Père Philippe 6° dimanche de Pâques 9 et 10 mai 2015

Nous poursuivons la méditation de la parabole de la vigne et du vigneron, du cep et des sarments et nous recevons la parole de Jésus.
La bonne nouvelle est celle de l’amour du Père. Cette bonne nouvelle nous dit la profondeur du mystère de notre vie et de notre vocation.
St Jean dans sa lettre nous donne le plan. 1 Dieu est amour. 2 Il nous donne Jésus pour que nous vivions par Lui.
3 C’est Lui Dieu qui prend l’initiative ;
Dieu nous aime, Dieu nous crée, il nous appelle à l’existence. Dans son cœur il nous voyait à l’image et à la ressemblance de Jésus. Il voyait en Jésus l’ainé d’une multitude de frères.
Dieu a aimé Jésus et comme le Père, Jésus nous a aimés, pour nous faire venir à la vraie vie, en nous recevant comme ses frères donnés par le Père, en se donnant à nous, en nous appelant, en nous annonçant le Royaume, en nous libérant pour nous rassembler dans la communion, en nous relevant pour nous donner la plénitude de la vie. Bien des moments d’Evangile rayonnent de cette lumière. Ainsi après une journée de prédication Jésus se retrouve chez Simon dont la belle-mère est malade. Jésus la guérit. Au petit matin il est sorti, seul pour prier, tout le monde le cherche. « Allons ailleurs dans les bourgs voisins pour que j’y proclame la bonne nouvelle, car c’est pour cela que je suis sort. » Marc 1, 38
Quant à nous, recevoir l’Evangile, c’est demeurer dans l’amour manifesté par Jésus et qui l’unit au Père, cette communion qui est notre milieu vital.

La concrétisation de cette communion prend le chemin du commandement. Pour demeurer dans l’amour qui nous fait vivre, nous avons à garder les commandements de Jésus. Jésus, lui, a gardé le commandement du Père, c’est sa nature de Fils, c’est sa gloire.

Jésus détaille l’effet et la puissance du commandement :
— -Il place notre vie dans le dynamisme de la vie de Jésus, dans sa dynamique pascale de puissance de libération et de résurrection.
— -Il resserre du même coup l’union qui nous attache à Lui Jésus et au Père. Rien de servile, mais l’engagement des libertés dans le partage des projets, des désirs et des volontés.
Notons au passage l’honneur immense qui nous est fait : la vocation de notre liberté est d’incarner comme Jésus la volonté du Père, sa puissance de vie.
— -Le commandement est libération parce qu’il est connaissance. Il est bien évident que nous n’aurions jamais pu avoir l’initiative de cette connaissance et de cet amour. C’est donc bien Dieu qui nous a choisis.

Donc recevoir ce paradoxe du commandement de l’amour, c’est méditer sur l’action de Dieu et sur notre propre action.
Paradoxe : une maman à la dernière rencontre de préparation de baptême soulignait qu’il y a des mots qui ne supportent pas l’impératif : aime ! Crois ! Confiance !
Paradoxe en Dieu : aimer c’est d’abord vouloir notre existence, une existence vraie qui puisse répondre en toute liberté à l’amour créateur. Voici donc dans cet amour, le renoncement de Dieu à lui-même.

Dieu a l’initiative. Lui nous a aimés le premier et il veut que notre vie porte du fruit. Nous comprenons bien avec toute l’Eglise que cette initiative de Dieu ne nous appartient pas. Nous ne pouvons pas la délimiter.
Ainsi en va-t-il dès le début de la vie de l’Eglise avec l’effusion de l’Esprit Saint chez Corneille le centurion et ses amis. Mais c’est aussi l’expérience baptismale fondamentale des saints et de mystiques.
Que faire ? Cassien résume bien les choses :
Tout d’abord, cherchons la pureté de cœur.
Ensuite sachons qu’il n’y a pas de connaissance vraie sans amour, de gout de l’Evangile sans désir du Christ.
Donc choisir d’aimer. Chercher la pureté de cœur.
Tout d’abord reconnaître l’amour de Dieu qui toujours nous précède. Reconnaître les dons gratuits qui ne cessent de tisser notre existence, la confiance qui nous est faite, l’espérance de ceux qui croient en nous, les innombrables pardons et réconciliations qui nous ont relevés, libérés, la joie de vivre qui vient mystérieusement à l’improviste quand nous nous oublions nous-mêmes pour nous émerveiller de la vie qui fleurit autour de nous.

Reconnaître tous ces miracles nous conduit à reconnaître la vie que Dieu veut pour nous et à la vivre en donnant tout notre consentement, dans la même volonté de libération, dans la même joie du don et du coup dans la même disposition à nous oublier nous-mêmes humblement avec le Christ Jésus.
En bons baptisés garder les pieds sur terre mais perdre pied dans la confiance de la foi, vivre notre Pâques.

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