Père Yves : 21 Février 2016 : 2° dimanche de Carême

Genèse 15, 5-18 ; Psaume 26 (27) ; Philippiens 3, 17- 4, 1) ; Luc 9, 28-36 - La Transfiguration

Nous avons quitté le Jourdain du baptême, pour être menés avec Jésus au désert. Aujourd’hui, nous allons à la Montagne pour prier. Les Hébreux savent que Dieu se révèle en ces lieux hostiles, montagne et désert. La prière change et transfigure la vie. si un jour vous croisez la route d’un homme de prière ou restez en sa compagnie, vous en sortirez nourri. Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques. Ses amis, ses plus proches disciples, ceux de la 1ère heure (Luc 5) et aussi de la dernière heure (à Gethsémani). Ils ne sont pas meilleurs que les autres : Pierre reniera Jésus, Jacques et Jean voudront les premières places… Son visage apparut tout autre, transfiguré.
Jésus annonce déjà l’Eucharistie, où on le reconnaîtra autrement. Vous recevrez bientôt dans votre coeur pour la 1ère fois. Jésus est saisissable et insaisissable, proche de l’humanité et transfiguré, totalement de notre humanité et en même du côté de Dieu…
Deux hommes s’entretenaient avec lui, Moïse et Elie. Ces deux figures d’Israël annoncent la mission du Christ, libérateur et prophète. Ils parlent de son départ, de sa mort, de son retour vers le Père. Très vite, Jésus va monter à Jérusalem, pour y vivre sa passion. Son visage sera alors défiguré. Jésus a annoncé aux apôtres sa mort sur la croix. Sa transfiguration va les aider à mieux comprendre et à le suivre jusqu’au bout.
Les trois compagnons sont accablés de sommeil, comme à Gethsémani. Combien de fois avons-nous envie de baisser les bras, fatigués par les événements, par les personnes ! Réveillés, ils contemplent Jésus, en pleine gloire. Pierre voudrait que cela ne se termine pas : « Plantons trois tentes ».
L’expérience de Dieu invite à toujours repartir, comme à la fin de la messe. Les apôtres vont redescendre. Nous avons à nous mettre en marche, continuer ce chemin de Carême, chemin de vie, chemin de foi… La nuée rappelle la présence de Dieu durant la marche du peuple hébreu dans le désert. Les apôtres vont devoir pénétrer dans la nuée, dans l’inconnu et le mystère et non rester au bord. Nous aussi, nous sommes appelés à entrer dans cette nuée pour approcher Dieu. C’est cela, l’eucharistie. Tout à l’heure, le prêtre va présenter le pain et le vin, au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise. Vous répondrez tous : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde… » Comme au baptême du Christ, Dieu parle : « Celui-ci est mon Fils, mon élu ». L’élection de Jésus n’a rien à voir avec les élections auxquelles nous sommes habitués. Pensons à Isaïe, au serviteur souffrant. Ce choix du Père passera par la croix. Après la joie de l’appel viendront les épreuves. Comme Pierre, nous voudrions souvent éviter la nuit, la souffrance. A Noël, Dieu s’est révélé dans la fragilité d’un enfant. Au mont du Golgotha, il n’aura plus figure d’homme. Dieu révèle ainsi son vrai visage si proche de l’humanité souffrante, jusque dans sa solitude comme à la fin du récit. Les apôtres vont se taire. On ne peut exprimer l’indicible de la rencontre de Dieu. Souvent, pour nous mettre en valeur, nous voudrions parler. Jésus nous invite à rester silencieux. Plus que notre bavardage inutile, notre silence témoigne de la grandeur de Dieu. Ceux qui nous entourent feront à leur tour cette expérience de Dieu. Nous ne pouvons entrer dans la nuée à leur place. En découvrant la présence de Dieu, depuis notre baptême, nous sommes invités à nous configurer au Christ, à devenir comme lui, la figure de Dieu, à la fois sa Parole, son Verbe, mais aussi figure de ce Dieu silence… Configurés au Christ, c’est-à-dire nous rapprochant de lui, le Transfiguré, qui un jour sera défiguré, pour le figurer parmi les hommes. Les vrais mystiques sont sobres en paroles. Marie se taisait, gardait toutes ces choses dans son coeur. Saint Joseph ne dit rien dans les Evangiles. Les apôtres parleront du Transfiguré seulement après la résurrection. Il faut du temps pour comprendre le projet de Die sur nous. Nous sommes invités à la contemplation. Avec Pierre, Jacques et Jean, accueillons la Parole du Père : « Celui-ci est mon Fils, é coutez-le. » Mettons-nous à l’écoute, en faisant notre cette parole « Jésus, j’ai confiance en toi » ou encore « notre secours est dans le nom du Seigneur qui a fait le ciel et la terre »

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