Père Yves : 24 avril 2016 : 5° dimanche de Pâques

5 ème DIMANCHE de Pâque 2016
L’évangile de Jean et le livre des actes des apôtres nourrissent notre méditation en cette période poste pascale. Nous avons partagé la joie de Dieu le jour de pâque et Dieu ne veut pas nous laisser sans une nourriture capable de porter au loin, comme une mission reçue, cette joie de la résurrection. C’est à nous que ces paroles lues aujourd’hui s’adressent.
Jean, contemple une nouvelle cité : la Jérusalem céleste. La ville de Jérusalem aurait été construite par le Roi David qui a voulu que Dieu y occupe une place centrale. Cette ville doit manifester l’unité du peuple autour d’un seul Dieu.
La ville ou la cité, est le lieu où vivent les hommes. Elle est le lieu où ceux-ci mettent en œuvre les divers dons et talents qui leur ont été donnés au service du bien commun. Pensons à nos villes et nos quartiers. Et demandons-nous quelle est leur vocation ? Au temple de Jérusalem, les tables de l’alliance rappellent la présence de Dieu. Nos églises dans nos villes rappellent-elles que Dieu est avec nous ?
Dieu a besoin de son peuple afin de continuer à rendre visible son amour. Le Ps 8 chante admirablement cet amour de Dieu pour sa créature en ces termes « Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées : Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui ? Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence ». Qui sommes nous pour mériter un tel attachement de Dieu ?
Tout semble dire dans notre foi que c’est finalement lui Dieu qui nous cherche. Il est là, à nous offrir ce qu’il a de bon, de solide pour nous. Il nous permet de construire non seulement notre ville mais notre vie elle-même sur un fondement solide : l’espérance, le Christ la Pierre angulaire. Dieu nous a inclus dans la construction de son édifice comme le disait St Augustin « il fait de nous un seul homme avec la tête du Corps ».
Dans l’église et par elle, Dieu rassemble de toutes les nations un peuple qu’il sanctifie. Les apôtres parcourent des villes sans se lasser dans ce travail de rassemblement. Et chacun de nous aujourd’hui à sa place poursuit la même mission. Au retour de leur mission les apôtres disent « il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu ». Les disciples avaient encore en tête la pastorale de Jésus ainsi que ses enjeux. Au tant cela a été vrai pour les apôtres, autant elle l’est pour l’église du Christ aujourd’hui et pour chacun de ses enfants. La mission de l’église n’est pas de l’ordre de la facilité. En ce sens, Dieu ne nous demande pas de vivre ce qui est facile mais plutôt de nous ouvrir à ce qui est possible. Ainsi donc la mission du chrétien est l’ouverture confiante à cette parole de l’ange dite à Marie « rien n’est impossible à Dieu ». Vous êtes le temple de l’Esprit Saint disait St Paul. Les apôtres sans se lasser participent à l’édification de ce temple que nous sommes en étant attentifs à ce qui de beau et de bien a été déposé en nous. La sollicitude des apôtres pour l’Église dont ils sont membres et piliers révèle la sollicitude du Christ lui même. Mais c’est aussi la même attention que Dieu nous accorde personnellement. Cette attention interroge notre sens de responsabilité dans la mission de l’église. Tout d’abord, elle nous incite à examiner comment vivons-nous en église. Il ne suffit pas d’être baptisé, mais encore vivre de son baptême, il ne suffit pas d’avoir sa messe mais laisser l’eucharistie posséder notre vie. Il ne suffit de se revendiquer de la culture chrétienne mais se demander comment aujourd’hui je permets à ma foi de façonner la culture par mon approche chrétienne de la vie. L’église c’est le corps du Christ qui est vivant. Le principe de tout vivant c’est d’être une vie. C’est au cœur de notre société que nous recevons cette vie et la partageons. La toute particularité pour l’église vient du fait qu’elle alimente l’espérance du peuple. Sentons-nous vraiment des hommes et des femmes porteurs de cette espérance ? Ce que l’église reçoit de Jésus ce sont des nouveaux départs sur des nouvelles routes de la mission. Regardons dans nos familles, nos villes quelles sont le routes qui semblent être encore complètement étrangères à l’évangile ? où sont les péripéties de nos vies en attente de l’évangile ? Être aimé de Dieu c’est aussi aimer sa mission. Les paroles de Jésus à ses disciples que nous relate Jean sont claires. c’est comme si Jésus disait à ses disciples : mes amis, la mission que le Père m’a confiée, vous en êtes témoins. A un moment donné, les choses ont été dures pour vous et j’en suis conscient. Mais savez vous, c’est par amour pour le monde que mon père m’a envoyé. Seul cet amour vécu a été ma force. Vous ne pouvez porter cette mission à ma suite que si vous vous aimez les uns les autres. Tout est donné par mon Père, j’ai tout achevé mais vous allez porter ce don aux hommes. Faites le contre tout ce qui empêchent les élans des vos frères à aller vers mon père par amour et les uns vers autres par le même amour.
L’amour est une force qui désarme tout ce qui est son contraire. Pour le chrétien, aimer c’est trouver le chemin de répondre à sa vocation. Dieu est amour. Il est toujours le premier qui aime. L’amour vécu devient permet de poursuivre la mission du Christ. Nous voyons que vivre de l’amour et le partager permet l’édification des familles, la croissance des enfants, à faire des choses belles et bien. Le manque d’amour est comme une bombe à destruction massive. Jésus rappelle la place capitale de cet amour dans la vie. Mais il va plus loin et c’est là qu’il nous indique toute la nouveauté de la vie chrétienne : aimer aussi ses ennemis. Il m’a fait beaucoup du mal je ne peux pas oublie ce qu’il m’a fait. Ce sont mes ennemis ceux qui me veulent du mal. Ce ne sont pas propos chrétiens. Jésus disait pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. L’ennemi du chrétien c’est le péché. Pardonner par amour voila le chemin de la sanctification. Il faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume. Notre sainte mère l’église a dû demander pardon à l’humanité par la bouche de Jean Paul II pour les fautes commises par ses enfants. Benoit XVI alors que notre époque grandit dans un clivage social, où les riches deviennent très riches et les pauvres très pauvres, nous rappelle que Dieu est amour. L’amour est-il encore l’essence de notre vie ? Ne faudrait-il pas demander à Dieu comme une grâce en ce dimanche de nous accorder à avoir un regard plus bienveillant sur les autres ainsi que sur nous-mêmes ? Certes la vie dans l’amour est difficile à bien des égards, je pense aux personnes qui ont été profondément déçues de leur amour donné, je pense aussi aux personnes qui n’ont jamais rencontré un vrai geste d’amour ou ne le connaissent que dans les mots qui tardent toujours à prendre forme dans leur vie. Toute fois dans la foi on peut dire que rien n’est impossible à Dieu alors nous pouvons garder l’espérance qu’avec son secours nous y parviendrons. Je vous ai aimés vous aussi aimez vous les uns les autres »
Yves Allangomi

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