurs. Isaïe encore lui ajoutera « voici le jeune qui plait à Dieu : faire justice, assister l’orphelin et la veuve, ouvrir la porte de son cœur `l’imprévu de Dieu ». Jésus enseignera à ses disciples comment vivre ces mortifications de manières saines. S’il le fait, c’est en connaissance des déviations que les prophètes de Dieu dénoncent dans le comportement de son peuple. Ainsi Jésus dira que quand vous jeûner, ne prenez pas un air abattu pour vous faire voir des hommes ; aussi lorsque vous priez, ne rabâchez pas de paroles et ne vous exposer pas aux coins des rues pour vous faire remarquer des hommes, enfin lorsque vous faites aumônes, n’allez pas sonner de la trompète pour que tous les voisins, le quartier en soit informé. Au contraire faite tout dans le plus secret de votre vie. Et votre père qui voit dans le secret vous le revaudra. Nous connaissons bien cet enseignement que la parole de Dieu nous apprend pour ce temps. Et sans doute, chaque année nous faisons des efforts, tant au niveau communautaire qu’individuel pour les vivre. C’est alors que Dieu vient sonner à la porte de notre vie pour nous inviter à le suivre aux déserts de nos vies. Pourquoi cette incessante invitation Dieu adressée aux hommes et aux femmes de tous les temps et de toutes les époques ?
Vous savez, un jour Augustin voulait comprendre le mystère du Dieu trinitaire. Il le cherchait partout dans la science, dans les sectes de son époque, dans la vie éphémère mais restait insatisfait de tous ses résultats obtenus jusqu’à ce qu’il découvre inattendu ment par la bouche d’un enfant qu’il ne faut jamais se lasser de chercher Dieu car Lui déjà nous précède en nous cherchant. Ainsi donc la conversion dans notre vie ne peut jamais être prise comme un acquis immuable. On ne s’installe pas vautré dans la conversion. Y répondre c’est le signe que Dieu parle dans notre vie et si nous nous apercevons d’une sorte de vœux de stabilité dans notre foi chrétienne, il va falloir nous interroger très rapidement. En effet la foi nous ne donne pas de nous installer mais de nous ouvrir à Dieu étant à l’écoute de son Esprit qui murmure dans les trains de nos vies la volonté du fils et du Père. Si ce n’est pas cela, comment comprendre que cet énième effort que Dieu demande à Abraham de faire ? Ne suffit-il pas que celui-ci soit âgé et rassasié de ses jours ? Dieu voulait le rendre le père d’une multitude alors qu’ils sont âgés lui et sa femme Sarah ne suffit –il pas que Abraham attende la venue d’un fils annoncé dans son foyer comme un cadeau divin ? Dans le dialogue et l’attitude d’Isaac, nous avons l’impression que c’est un fils qui vit en confiance envers son père. C’est dire qu’Abraham à vieillesse a su rattraper et vivre sa paternité envers son fils. Dieu demande à Abraham de lui offrir son unique fils en sacrifice. Que s’est-il passé dans la tête de Dieu ? Isaac n’avait –il pas eu bon accueil dans la maison de son papa ? Mais non et triple non ! On est un peu estomaqué que Dieu fasse une telle demande. Mais notons bien qu’il s’agit d’une mise à l’épreuve et non un désir profond de Dieu. En fait dans notre vie, écoutons Dieu toujours dans sa parole lorsqu’il disait aux israélites dans le livre de décalogue, « je suis un Dieu jaloux, tu n’adoreras pas un autre Dieu que moi. De la même manière où le forgeron passe le fer au feu pour pouvoir le travailler, Dieu nous passe à l’épreuve pour assainir notre rapport avec lui. Il veut être lui et lui seul le maître, le capitaine de notre vie. or vous savez combiens des réalités des situations, des désires gouvernent notre vie et la commandent. Dieu voudrait être sûr si Abraham serait capable de se dessaisir vraiment de sa vie en l’offrir à lui Dieu. Voila la chose ! Je me souviens d’une jeune dame très chrétienne qui priait à l’occasion de la JMV. Elle disait ceci, la moisson est abondante mais peu d’ouvriers. Viens toi-même, et touche les cœurs de ces jeunes filles et garçons afin qu’ils se consacrent à toi dans ton église mais Dieu tu sais qu’avec mon mari nous n’avons que l’unique fils. Amen. L’unique fils poursuit ses études au séminaire pour devenir prêtre. Ironie de sort.
Dieu prépare Abraham à s’associer au sacrifice qu’il fera lui Dieu en nous donnant son unique Fils Jésus par amour. (Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique). le texte que nous venons d’écouter nous montre à travers les adjectifs qu’Abraham est bien attaché à son fils alors qu’il va mettre la volonté de Dieu en priorité et que. Nous aussi lorsque Dieu nous adresse une demande, que ferions nous passer en priorité ?c’est ici le lieu de nous évaluer notre lien avec Dieu. Le dessaisissement d’Abraham l’a rendu immensément fécond. Dans cette mise à l’épreuve, Abraham en sort grandi, refait Dieu s’approche d’Abraham et celui le reçoit au cœur de sa vie. Et Isaac apprendra avec son père cette confiance en Dieu. Je pense aux jeunes générations sont elles préparées dans leurs familles à apprendre à faire confiance ? Au contraire ne nous leur donnons pas l’impression que la vie est toute facile et tout faite ? Sont elles préparées à s’ouvrir à Dieu alors que des fois celui-ci semble leur demander de l’impossible. Au premier coup de la pioche qui cogne une roche de la vie, la première attitude c’est de laisser et partir. Les jeunes sont fragilisés et la société contemporaine avec. Jésus a appris à ses disciples à prier le notre père dans laquelle il demandait au père entre autres, « ne soumets pas à la tentation/ l’épreuve mais délivre nous du mal ». vous voyez que Dieu le père a très bien répondu à Jésus mais cela n’a en rien corrigé la montée vers Jérusalem, la passion et la mise à mort pour Jésus. C’est dans l’obéissance à son père que Jésus a réconcilié l’humanité autour de sa croix. Si Dieu est pour nous qui sera contre nous ? Comment ne pourra –t-il pas en son fils Jésus nous donner tout ? Et j’ajouterai nous assurer tout ?(cf. Rm 8,31-34). Jésus connaissant certainement les enjeux de sa mission dont les joies et les épreuves sont comme les deux faces de la même médaille, mais c’est la gloire de Dieu qui commande tout. C’est la raison pour laquelle Jésus ne veut pas que les épreuves détournent ses disciples de cette gloire. Il les amène avec lui sur une haute montagne à être témoigne de la manifestation de cette gloire. La gloire de Dieu est quelque chose qui transforme. Jésus voudrait armer puissamment ses disciples contre la tentation de lâché prise, contre l’orgueil, contre la lassitude et l’affadissement. Dans la contemplation de cette transformation, les disciples reçoivent un appel de Dieu « celui-ci est mon fils écoutez le », Jésus leur impose le consigne de silence de ne dire à personne. Ce texte est plein de sens pour nous. Si les disciples étaient restés à leur place, ils ne participeront pas sans doute à la joie de Dieu. Pour rencontrer Dieu il faut oser partir avec lui vers là où lui seul sait. C’est déjà notre première épreuve..Aller sans savoir où nous mène la foi. Alors que Pierre devant la splendeur divine s’efforce à parler sans comprendre pourquoi doit-il parler, c’est alors que la parole du Très haut sonne à son oreille.. Notre deuxième épreuve, c’est de revenir au silence. Vous savez dans notre monde sur informé et mal informé on vit sur des émotions. Chaque jours chaque heurs, une pluie d’informations nous assaillent, au point que le silence de discernement se met en exile. Oui laissons la parole de Dieu nous dire ce que nous ne désirons pas nécessairement- Pierre souhaite faire un vœux de stabilité en ce lieu pour ne plus retourner aux trains quotidiens de sa mission.. Mais la voix du Ciel vient leur demander d’écouter le fils. Qu’est ce que Dieu nous demande en ce temps de carême ? sans doute pas absolument ce que nous attendons ou désirons..Laissons frayer ce passage de conversion dans notre vie. demandons cela en toute confiance, au nom du fils, de lui le père dans la communion de son esprit saint . amen
P. Yves Allangomi

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