Père Yves 13 et 14 juin 2015 11° Dimanche ordinaire

Dimanche 14 juin 2015 - année B/ Paroisse St Victor/ Marseille

Ezéchiel 17, 22-24
Psaume 91 (92)
2 Corinthiens 5, 6-10
Evangile selon saint Marc 4, 26-3
Les paroles de Dieu que l’Église nous fait méditer en ce 11ème dimanche du temps ordinaire nous rejoignent au cœur de notre vie. Ces vies comme vous le savez bien, parfois heureuses mais quelques fois en prise
- au désespoir et au découragement,
- à la compréhension des uns comme à l’incompréhension des autres,
- aux moments des joies comme à ceux qui font gémir et perdre confiance en soi même, aux autres et à Dieu.
L’oraison de ce dimanche nous dit très bien cet acte de confiance que l’homme fait à Dieu sachant que lui l’homme est un être fragile. Nous avons demandé à Dieu dans cette prière de voir notre fragilité et de nous donner sa grâce afin de pouvoir vivre dans son commandement. Car sans Lui Dieu, nous ne pouvons rien faire.
L’image et la condition des peuples auxquels s’adresse Ézéchiel (la prophétie écoutée dans la première lecture) peuvent nous aider à comprendre aussi ce à quoi ressemble notre vie. En effet, Ézéchiel s’adresse à un peuple en exile. Les habitants de Jérusalem était en grand désespoir, exilés loin de chez eux ils sont complètement désemparés, loin de leur cœur. Le peuple voit son avenir s’assombrir du jour au lendemain. Il chemine vers des lendemains sans issus. Le prophète Ézéchiel a assisté à la chute totale de son pays.
C’est alors que Dieu lui fait dire une parole nouvelle pour le peuple. Recevoir une telle parole de Dieu, c’est une chose et la dire au peuple dans cette tourmente en est une autre. Ézéchiel s’engage du côté de Dieu et annonce que rien n’est perdu. Ce qui n’est qu’une minuscule bouture va germer et devenir un grand arbre. Ceux qui sont totalement brisés, Dieu les fera vivre merveilleusement.
Le prophète trouve les mots justes pour redonner courage et espérance à son peuple. La haine, la violence et le mal ne peuvent avoir le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera.
C’est une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Rien ne doit ébranler notre foi au Dieu sauveur. Le vendredi dernier à la messe du Sacré Cœur de Jésus, dans son homélie Mgr G Pontier décrit un peu le cœur de l’homme comme le lieu des grands combats pour y vaincre vaincre les sentiments mortifères : ceux de la haine, du mépris, de la vengeance, de la domination facile, de l’orgueil et de l’égoïsme insatiables, des formes diverses de racisme, des nationalismes étroits.( cf. Homélie de Mgr Georges Pontier dite à la Basilique du Sacré cœur le 12 Juin 2015.. voir le site du Diocèse de Marseille).
Le peuple auquel s’adressait le message de Dieu connaissait aussi ce combat. Il s’est sans doute laissé abattre par l’ennemi.. Son exile lui semblait une mise en écart de Dieu. Mais ne s’en est pas ainsi pour Dieu. Lui Dieu reste fidèle, rien ne peut altérer, corrompre sa fidélité. Alors que le Peuple n’a plus de force, c’est alors que Dieu vole à son secours. Voila la bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Une nouvelle que nous pouvons recevoir et vivre dans nos familles, lieux de vie et d’engagement dans notre cité. C’est des fois au bout de nos forces que la lumière de Dieu vient de façon inattendue.
L’Espérance ! Oui l’espérance est le mot phare dans la foi. Elle fait partie des vertus appelées théologale car viennent de Dieu. Espérer en Dieu qui vient assumer sa création ainsi que l’histoire de l’humanité c’est le chemin qu’indique Ézéchiel.
C’est aussi de cette espérance que Paul nous parle dans la 2ème lettre aux Corinthiens. Les premières années du christianisme ont été marquées par des persécutions. L’apôtre Paul rencontre de nombreuses difficultés dans son ministère. Il a l’impression de descendre à la mort. Mais, il a la ferme certitude qu’à travers tout cela c’est la vraie vie qui est en train de germer. Paul fait l’expérience de l’accouchement qui donne beaucoup de douleur à la femme mais une douleur qui produit la vie. Ainsi Paul nous exhorte tous à l’espérance et à la confiance qui nous fait marcher vers ce dont nous ne voyons pas claire mais qui est là car c’est Dieu qui nous la donnera. Paul ajoute que chacun recevra en ce jour la récompense de sa course. Le Seigneur nous prépare une demeure éternelle. Il donnera la couronne de gloire à ceux qui auront accompli leur course jusqu’au bout.
Ce message de réconfort est aussi une bonne nouvelle pour les chrétiens d’aujourd’hui. Si nous restons reliés au Christ, rien ne peut nous séparer de son amour.
L’Évangile de saint Marc s’adresse aussi à des chrétiens désemparés. La question de cette communauté, nous pouvons l’exprimer de cette façon : dans ce monde où tout va si mal, où est-il notre Dieu ? Que sont devenues les promesses du Christ ? Comment garder la foi face à toute cette violence. Oui cette question peut aussi être la nôtre. Marc leur rappelle les paroles de Jésus autrefois. Il leur parle de cette semence qui germe et grandit toute seule. Mais entre les semailles et la moisson, il y a beaucoup de temps. C’est une manière de dire que le Royaume de Dieu est en gestation. La récolte viendra mais ce sera pour plus tard. Notre Dieu peut paraître absent mais son action est discrète et efficace. Les réponses que Marc donne à sa communauté peuvent également s’adresser à nous. Comment reconnaître le Royaume de Dieu dans le train de notre vie ?
Avec nos yeux et nos oreilles, nous pouvons savoir ce qui se passe dans le monde. Mais pour reconnaître l’action de Dieu, il faut le regard de la foi. Comme les disciples d’Emmaüs, nous reconnaissons la présence du Christ quand Il nous explique les Écritures et qu’il nous partage son pain eucharistique, mais aussi lorsqu’ ensemble nous formons son corps qui est l’Ekklesia. Reconnaitre tout cela a une conséquence positive sur notre vie. C’est en lui Jésus que toute notre vie retrouve son sens. Nous découvrons que même dans les pires épreuves, Dieu ne nous a jamais abandonnés. Autour de nous le Royaume de Dieu est là quand les ennemis enfin se parlent, quand des hommes, des femmes et des enfants sortent du cercle infernal de la rancune et de la violence pour faire des gestes de paix et de réconciliation, lorsque nous faisons de notre vie une oasis de miséricorde pour les autres. Dieu agit quand des savants inventent des moyens pour combattre les maladies. Nous sommes comme le paysan de la parabole. Quand nous voyons la vie germer, c’est Dieu qui est là et qui agit. Un jour, Jésus a dit qu’il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Vivre, c’est faire, c’est agir et à certains moments, c’est dormir. Que nous dormions ou que nous nous levions, la semence germe. En attendant la moisson, il nous faut apprendre la patience et surtout la confiance.
Dans cette messe donc adressons cette prière à Dieu comme des humbles serviteurs. « Seigneur j’ai fait ce que je devais faire. A toi Seigneur de jouer. Tu m’as demandé de semer des graines d’amour, de justice, de paix, de réconciliation…Mais c’est toi qui donnes à la semence de pousser et de donner du fruit.
P. Yves Allangomi

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