Père Yves 2 Novembre 2015 Jour de prière pour les défunts

Homélie de la messe Commémoration de tous les fidèles défunts 2015
Textes :Jb 19,1.23-27 ;Ps 33(34) ; Jn 6,37-40
En ce jour du 02 novembre, l’église nous invite à faire mémoire dans la prière de celles et ceux qui nous ont quitté et dont nous portons les souvenirs.
Et puis nous nous rappelons des visages. Les plus proches parents : une mère, un père, un fils, une fille, une grand-mère, une tante, un oncle, un cousin… . Puis nos pensées rejoignent ces hommes et femmes avec lesquelles nous avons tissé des relations d’amitiés et qui par leur vie ont façonné les nôtres : des collègues de travail, des amis, des compagnons. Tout à l’heur nous allons évoquer dans la prière le nom des personnes que cette année nous avons confié au Seigneur dans notre église paroissiale. Beaucoup ont des proches parmi nous à cette messe. Dans l’accompagnement pastoral que les pères et tout le diocèse offrent pour soutenir des familles éprouvées par le deuil, personne ne peut douter de l’effet contrastant que la mort provoque dans la vie des hommes et des femmes. D’une part la tristesse, la douleur, le sentiment que notre vie est peu de chose « comme une fleur, elle s’élève le matin et le soir elle se fane » disait le psalmiste. Nous pouvons penser ici aux 224 personnes mortes ce wekend dans le crash d’avion ainsi que les membres de leur familles. Cependant au cœur de cette part déstabilisante des effets de la mort, dans notre accompagnement, nous ne ramenons pas les morts à la vie. Toute fois, nous nous mettons sous le regard de Dieu et prions avec ces familles. La mort d’un être cher nous laisse le cœur dans la solitude. Avec elles nous découvrons que même au cœur de la douleur, la lumière du Christ ressuscité vient les éclairer. Les larmes ne tarissent pas pourtant on découvre que la personne disparue a été un don de Dieu. Son absence- présence, nous dit la présence de Dieu lui-même. On se rappelle tel ou tel aspect de sa vie qui nous manifestait la vie de Dieu, et nourrissait notre peu de foi. Oui aujourd’hui, Dieu nous invite à nous ouvrir au mystère de la vie qui dans le Christ Jésus nous a été rendu possible. Dans le livre de l’apocalypse, nous entendons une parole pleine d’espérance « Heureux, dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur ». Si cette parole est dite de ceux qui sont morts dans le Seigneur, elle a même valeur pour nous également. Car à nous aussi, nous a été de mourir et naître dans le Christ pour la vie éternelle, à travers cette relation mystérieuse qu’est le baptême mais aussi dans les chemins que Seul Dieu connait pour se donner à l’homme. Dans une oraison du dimanche, nous disons « Dieu ne fait pas mentir ta parole ». C’est bien cela ! Jésus nous dévoile le cœur de Dieu qui est aussi son cœur. Chez lui Dieu, il y a de la place et d’ailleurs le sein de Dieu ne déborde que de la vie éternelle qu’il nous communique sans se lasser. C’est pourquoi Jésus le dit « tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors ». Telle la demande de Jésus. Nous nous unissons à cette demande, et nous disons à Jésus « Seigneur Jésus, je t’offre ma prière pour un tel ou un tel qu’il soit au près de Dieu ». « Telle est la volonté de mon père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi je le ressusciterai au dernier jour » ajoute Jésus. Du coup nous nous sentons concernés par ce vœu de Jésus. Finalement nous venons prier pour nos membres défunts mais aussi nous ne nous oublions dans cette prière. Tout d’abord notre rapport à la mort se trouve questionner ici. Il est devenu difficile de nos jours de parler de la mort car notre société marquée par le bien-être a tendance à occulter cette réalité. La seule pensée de devoir mourir un jour angoisse et beaucoup préfèrent l’éliminer de leur champ de conscience. Il est vrai qu’« en face de la mort, l’énigme de la condition humaine atteint son sommet » (GS n. 18). La valeur de la vie de Jésus ce ne sont pas le nombre des années, « c’est une vie sans tâche », fut-elle courte. Non seulement, Dieu ne lâche la main à personne au moment de la mort mais il promet à chacun le repos et la vie éternelle dans la mesure où il nous trouvera juste. Attention à bien interpréter ici ce que signifie « être trouvé juste ». Nous rappelons que dans la Bible est déclaré juste celui qui est ajusté à la volonté de Dieu c’est-à-dire orienté vers lui par toute sa vie. Nous aurons donc au cœur de notre prière, de demander à Jésus de nous ajuster à la volonté de son Père afin de nous rendre participants de sa vie divine.
Nous percevons ici l’importance de prier pour nos défunts afin qu’ils puissent accueillir la miséricorde infinie de notre Père céleste qu’il nous a rendue accessible en son Fils unique. Forts de notre foi en la victoire de Jésus ressuscité sur la mort et unis à eux dans une même espérance de ressusciter en Christ pour vivre éternellement de l’Amour de Dieu nous pouvons prier avec eux ces paroles du Ps24 : « Rappelle-toi Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour ne m’oublie pas… Vois ma misère et ma peine, enlève tous mes péchés. Garde mon âme délivre-moi ; je m’abrite en toi : épargne-moi la honte. »
Yves Allangomi

Haut de page