Père Yves : 25 Décembre 2015 9h : NOËL

PRÉDICATION DE NOËL MESSE DU 25 DÉC À 09H. 2015 À SAINT VICTOR
Textes choisis (messe de l’aurore) Is 62,11-12 ; Tite 3,4-7 ; et Luc 2,15-20
Bienvenus à vous tous et toutes à cette messe de Noël. C’est un moment de joie. Oui, nous venons partager la joie de Dieu, celle de Marie et de Joseph, celle des bergers celle des anges qui chantaient « gloire à Dieu a plus haut des cieux et paix aux hommes qu’il aime sur la terre ». Nous, nous sommes sur la terre, mais nos cœurs sont tournés vers Dieu. Cette joie a traversé des siècles, a mis en déplacement les pas des hommes et des femmes pour aller l’annoncer. Telle la vierge Marie qui gravit les montagnes et va chez cousine, tour à tour les apôtres. Plus proche de nous, Ss. Victor et Cassien que nous vénérons ici. Mais ne l’oublions pas surtout, chacun et chacune de vous, par le don de son baptême est devenu missionnaire de la proximité de Dieu, missionnaire de l’Emmanuel : Dieu avec nous. Cette venue de l’Emanuel change la vie. Elle la transforme en lieu où Dieu peut enfin communiquer dans la confiance avec les hommes. Mais aussi, les hommes pourront enfin ouvrir leur cœur à la bonté, à la miséricorde de Dieu dans la confiance. Isaïe nous décrit avec des paroles très touchantes ce que Dieu a réalisé dans la vie de son peuple : « peuple saint, rachetés par le Seigneur, on l’appellera « la Désirée, la ville qui n’est plus délaissée ».
L’irruption de Dieu dans la vie provoque des changements. Des changements tout d’abord dans la vie de Marie. « Comment cela se réalise puisse que je suis vierge, je ne connais pas d’homme », dans la vie de Joseph « prend chez toi Marie ta femme, l’enfant qui est elle est l’œuvre du très haut, tu lui donneras le nom de Jésus », les évangiles racontent que toute la Palestine fut bouleversée par la nouvelle. Luc et Mathieu nous décrivent les mages, dont on ne connait pas trop la provenance, mais sans doute des astronautes, qui lisent les gestes des astres dans les cieux pour en décrypter les significations. Hérode sera perturbé par l’annonce. Il s’imagine être détrôné par l’arrivée du petit enfant qui vient de naître. Marie le chantait déjà dans son magnificat Il renverse les puissants de leur trône et élève les humbles ».
Quels sont les mouvements que suscite en nos vies cette naissance du Christ que nous célébrons aujourd’hui. C’est sans doute d’abord l’accueil de sa présence. Dans quelle mesure je reçois ou j’invite le verbe de Dieu à entrer vraiment dans ma vie. Je pense à ces millions de personnes qui de part le monde font de noël, une fête de rencontre, parfois mêmes dans les familles divisées. Puis cette année les signes de temps nous donnent une très belle coïncidence. C’est en 1545 que la fête de la naissance de Mahomet tombait un jour de noël. Cette année alors que nous fêtons la nativité, nos frères de la communauté croyante musulmane célèbre el Mawlid ce jeudi 24 décembre : l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet dont le coran n’en parle mais vécue dans la tradition musulman. N’est ce pas là une invitation `faire de notre Noël la renaissance de la paix dans nos cœurs et nos familles ? Cette que nous souhaitons dans nos cœurs, pour nos familles, pour note société souvent écartelée. Nous tourner vers Dieu et lui faire cette demande en cette année jubilaire de la miséricorde, c’est prier le Seigneur au petit Jésus de nous prendre en pitié. Qu’il ait pitié des vies qui sèment la désolation pour les autres. Paul à Tite dit que « Dieu a manifesté son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde ». Lorsqu’on demande à Dieu quelque chose, il nous le donne, à sa manière afin que le don soit source de salut. C’est Marie, la mère de l’enfant Jésus qui nous montre l’exemple. Elle est une fille juive, peuple de l’alliance. Elle rencontre la parole de Dieu et la reçoit au fond de son cœur. Elle amène avec elle cette parole. Luc nous dit dans ‘évangile que
« Marie retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur ». L’attitude de Marie vivant ces événements est assez suggestive. Laisser son cœur habité par la présence de Dieu en qui elle croit. Apprendre la merveille de Dieu dans les rencontres qu’elle fait et écouter Dieu lui parler par d’autres bouches celles des mages, et y croire. Marie nous enseigne une ouverture au don de Dieu. Elle s’accorde parfaitement à la venue de son fils Jésus et elle lui restera fidèle partout jusqu’au terme de sa mission terrestre. Marie nous donne Jésus car avant de nous le donner elle l’a reçu dans son cœur. Tout ce qu’il y a de beau en l’homme et en Dieu trouve un parfait mariage, une forte harmonie dans le cœur. Vatican II dira que le cœur est ce sanctuaire où l’homme est seul avec lui-même et avec Dieu. D’où Marie a-t-elle appris cette grâce. Marie, jusqu’à la preuve du contraire, n’est pas une déesse. Moins encore elle n’est pas une personne de la Très saint Trinité- Elle est avant celle qui a cru à la parole. Jésus lui fera cet éloge « heureuse celle qui a cru aux paroles qui lui sont dites ». Marie nous rappelle en fait notre grâce baptismale. Le jour de notre baptême, « Dieu a répandu sur nous en abondance par Jésus christ, son Esprit afin que rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle ». Tout cela a une conséquence dans nos vies. La plus certaine est la suivante. Même quand les ténèbres de la violence, de la guerre, de la maladie, du désespoir semblent gagner le monde, la victoire de l’Amour, de la Paix, de l’Espérance ne tarde pas. Elle vient, la Lumière de Noël ! Elle va enfin marquer enfin le monde de sa Victoire. Que l’Espérance de Noël brille pour vous et tous les vôtres.
Père Yves ALLANGOMI

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