Père Xavier : 12 juin 2016 : 11° dimanche C

HOMELIE DU 12 JUIN 2016

« Auprès du Seigneur est la grâce, près de lui, la pleine délivrance. »
Cette Parole du Psaume 129 que nous avons proclamé à l’acclamation de l’Evangile, donne le ton de la Parole de Dieu.
Dans cette année de la Miséricorde, nous redécouvrons l’action salutaire du Christ dans notre vie. Cette action nécessite l’accueil de sa grâce libératrice.
Le Christ vient nous délivrer, mais de quoi ? De notre difficulté à aimer.
Il nous invite à aimer et il nous apprend à aimer.

En cette fin d’année scolaire, je faisais avec les jeunes collégiens le bilan de leur année d’aumônerie. Je leur ai demandé l’évènement qui les avait le plus marqué : pour l’un c’était sa profession de foi, pour l’autre son baptême. Et une jeune fille a dit que, pour elle, c’était le jour où elle a pu se réconcilier avec une de ses camarades avec qui elle s’était disputée.
Comme elle, sachons accueillir la réconciliation dans notre vie.
Dans la première lecture, nous avons l’exemple du roi David. Lui qui as été choisi par Dieu, lui le dernier de sa famille, tiré de son travail de berger pour devenir roi d’Israël, lui que Dieu comble de grâce, lui qui est habitué à faire régulièrement la volonté de Dieu, le voilà qui tombe dans le péché. Il veut prendre la femme de son voisin, il commet l’adultère et le meurtre. Il enfreint gravement les commandements de Dieu. Et voilà le prophète Nathan Avec David, apprenons comment accueillir le pardon de Dieu.

Il nous faut d’abord accepter de reconnaître son péché. La loi m’aide à voir mon péché.
Le prophète Nathan joue ce rôle de rappel de la Loi de Dieu auprès du roi David. Nathan rappelle au roi David que l’envie des biens du voisin, le mensonge, l’adultère et le meurtre sont des péchés. Et du coup David découvre qu’il a péché, alors que, jusque-là, il ne voulait pas le voir.
Il en est de même pour nous. Nous avons du mal à reconnaître notre péché, nous le nions ou le minimisons volontiers. La Loi de Dieu, les commandements de Dieu sont là pour nous le montrer, N’hésitons à relire avec honnêteté les commandements de Dieu et posons-nous la question : où en suis-je, Seigneur, éclaire-moi !

Reconnaître son péché donc. Puis demander pardon. Pour cela, il nous faut croire au pardon de Dieu. C’est ce que fait le roi David. Malgré la lourdeur de sa faute, il croit au pardon de Dieu.
L’amour de Dieu est plus grand que ma faute. Le psalmiste y croit aussi : (Ps 31)
« Je t’ai fait connaître ma faute,
Je n’ai pas caché mes fautes.
Et toi, tu as enlevé l’offense de ma faute. »
Et, du coup, le psalmiste dit sa joie d’être pardonné :
« Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis ! »

Accueillons cette joie d’être pardonnée. C’est celle de la pécheresse de l’Evangile de Saint Luc. Bouleversée par le pardon de Jésus pour ses péchés, cette femme lui rend grâce en répandant du parfum sur ses pieds, tout en pleurant. Les larmes de cette femme sont des larmes de joie. Elle est touchée, bouleversée au plus profond d’elle-même, parce que Dieu, à travers Jésus lui a pardonné.
Ces larmes ont du prix. Arrêtons-nous y un instant. Comme Simon, nous pourrions nous contenter de penser qu’elle a dû être une bien grande pécheresse pour pleurer ainsi. Nous nous sentons alors différente d’elle, un peu supérieur quand même, comme Simon.
Je vous invite à faire un pas. Un pas en vous-même. Rappelez-vous ce moment de votre vie, peut-être pas si éloigné, où vous aussi vous avez imploré Dieu pour un pardon, où vous avez douté de pouvoir être pardonné, ou de pouvoir vous pardonné à vous-même. Avec le sentiment d’être écrasé, lié, prisonnier de votre péché. Et rappelez-vous le moment où vous avez su et cru que Dieu vous pardonnait, et qu’avec ce pardon une nouvelle vie, où le péché est vaincu, allait s’ouvrir. A ce moment-là, sans doute étiez-vous proche de cette femme pécheresse pardonnée et de ces pleurs de joie.

Le pardon de Dieu me touche et me bouleverse. Et, à partir de là, je peux croire à l’impossible. Croire que le Christ, par son amour, peut m’aider à ne plus faire ce péché.
C’est le rôle de la grâce sanctifiante. Plus je demande pardon à Dieu, plus je crois à son pardon, plus je veux ne plus pécher, plus il m’aide à ne plus pécher, moins je pèche.

Toute la conversion se joue là. Croire que cela est possible. Par la grâce du Christ, je peux changer ma vie en une vie meilleure.

Père Xavier AUTONES

Haut de page