Père Xavier 13 septembre 2015

HOMELIE du 13 09 2015

La Parole de Dieu d’aujourd’hui nous invite à une triple conversion :
La première conversion est de croire à la présence de Dieu , à nos côtés, dans nos vies, même lorsque nous traversons des épreuves.
La seconde conversion est de transformer notre foi en actes.
La troisième conversion est d’accepter la croix du Christ.

Voyons d’abord la première conversion qui nous est proposée.
Dans le livre d’Isaïe, nous avons un extrait qui évoque le Serviteur souffrant.
Cet homme est un fidèle, il est à l’écoute de la Parole de Dieu.
Juste avant le passage que nous avons entendu, cet homme dit :
« La Parole me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j’écoute comme celui qui se laisse instruire. »
Et il ajoute : « Le Seigneur m’a ouvert l’oreille. »
Ecoutant la Parole de Dieu, la mettant en pratique : « je ne me suis pas dérobé. », dit-il, voilà que cet homme connaît une persécution, il connaît les outrages et la persécution.
Cet homme va-t-il reculer, fuir, refuser ? Non, il accepte par fidélité à Dieu ce qui lui arrive : « je n’ai pas protégé mon visage. »
Cet homme fait, avant toute chose, confiance à Dieu. Il croît que Dieu est toujours avec lui, et qu’il va venir l’aider : « Le Seigneur Dieu vient à mon secours. »
Qui est cet homme dont parle Isaïe ?
Le prophète voit peut-être dans cet homme le peuple d’Israël persécuté, envoyé en exil.
Nous voyons dans cette figure du Serviteur souffrant la figure du Christ, celui qui a accepté de souffrir pour nous par fidélité à son Père.
Que le Seigneur nous donne à nous aussi de croire qu’il est présent, à nos côtés, quand les souffrances nous accablent, quand notre foi est attaquée.
Celui qui croit au Dieu de JC sait que sa vie ne sera pas toujours confortable, que le fait même de vivre en chrétien peut lui attirer des ennuis, mais il croit que Dieu ne le lâchera jamais dans ces épreuves.

La seconde conversion à laquelle nous sommes invités, est de transformer notre foi en actes. C’est St Jacques qui nous le dit :
« Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi alors qu’il n’agit pas à quoi cela sert-il ? »
Nous pouvons nous demander à la lumière de cette phrase à quoi sert d’être un croyant non pratiquant ?
Mais St Jacques vise plus loin que les actes de pratique religieuse.
Il nous incite aux actes de charité :
« Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? »
St Jacques reprend ici un thème privilégié des prophètes ; par exemple Isaïe : « Le jeûne que je préfère, (…) n’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ? Et encore : les pauvres sans abri, tu les hébergeras, si tu vois quelqu’un nu, tu le couvriras ; devant celui qui est ta propre chair, tu ne te déroberas pas. » (Is 58, 6-7).
St Jacques nous invite à incarner dans nos actes notre foi.
Il en va même de la vie de notre foi : « Comme le corps qui ne respire plus est mort, la foi qui n’agit pas est morte » (Jc 2, 26). Ce qui veut dire que les actes sont la respiration de la foi.

Nous pouvons aussi nous rappeler l’enseignement de Saint Jean, vous connaissez cette phrase de sa première lettre : « Si quelqu’un possède les biens de ce monde et voit son frère dans le besoin, et qu’il se ferme à toute compassion, comment l’amour de Dieu demeurerait-il en lui ? Mes petits enfants, n’aimons pas en paroles et de langue, mais en acte et dans la vérité. » (1 Jn 3, 17-18).
Demandons aujourd’hui à Dieu la grâce de convertir notre foi en actes de charité concrète, pour que notre foi soit plus vive, et que notre charité grandisse.

La troisième conversion est d’accepter la croix du Christ.
Nous avons déjà fait une partie du chemin, nous avons accepté que suivre le Christ pouvait se révéler périlleux et qu’heureusement, Dieu était toujours là pour nous aider.
Nous avons aussi compris que notre foi nous pousser à agir toujours plus au service de Dieu et de nos frères.
Il nous reste à découvrir avec les apôtres de l’Evangile jusqu ‘où le Christ à pousser cette logique.
L’Evangile commence par une question de Jésus « pour vous qui suis-je ? » invitant les apôtres à affirmer leur foi. C’est ce que fait Saint Pierre « Tu es le Messie ! »
Il affirme, par là, que Jésus est l’envoyé de Dieu venu libérer son peuple.
Saint Pierre a parfaitement raison, et son cœur est, sans doute, à ce moment, rempli d’une grande espérance.
Voilà que Jésus choisit ce moment pour dévoiler la suite du plan de Dieu.
Il va libérer le peuple, sauver les hommes, oui, mais celà passe par le rejet, la souffrance et la mort, avant la résurrection.
Pour des oreilles juives, ce discours était complètement paradoxal : au moment même où Jésus revendiquait le titre de Messie, et aussi de Fils de l’homme, il prévoyait l’échec, la souffrance, la mort. Pourtant le livre de Daniel nous dit : « Je regardais dans les visions de la nuit, et voici que sur les nuées du ciel venait comme un Fils d’homme ; (…) il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. » (Dn 7, 13-14). Quand Jésus s’applique à lui-même ce titre de Fils de l’homme, il se présente donc comme celui qui prend la tête du peuple de Dieu. Il est bien le Messie qui vient établir le règne de Dieu sur la terre.
Il n’est pas question de souffrance dans tout cela ! Quelle idée ! Pierre a raison de s’insurger. Comme beaucoup de ses contemporains, il attendait un Messie-roi, triomphant, glorieux, puissant, et chassant une bonne fois de Palestine l’occupant romain. Alors ce qu’annonce Jésus est inacceptable, le Dieu tout-puissant ne peut pas laisser faire des choses pareilles !
C’est là qu’intervient la troisième conversion qui nous est demandée aujourd’hui : d’une manière étonnante,le plan de salut de Dieu passe par un Messie qui donne sa vie aux hommes : il faut qu’ils découvrent le Dieu de tendresse et de pardon, de miséricorde et de pitié ; cela ne se pourra pas dans des actes de puissance mais dans le don suprême de la vie du Fils : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jn 15, 13). Et nous sommes invités aujourd’hui à entrer dans la même logique, celle de la croix du Christ, celle du don de notre vie :
« Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera. » (Mc 8,34-35 )

Père Xavier Autonès

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