Père Philippe 1° Novembre 2015 : TOUSSAINT

Aujourd’hui nous célébrons tous les saints qui nous ont précédés. Les palmes à la main ils avancent dans le cortège triomphal qui glorifie le Seigneur. Ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau. Ils ont vécu fils et filles de Dieu, à la ressemblance du Christ. Ils ont reçu de Jésus les béatitudes que nous recevons nous aussi aujourd’hui.
Dans la joie et l’action de grâce, nous les fêtons. Chacun à leur manière ils ont vécu leur vocation baptismale. Nous pouvons nous émerveiller de la diversité de leurs visages, ressemblant chacun à sa manière au visage du Christ et rayonnant donc de l’inépuisable grâce divine. Joie et liberté : notre chemin de sainteté nous est propre, à nous de le découvrir dans l’accueil de notre vocation.
L’amitié et la communion des saints nous viennent en aide. Nous pouvons nous émerveiller de leur réponse à l’appel de Dieu et pour être attentif aux signes de notre vocation, regarder comment ils ont vécu la leur. Nous pouvons penser à nos amis prêtres.
Les saints, voici des hommes de Dieu rayonnant de sa présence, passionnés par sa parole, ne cessant de la dévorer pour qu’elle tisse jusqu’au plus profond leur cœur, ne pouvant se retenir de la partager tant elle gout de vie éternelle.
Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des cieux est à eux
Dans leur cœur, dans leur esprit, dans leur bouche la Parole de Dieu, le Christ, tenait tant de place. Elle tenait toute la place parce qu’ils s’étaient fait pauvres d’eux-mêmes. Cette pauvreté, cette simplicité, ce silence sur soi et en soi vibraient de la joie même du Royaume, une joie communicative.
« Regardons le glorieux St Paul. On eut dit que Jésus lui sortait toujours par la bouche, tant il le gardait présent dans son cœur. » Ces mots de Th d’A, nous pourrions les reprendre pour eux.
Dans la pauvreté de cœur ils ont fait toute la place au Christ et ils ont fait aussi toute la place à ceux que le Christ aimait et qui venaient croiser leur route. Leur cœur avait développé des facultés et une sensibilité nouvelle pour croire en ceux qu’ils rencontraient, espérer en eux, avoir de l’ambition pour eux, discerner en eux la soif de justice et de vérité qu’eux-mêmes connaissaient dans leur attente du Royaume.
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, ils seront rassasiés.
Auprès d’eux, un espace nouveau s’est ouvert, un espace de liberté et d’authenticité. La fragilité peut être accueillie. Elle est notre vérité. Elle est aussi une brèche dans notre existence. La grâce de Dieu s’y engouffre pour nous toucher, nous saisir.
Cette espace s’ouvre autour des saints parce que leur vie parle d’expérience. Le Royaume pour eux s’est ouvert dans la patience, la fidélité et la miséricorde de Dieu qui les a saisis.
Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde.
La tendresse de Dieu a gagné leur cœur et ils savent l’immensité de la générosité du Seigneur. Aussi n’imposent-ils pas Dieu mais la disponibilité divine est la source de leur témoignage. Les hommes vrais qui cherchent et veulent choisir la vie, ils peuvent les entendre en toute simplicité, ils peuvent venir à leur rencontre en toute confiance, ils peuvent les mettre sur le chemin de celui qui seul nous libère, Dieu qui nous donne la vie.
Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu.
Ainsi dans les béatitudes, avec tous les saints, nous repérons quelques axes de notre vocation.
Nous faire pauvres de nous-mêmes pour faire de l’espace à Dieu, de l’espace à nos frères
Expérimenter dans notre faiblesse, la fidélité du Seigneur. Elle ouvre un espace immense à notre propre fidélité, à notre miséricorde, un espace immense pour la communion
Brûler de passion pour la Parole de Dieu, vivante en notre chair dans la personne de Jésus. Que cette passion nous purifie de notre jugement et de notre volonté propre.
Alors nous entrerons dans le chant de la vraie vie, le chant de victoire du Ressuscité.

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