Père Yves 27 septembre 2015

Dieu diversifie la tâche missionnaire des ses enfants afin que personne ne rivalise l’autre.

C’est par cette phrase que nous pouvons résumer les belles pages de la parole de Dieu que nous propose la liturgie de ce dimanche. La vie du peuple de Dieu est organisée de telle sorte qu’il ne manque d’aucuns biens. la diversification des tâches et des responsabilités entre dans la logique même de la révélation de Dieu à son peuple. En effet c’est à travers divers langages dont les alliances occupent une place centrale que Dieu s’est fait connaître à son peuple. La multiplicité des formes de la manifestation de Dieu n’éliminent pas pourtant l’unicité de Dieu et l’appel à vivre de cette unité pour le peuple. L’exercice des responsabilités ou de services dans le peuple de Dieu peut prendre la forme des exclusions, souvent faite non, au nom de ce que Dieu veut mais de ce que nous voulons que Dieu fasse à notre service. L’humilité de ce faite peut devenir la denrée rare dans nos tâches et services
L’extrait du livre de nombre, nous plonge dans l’agir de Dieu et dans l’agir des hommes. Dans la figure de Moise, nous voyons Dieu qui confie la responsabilité de l’intendance à l’homme. L’esprit de Dieu, est le protagoniste de l’action. Or cet esprit personne ne peut le monopoliser. Au contraire on peut le laisser nous insuffler les désirs de Dieu et nous donner les forces nécessaires pour les accomplir. C’est ainsi que l’Esprit permit à Moise d’être à la fois l’homme de Dieu : le prophète ;et homme pour les hommes. A ce titre, Moise est appelé à aller vers Dieu pour descendre vers les hommes. Mais aussi à porter les cris, les joies, l’espérance du peuple comme une prière à Dieu. Nous saurons que notre vie épouse la volonté de Dieu dans la mesure où elle nous permet d’aller vers le frère dans le même élan qui nous pousse vers Dieu. La dimension horizontale de notre existence chrétienne trouve son critère de vérificabilité dans sa dimension verticale. C’est à la mesure où le rapport avec Dieu est vivant que nous pouvons vivre les liens humains comme passage de Dieu dans la vie.
Guider le peuple est une tâche lourde et délicate, pourtant susceptible d’attiser des rivalités. Difficile, Moise n’en pouvait plus vu la révolte des israélites. Le peuple récrimine contre Moise et Dieu. Sa révolte est telle qu’il en arrive regretter l’Égypte où il était esclave. Dieu adjoint à Moise 70 anciens qui sous l’action de l’Esprit saint prophétiseront. Là encore les germes des rivalités ne tarderont pas à faire jour. Que l’on soit sous la Tente ou rester dans le camp, nos vues ne doivent aucunement circonscrire l’action de Dieu qui est large. Eldad et Médad prophétisent alors qu’ils n’étaient pas à la Tente. Pour Josué, « il faut les interdire de prophétiser » Et Moise répond tout simplement » serais tu jaloux . si le seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ».
L’apôtre Marc nous montre Jésus invite ses disciples à se mettre au service de l’Esprit sans aucune exclusion. Jésus prend un hauteur de vue pour empêcher ses disciples de tomber dans l’instrumentalisation de l’Esprit de Dieu. « maître nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom, nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent ». Dans cette plainte, soulignons une expression qui dit pour le mieux l’état d’esprit des disciples « car il n’est pas de ceux qui nous suivent ». Jésus est l’unique porte qui mène à Dieu et non le disciple. Chaque homme peut le découvrir dans son contexte historique et culturel car le Christ prend le visage de l’amour quelque soit le nom qu’on lui donne. De ce fait, le disciple est en sa vie au service du déploiement du saint nom de Dieu , de son amour « Ne l’empêcher pas car celui qui fait un miracle en nom ne peut pas aussitôt parler mal de moi , celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Jésus donne un nouveau enseignement aux disciples pour leur pratique missionnaire. C’est dans le nom de Jésus que le disciple est appelé à se configurer. Notre engagement à la suite du Christ et pour lui nous amène à n’entretenir aucune chasse gardée, mais à nous réjouir de voir les autres marcher sur leur sentier vers le même but que nous. Dans cette marche avec Jésus, il y a une part d’attention nécessaire que le disciple se doit de l’accorder. Sans cette attention à sa propre vie, le disciple ne pourra faire l’expérience de la gratuité de Dieu. Jésus dit que langue, main pied, œil (bref l’humain tout entier) sont susceptibles de pervertir la gratuité divine et d’entrainer la chute des êtres fragiles. il invite chacun de ses disciples combattre contre cette géhenne intérieure.
Nous découvrons et entendons en ce dimanche un appel a double dimension
-  D’abord que l’appartenance au groupe ne suffit pas pour être disciple. mais plus encore établir une relation vitale dans le nom de Jésus . Jésus demande à ces disciples de n’exclure personne de ce nom. Au contraire en devenir une chaîne de transmission. Jésus ne fait aucune remontrance : il sait quels doutes nous avons sans cesse sur notre valeur et comment ces doutes nous poussent à nous comparer sans cesse aux autres. Il répond simplement : « ne l’empêchez pas ».
-  Le critère du discernement est ceci : celui qui agit dans la force de l’Esprit Saint pourrait-il se retourner contre le Seigneur ? Le bien que Dieu fait par les hommes ne peut nuire à aucun homme. Il peut même être bénéfique à d’autres que ces premiers destinataires
Seigneur Jésus, aide-nous à discerner toutes les occasions de vivre l’évangile, celles où tu attends de nous que nous donnions sans compter comme celles où nous apprenons à recevoir notre nécessaire avec humilité et gratitude, pour notre croissance et celle de nos frères. Donne-nous surtout de comprendre combien est précieuse l’entrée dans le Royaume, au point qu’il faut être prêt à renoncer à tout ce qui pourrait nous en éloigner, y compris nos propres membres. Car le bonheur auquel tu nous invites dépasse tout ce que nous connaissons et tout ce que nous pourrions imaginer.
Yves Allangomi

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