Père Yves 11 et 12 juillet 2015 15° dimanche ordinaire

La mission de Dieu dans les missions des hommes

La mission de Dieu dans les missions des hommes
15ème Dimanche du TO. Amos 7,12-15 ; Ephésiens 1,3-14 ; Marc 6,7-13
Basilique Saint Victor, le 11/12-07.2015

Bien aimé de Dieu La liturgie de ce dimanche nous invite à méditer sur la mission. Dans les textes, la question de l’envoie des hommes pour parler au nom de Dieu occupe la place centrale. Méditant leur mission, nous pouvons également regarder notre mission. Quelques questions peuvent nous y aider : sommes-nous envoyés ? Et par qui ? Si nous répondons que nous sommes envoyés alors, qu’avons-nous à mériter d’être appelés envoyés de Dieu ? Isaïe raconte dans le récit de sa vocation qu’il a du prix aux yeux de Dieu puis de là, Isaïe découvre la spécificité de sa mission. Qu’est ce que Dieu confie à chacun de nous et à nous tous ensemble dans son église ? Toute l’histoire du salut est essentiellement celle de la Mission de Dieu et de la mission des hommes. La Mission de Dieu, c’est le Père qui envoie le Fils et le Fils dans l’Esprit Saint pose l’œuvre tangible pour les hommes alors que le saint Esprit la poursuit jusqu’à la fin des temps.
Mission des hommes entant que participation dans l’obéissance à l’unique œuvre de rédemption. Unique mais portée par chacun dans le charisme propre. Dans ces textes, nous y découvrons les aspects fondamentaux de la mission que venons d’évoquer. Aussi, nous découvrons que la mission n’a jamais été un cours d’eau tranquille. Elle connait de vagues et des effets de vents contraires. Amos s’entend dire « va-t’en d’ici avec tes visions » ; Les apôtres, jubileront de joie d’avoir vu démon tombé du ciel. Mais tous connaîtront la persécution. Marie dit « Oui je suis la servante du Seigneur », mais elle recevra dans ses bras le corps de son fils qui a fait tant de bien aux hommes. Jésus lui-même, Dieu qu’il est, la foule l’acclame Roi, fils de David mais elle finira par le rejeter. Seule la fidélité à Dieu lui restera le point pont. Et encore des missionnaires dont les pieds ont parcouru le monde pour y planter la croix du Christ, ceux et celles qui aujourd’hui et chaque jour dans les cultures de plus en plus dures, sont appelés à témoigner de leur foi et à la vivre publiquement à travers des choix difficiles. La liste est longue. Cependant chacun peut se demander comment à la suite du Christ il/ elle vit la mission. Amos nous apprend aussi qu’il n’a pas l’initiative de sa prophétie. Si la mission du disciple vient de lui-même, il tombe rapidement dans l’autocontemplation. Rappelons nous ces fortes paroles de Jésus à l’endroit de ses : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis » (Jn 15, 16). Jésus choisit ses disciples et les envoie en mission deux par deux nous raconte saint Marc. L’autosuffisance comme attitude de se placer au centre de la vie ou se trouver comme incontournable tue la mission. Le disciple du Christ en même temps qu’il se remet entièrement à la providence de Dieu, se tourne aussi dans le même élan vers son frère afin que la mission soit vécue horizontalement et verticalement. Si Jésus a envoyé les Douze en mission, il continue de le faire encore aujourd’hui. La vocation missionnaire n’est pas une spécialité de quelques uns, pas plus qu’elle n’est une activité à chercher en dehors de l’espace de nos vies d’hommes et des femmes dans la société. Le chrétien est témoin du Christ par sa vie qui est d’abord une expérience de relation. Relation aux humains, relation au monde et relation à Dieu. Toute vraie expérience chrétienne vécue dans un lieu pas de nature d’église est aussi ecclésiale et cette expérience est nécessairement missionnaire : elle annonce la Bonne nouvelle.
Dans notre tâche missionnaire ne l’oublions jamais, le maître d’œuvre, c’est le Christ, le seul vrai prêtre, le grand prêtre qu’il nous fallait ; c’est par lui, avec lui et en lui que notre mission des baptisés prend tout son sens. C’est lui le fondement et la source de notre fécondité missionnaire. D’où en toute chose il faut laisser Dieu être Dieu dans nos vies, le laisser agir dans nos vies en nous rendant dociles au souffle de l’Esprit Saint. Car si nous abordons le service pour Dieu avec la pensée que nous sommes les éléments incontournables du plan de Dieu alors nous en sommes au même point que les pharisiens. Par contre, si nous laissons à Dieu la place qui lui revient dans le quotidien de notre vie, alors nous devenons le vase qui porte le trésor qu’est Dieu. Finalement, nous n’avons pas à nous poser la question de savoir si nous sommes utiles pour Dieu, mais plutôt à le remercier parce que Dieu veut nous prendre à son service … malgré ce que nous sommes. Un pauvre vase de terre, fragile et sans valeur propre. Nous sommes tous appelés à n’être que des serviteurs inutiles. C’est uniquement après avoir fait ce qui était commandé, après avoir fait preuve de sagesse, après avoir recherché la volonté de Dieu, après avoir assumé pleinement ses choix et ses responsabilités, après avoir mené les bons combats de la foi qu’on est serviteur inutile car toute la gloire revient à Dieu et à Dieu seul. Serviteurs inutiles : C’est après avoir soulagé la misère et combattu l’injustice, après avoir lutté contre les erreurs et les plaies de notre monde, après avoir tout mis en œuvre pour transformer les épées en socles de charrue, après avoir utilisé toute son intelligence et sa foi pour guérir toutes les maladies, après avoir épuisé sa salive pour expliquer, convaincre, pour transmettre la vie par la parole, que cette inutilité prend tout son sens car toute la gloire revient à Dieu et à lui seul. Oui frères et sœurs, c’est dans cette attitude d’humilité, que le Seigneur veut voir tous ceux qu’il appelle à son service répondre.
La foi au Christ, en qui nous sommes baptisés est pour chacun de nous force d’amour pour le prochain, force de communion dans nos communautés, force de fraternité universelle entre tous les hommes. Car la foi nous donne de servir Dieu et les hommes dans la seule fidélité à Dieu lui-même. Et le chrétien est, au nom même de sa foi, un serviteur. Un serviteur qui a reçu gratuitement et qui donne gratuitement pour que la justice et la paix atteignent tous les hommes, ses frères.

Puisse la prière de la Vierge Marie, Notre Dame de la Paix, en communion avec les saints Apôtres Pierre, Jean et Paul, piliers de notre Eglise, avec saint Victor et Cassien, nous soutenir et nous aider à imiter son Fils Jésus, le serviteur par excellence, Lui qui règne pour les siècles et des siècles.

Amen !

Ab. Yves Allangomi G.

Haut de page