Père Xavier : 28 février 2016 : 3° dimanche de Carême

HOMELIE DU 28 FEVRIER 2016

En ce troisième dimanche de Carême, nous sommes arrivés au cœur de ce temps fort spirituel que l’Eglise nous offre. Il est temps pour nous de présenter nos désirs profonds pour notre vie actuelle, sans rien cacher des ombres de cette vie.
Au cœur de ce temps fort : cela fait déjà une vingtaine de jours que nous cheminons dans ce Carême, en ayant intensifié notre prière, notre solidarité et notre jeûne.
Notre prière se fait d’autant plus intense que nous pensons à ceux qui vont être baptisés à Pâques, car c’est pour eux qu’ont été choisi aujourd’hui les lectures de l’année A.
Oui, des hommes et des femmes jouent leur vie sur le Christ en demandant le baptême, et nous nous souvenons qu’il en va de même pour nous.
Il est donc temps d’aller à l’essentiel : qu’attendons-nous de ce Carême ? Qu’est-ce que Dieu attend de moi aujourd’hui ?

La Parole de Dieu nous aide à aller à cet essentiel : elle nous met en garde contre le découragement, elle nous remet au centre de notre foi, elle nous invite à renouveler notre alliance avec Dieu.
Elle nous met en garde contre le découragement. Dans le livre de l’Exode, le peuple d’Israël, libéré d’Egypte, en marche vers le terre promise, traverse le désert. Et là, soudain, le doute : « Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n’y est-il pas ? » Et avec le doute vient le découragement. Pourtant Dieu les a libéré de Pharaon et leur a promis une terre, mais rien n’y fait, le doute est là.
Nous aussi, au milieu de ce Carême, nous risquons d’être taraudé par le doute : à quoi bon prier ou partager, ou demander à Dieu de l’aide, Dieu est-il avec moi ? Face à ce doute des hommes d’Israël Dieu est obligé de renouveler son aide au peuple à travers l’eau qui jaillit du rocher. Demandons aujourd’hui à Dieu de nous aider à ne pas regarder en arrière, à ne pas regretter l’époque de notre vie où, loin de Dieu, nous nous contentions d’une petite vie étriquée ou dissolue. Soyons heureux de marcher avec le Seigneur, et si la pente nous paraît forte, si l’épreuve s’abat sur nous, ne nous décourageons pas et renouvelons notre attachement à Dieu. Mettons résolument notre main dans la sienne.

La Parole de Dieu nous remet au centre de notre foi.
Dans la lettre aux Romains, St Paul nous rappelle le chemin parcouru :
« nous n’étions encore capable de rien », « nous étions encore pécheurs » : souvenons-nous de ces moments de notre vie, où , incrédules, éloignés de Dieu, nous avancions à tâtons. Englués dans les pièges du démon, le bien relevait de l’exploit sans lendemain. - Comme le peuple d’Israël, Dieu est venu nous libérer et Saint Paul date cette libération : c’est le jour, dit-il, où nous avons cru que « le Christ est mort pour nous », où nous avons découvert là « la preuve que Dieu nous aime ». De ce jour-là, il y a eu dans notre vie un avant et un après. St Paul toujours « Dieu a fait de nous des justes par la foi ». Croire au Christ, vainqueur de l’épreuve de la mort pour nous, change radicalement toute notre vie. Aujourd’hui, demandons à Dieu de refaire cet acte de foi fondateur pour qu’il nous renouvelle à nouveaux frais.
C’est du cœur de cette foi renouvelée que nous pourrons, repoussant toute forme de découragement, refaire alliance avec notre Dieu.

L’évangile de la Samaritaine vient éclairer ce renouvellement d’alliance.
La scène se situe au bord d’un puits, lieu privilégié d’alliance dans la Bible.
C’est au bord d’un puits qu’Isaac rencontre Rebecca, que Jacob rencontre Rachel.
Entre la Samaritaine et le Christ, au bord du puits, une alliance va se dessiner.
Pour cela, le Christ va d’abord briser des murs.
Le mur qui sépare les hommes des femmes à son époque, le mur qui sépare les samaritains des juifs. Il passe outre et permet la rencontre.
La Samaritaine rejointe par l’attitude du Christ peut alors avancer en confiance.
Le Christ va l’amener à exprimer d’une part la vérité de sa vie actuelle « je n’ai pas de mari », d’autre part ses désirs les plus profonds « donne-moi de cette eau », « où faut-il adorer ? ».
Nous aussi, dans un cœur à cœur que le Christ nous propose osons franchir ces trois étapes :

-  que les murs de ma vie soient abattus.
Aujourd’hui, nous pouvons demander au Seigneur qu’il abatte les murs qui divisent nos vies, les murs qui séparent des familles, les murs qui segmentent notre société.
Soyons ouvert aux rencontres que le Christ nous propose.

- que j’ose dire au Christ la vérité de ma vie avec ses beautés et ses ombres, rien de ce qui existe dans ma vie, rien de ce qui m’est arrivé n’est étranger à Dieu. Tout le concerne et il souhaite tout éclairer. Franchissons ce pas dans la confiance. Le passage de la porte sainte et le sacrement de réconciliation peuvent nous y aider.

- que je puisse exprimer mes désirs les plus profonds :
Si je souhaite une évolution de ma vie professionnelle, si une amélioration se dessine dans ma vie familiale, si j’ai au fond de mon cœur un souhait inexprimé, et si tout cela prend encore plus d force et de sens lorsque je me plonge dans la prière, alors, comme la Samaritaine, je suis prêt à avancer, avec le Seigneur, pour réaliser ce désir profond.

Que le Seigneur aide chacun à accueillir le Christ qui vient à notre rencontre pour renouveler son alliance avec nous.

Père Xavier AUTONES

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