Père Yves 16 aout 2015 20° dimanche ordinaire B

20ème dimanche du temps ordinaire année B
Paroisse Saint Victor
Pr 9,1-6 ; Ps 33(34), Eph 5,15-20, Jn 6,51-58

Nous voici réunis en communauté paroissiale pour célébrer le jour du Seigneur. Beaucoup parmi nous sont de passage et viennent partager cette eucharistie.
Dieu qui nous rassemble dans son Église, est celui là même qui a choisi Israël comme son peuple ; envoyé Jésus son Fils révéler son visage de père aux hommes, et donner son Esprit, qui dans nos cœur, éclaire nos vies et nous fait invoquer Dieu comme père, ‘Abba’. Pas plus qu’hier nous avons eu la grande joie de fêter les merveilles de Dieu dans la vie sa servante la vierge Marie. Marie qui ayant reçu l’annonce de sa maternité se va en hâte, rencontre sa cousine Élisabeth se laissent secouées par Dieu qui prend place dans leur vie et chantent leur étonnement. De la même manière Dieu continue d’agir en nos vies.
L’action de Dieu reste la même : hier, aujourd’hui et éternellement. La rencontre avec Dieu nous révèle deux choses. Tout d’abord les pas d’un Dieu qui cherche l’homme. La première lecture décrit Dieu dans sa sagesse créatrice. L’action est dirigée vers l’homme. Il invite l’homme à venir vers lui « Vous étourdis, passez par ici. Á qui manque de bon sens, venez mangez de mon pain et buvez le vin que j’ai préparé ». Une telle parole traverse l’ancien et le nouveau testament. Tel Isaïe 55,1, « venez acheter sans argent », « Cherchez moi et vous vivrez » (cf. Am 5,4) puis dans la bouche de Jésus nous écoutons « Venez à moi vous qui êtes fatigués je vous procurerai le repos (Cf. Mth 11,28).

Chacune de nos vies entre dans le dynamisme de l’invitation de Dieu et de la réponse qui se déploie aux quotidiens. Ainsi donc, chaque vie devient la grande chaîne de la rencontre avec Dieu et de son accueil où nos libertés sont capables de formuler des réponses humaines mais transformées dans la grâce à l’appel de Dieu. Jésus nous apprend que sans cesse son père attend le retour du fils. C’est dire que Dieu a soif de l’homme. Jésus le rappelait si bien dans la parabole du Père plein de miséricorde où l’on voit le Père guetté le retour du fils. Mais aussi, nous découvrons que ce Dieu qui cherche l’homme est celui qui permet à l’homme de le chercher. Des exemples : notre présence en cette assemblée en témoin. Dans beaucoup de nos églises, des femmes et des hommes, enfants et adultes, bien portant et malades, jeunes et vieillards y viennent prier. Personne ne sait ce qui se passent de ces moments très personnels mais une chose est certaine, il se passe la rencontre avec Dieu. Ces hommes et femmes viennent chercher leur refuge en Dieu, ils se ressourcent de cette ambiance de prière dont les chrétiens sont porteurs. Ils sont comme ceux qui écoutant la sagesse créatrice, « quitte l’étourderie pour prendre le chemin de l’intelligence, celui de Dieu ».

Aujourd’hui cette rencontre de Dieu se fait pour nous tous dans cette célébration. Prenons quelques points de la parole de Dieu écoutée comme piste de méditation.

« Qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien, Venez mes fils, écoutez moi que je vous enseigne la crainte du Seigneur ». Avec ces paroles du psalmiste, nous disons que Dieu ne laisse jamais partir les mains vides ceux et celles qui Le cherche. Le cœur de Dieu ne respire que ce don de Lui-même pour ces enfants. Dans cette générosité débordante de Dieu, Dieu nous procure ce qui est nécessaire afin de pouvoir l’accueillir. C’est de la sagesse, de l’intelligence et la science. On peut dire que non seulement Dieu nous donne de quoi vivre, plus encore il partage avec nous sa puissance créatrice. Dieu partage avec l’homme sa puissance afin que ce dernier devienne le vrai intendant de l’univers. Nous voyons ici pointer la grande responsabilité des humains vis-à-vis de la nature et d l’environnement. Je rappelle ici la dernière encyclique du Pape François où il pointe de doigt la responsabilité humaine par rapport au réchauffement climatique. Dieu donne à l’homme sa puissance créatrice non pas pour en faire un engin de mort mais pour la mettre au service de la vie. La sagesse dans la première lecture est présentée sous des attributs humains. Elle bâtit sa maison, sept colonnes donnent la consistance à la maison. Elle prépare un repas et offre un festin aux invités. Dieu veut mettre en valeur la matière sortie de ses mains. Et dans laquelle il a bien voulu déposer sa vie. En ce sens, Dieu ne peut communiquer à l’humain que le langage de l’humain. Pour parler et sauver l’homme, Dieu s’est fait homme. Dieu assume la matière limitée afin que celle-ci trouve en Dieu sa divinisation. Tel le mystère de l’incarnation, de l’eucharistie, de la résurrection, de la grâce, des chacun des moments de nos vies où Dieu a bien voulu se manifester. De ce premier point donc nous pouvons demander à Dieu, d’augmenter en nous la foi, l’espérance et la charité afin qu’au cœur de notre monde, nous nous laisser chercher par lui Dieu et que sa rencontre transforme nos vies.
Deuxième point de notre méditation. L’apôtre Paul s’adresse à des chrétiens qui vivent une crise. Paul les invite à la prière communautaire donc liturgique : rappel salutaire pour nous chrétiens aujourd’hui qui sommes assez volontiers individualistes et qui avons tendance à oublier la dimension communautaire de la vie chrétienne, en particulier quant à notre participation à l’eucharistie dominicale. N’oublions pas que c’est l’église dans son ensemble, donc notre communauté paroissiale qui célèbre la messe. Cette invitation de Paul rejoint celle de Jésus à la foule. Si Paul invite à rendre grâce à Dieu en toutes choses, donc à eucharistier Dieu, Lui Jésus invite la foule à manger de l’Eucharistie, c’est-à-dire du don de sa vie fait à Dieu en action de grâce. Contemplons donc le mystère de l’eucharistie que nous célébrons. Elle est avant tout l’action du Christ l’unique prêtre. Jésus la pose et ordonne à ses disciples à travers son corps de la faire et la vivre en mémoire de lui. Rappelons-nous du Jeudi saint. Jean qui, n’a pas un récit de l’institution de l’eucharistie comme les autres évangiles, parle du discours sur le pain de vie : « le pain que je donnerais c’est ma chair, donnée pour la vie du monde ». Les auditeurs de Jésus trouvent les propos de Jésus insoutenable. « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ». Nous pouvons dire d’eux qu’ils n’avaient pas compris Jésus. Mais entre celui qui a compris Jésus comme pain de vie et le mange sans se laisser transformer par ce pain de vie, et ces juifs qui râlaient contre Jésus, la différence n’est pas très large. Vous connaissez une chanson que nous aimons beaucoup ici, aimer c’est tout donner, ou encore recevez ce que vous devenez. Dans l’eucharistie que nous célébrons et à laquelle nous communion directement ou directement, nous disons comme Paul que ce n’est plus nous qui vivons mais le Christ qui vit en nous (cf. Gal 2,20), puis le même apôtre dira « nous mangeons un seul pain, nous buvons à une seule coupe et nous formons un seul corps ». Comme le dira Jésus, il n’y a rien de plus grand que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (cf.Jn ). Dans le symbole de la nourriture qu’elle soit simple où eucharistiée, nous voyons une relation vitale. C’est de cette relation que Jésus parle en disant que sa chair est la nourriture et son sang le breuvage pour la vie éternelle. Jésus Dieu se fait la nourriture pour les hommes afin que ceux-ci trouvent en lui ce qui étanche leur soif les nourrie. Si Jésus est notre nourriture l’est-il vraiment au point de creuser en nous la faim d’elle lorsqu’elle nous manque ? La question poussée plus loin dépasse le cadre de la manducation de l’hostie consacrée. Si Jésus établie un lien avec chaque personne dans l’Église qui est son corps c’est pour que chacune devienne à son tour l’eucharistie de Jésus dans le monde et dans notre société. Pensons ici aux ministres de l’eucharistie qui nous l’offre quotidiennement et prions pour eux, pensons aussi aux personnes qui communient dans le désir et dont la vie chrétienne est un grand témoignage chrétien. Pensons aux personnes qui apportent de la communions aux malades, et tous ceux et celles qui communient chaque jours et renforcent leur vie dans la dévotion eucharistique. Il n’y a pas d’autres moyens plus fort pour montrer que seul Jésus est notre nourriture qu’à travers nos vies qui la célèbrent et la témoigne.
Le discours sur le pain de vie connu des résistances dès l’origine. Elle continue de connaître des résistances. Pourtant le christianisme s’est construit sur la pierre angulaire du Mystère eucharistique, présence continuée de la Pâque de Notre-Seigneur au cœur de l’Eglise, sacrifice offert pour le salut du monde, jusqu’à ce qu’il revienne dans sa gloire. Il est donc juste et bon de vérifier si nos vies sont suffisamment fondées sur ce Mystère ; car nous ne porterons du fruit pour le Royaume que dans la mesure où nous demeurons en Jésus et où il demeure en nous.
Nous pouvons formuler cette prière comme un colloque de notre méditation « "Ouvre mes yeux, Père, aux merveilles de ton amour ; qu’à tout moment et pour toutes choses je puisse te rendre grâce, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ" Que "ta louange soit sans cesse à mes lèvres ; que je te bénisse en tout temps" pour tout ce que tu accomplis à chaque instant pour moi par ton Fils, présent et agissant au cœur de ton Eglise dans le mystère eucharistique. "Remplis-moi de ton Esprit, afin qu’oubliant les vanités de ce monde, je puisse "éviter le mal, faire ce qui est bien et poursuivre la paix" sans relâche, "chantant et célébrant ton Nom de tout mon cœur", comme il convient aux fils du Seigneur ».
Yves Allangomi

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