Père Xavier : 22 mai 2016 : Le Saint-Sacrement

HOMELIE DU 29 MAI 2016
FÊTE DU SAINT-SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST

Une fois par an, après avoir longuement célébré les grands évènements du salut dans la vie de Jésus, l’Eglise consacre une fête particulière à célébrer ce qui fut un évènement unique et qui demeure un évènement permanent : l’Eucharistie.

Dieu nourrit ses enfants. Il leur donne un pain spirituel qui donne la vie éternelle.
Pour évoquer ce don merveilleux, la liturgie nous propose un des récits de la multiplication des pains. Avec Saint Paul, nous avons entendu le récit de l’institution de l’Eucharistie, avec saint Luc, nous écoutons le récit de la multiplication des pains. L’un est lié à l’autre.

La multiplication des pains permet de comprendre l’intention de Dieu dans le geste de Jésus.

C’est tout d’abord à une foule que ce geste s’adresse. Ces hommes et ces femmes ont quitté leur maison pour rejoindre Jésus, l’écouter, lui amener des malades. Cette foule représente le monde entier. Tous les hommes sont accompagnés de la présence de Dieu. Dieu est attentif à tous. Il veut tous les aider.

Avez-vous remarqué que le jour baisse, ce qui veut dire que les hommes vont retrouver cette nuit qui pèse sur eux et suscite en eux de l’angoisse. A notre tour de nous rappeler quelles angoisses m’habitent ? Quelles craintes me paralysent ? De quelle présence ai-je besoin ?

A la fin de cette journée, ces hommes ont faim. La faim est un problème majeur de notre humanité :
-  Nous avons connu des famines et des pays de notre monde touchés par la guerre ou par la sécheresse en souffrent.
-  Mais nous connaissons d’autres faims spirituelles : faim d’amitié, d’espoir, de projet de vie, d’envie de vivre, d’amour : quelle est ma faim à moi ?
-  Il peut aussi nous arriver de ne pas avoir faim :
on peut ne plus avoir envie ni de manger, ni même de vivre, on souffre d’anorexie
médicale ou spirituelle ;
On peut aussi être repu, toujours dans le trop plein, l’accumulation, ne plus avoir envie
de rien.

La foule est loin de tout village :
-  ils se sont mis en route à la suite de Jésus ;
-  ils ont quitté leur confort et commodités quotidiennes ;
-  ils ont besoin de l’aide de Dieu.

Les apôtres eux-mêmes sont incapables de leur donner à manger.
Nous aussi, il nous arrive de nous sentir démuni devant des détresses qui nous paraissent trop lourdes pour nous.

Alors Dieu intervient.
Il ne veut pas que l’homme meure. Ni de solitude, ni d’angoisse, ni de faim.
Il est prévenant comme un père, comme une mère.
Il donne de lui-même pour que ses enfants n’aient plus faim.
Car la nourriture de l’Eucharistie n’est pas seulement du pain ou des poissons.
La nourriture qui vient calmer nos faims spirituelles, nos angoisses existentielles, c’est une vie donnée pour nous. La vie de Jésus, la vie du fils de Dieu.
Il a donné sa vie pour nous sur la croix. Et ce don est pour chaque homme, de toutes les époques. A chaque messe, ce don se renouvelle. Jésus-Christ aujourd’hui devant nous vient nous donner sa vie. Recevons-la à la communion. Cette vie, parce qu’elle est donnée pour nous, nous touche au cœur et nous transforme. Cette vie reçue à la communion nous permet d’être habité par la présence de Jésus. Il nous apprend à être comme lui, à aimer et aider nos frères comme lui a su le faire.
Laissons donc nos peurs et nos hésitations derrière nous, et soyons heureux de communier au corps du Christ. Il nous donne sa vie et nous permet d’accomplir pleinement la nôtre, en la donnant à notre tour à nos frères et à Dieu.

Et tous mangèrent à leur faim. Chaque dimanche, à la messe, le miracle se reproduit.
Le pain est multiplié, les foules sont rassasiées. Elles sont sauvées de la faim, de l’angoisse, de la solitude, de la mort.
Remercions Dieu qui nous donne son Fils pour nous nourrir de sa vie. Remercions Jésus-Christ qui vient vivre en nous.

Père Xavier AUTONES

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