Les XIX° et XX° siècle

L’église est rendue au culte et devient paroissiale en 1804.

Au XIXé siècle, on y fait des réaménagements sommaires et parfois maladroits.
Ce n’est qu’en 1895 qu’est entreprise par le chanoine Bérenger la grande restauration nécessaire ; elle fut remarquablement menée à bien et achevée dans les débuts du XXé siècle, mais certains éléments en étaient très critiqués dès alors, ainsi le maître-autel de 1897.

Le titre honorifique de Basilique fut attribué à notre église par le pape Pie XI en 1934.
En 1944 la guerre causa quelques gros dommages à l’édifice et les vitraux durent être remplacés. Les nouveaux vitraux sont dus à Max Ingrand. On installe dans la chapelle de la nef de gauche les fonts baptismaux qui sont une margelle monolithique de puits, d’époque indéterminable, provenant des environs de Glanum.
Dès 1963, le mauvais état de quelques pierres et des fissures décelées dans la tour d’Ysarn poussèrent les autorités responsables à entreprendre une nouvelle et patiente restauration en même temps qu’une réfection des cryptes ; ces derniers travaux aboutirent à la découverte de la tombe jumelle du Martyrium le 8 novembre 1965.

Maitre autel Jean Bernard

1965 fut l’occasion d’une grande célébration appelée « I’Année Saint-Victor, 1965-1966 » pour commémorer les multicentenaires : 365, naissance de saint Cassien, vers 965, renouveau amenant à l’établissement de la règle bénédictine, 1365, consécration de l’autel par Urbain V pour la fin de sa grande restauration. Marseille par les autorités civiles et la foule de son peuple célébra avec éclat cette Année Saint-Victor. Le mémorial en fut le maître-autel inauguré et consacré en la vigile de Pentecôte le 28 mai 1966 par l’Archevêque de Marseille en l’honneur des saints martyrs, de saint Victor et de celui qui est un témoin de Paix et d’Unité Saint Jean Cassien, le fondateur. Il est en pierre et bronze dû au Maître Jean Bernard et à ses Compagnons du Devoir. Il fut dressé sous les yeux de l’assemblée où étaient réunis les pouvoirs publics par les hautes autorités des corps constitués, les pays étrangers par leurs consuls et les Eglises séparées par les représentants des autres confessions chrétiennes, orthodoxes, anglicanes, réformées.
On trouve sur la frise de bronze qui entoure la table, des paroles d’Unité de l’apôtre saint Paul : en grec « Un seul Seigneur, Jésus-Christ », en latin « Puisqu’il y a un seul pain, à nous tous nous ne formons qu’un seul corps, nous qui avons part à ce pain unique. »

Le grec et le latin rappellent l’Orient et l’Occident qui se rencontrent à Marseille par leur histoire, leurs civilisations et leurs grandes églises.
L’autel est supporté par deux pieds de quatre statues chacun. Ce sont les statues des saints protecteurs de notre antique sanctuaire : ceux à qui est dédiée l’église supérieure, saint Victor avec saint Pierre et saint Paul ; notre fondateur saint Cassien ; saint Jean-Baptiste à qui est dédiée en même temps qu’à la Vierge Marie, l’église inférieure ; le bienheureux Urbain V ; puis saint Lazare, l’ami du Christ, et sainte Marie-Madeleine, sa sœur, protecteurs du diocèse de Marseille.
Un tabernacle en bronze « véritable pièce d’orfèvrerie » accompagne au fond du sanctuaire cet autel, chef-d’œuvre intemporel.
Cette restauration a remis en valeur deux chapelles au bas des nefs latérales. A droite, une petite chapelle avec une très belle voûte. A gauche, une grande chapelle où se trouve l’autel du Ve siècle et où on peut aussi admirer un crucifix du XVIIé., un tableau du XVIIIé, une moderne Méditation de la Croix (E. Milani, 1969), des vitraux de B. Pollet (1968), une grille en bois du XIXé s. qui sert de porte d’accès sur l’église. C’est la chapelle, du Saint-Sacrement, lieu de recueillement.
Notre époque enfin voit la réalisation d’un désir exprimé depuis plus d’un siècle. En effet, l’abbaye avait été au début du XIXé siècle complètement dépouillée au profit du musée Borély de toutes ses pièces archéologiques et œuvres d’art dont certaines furent brisées ou perdues.
Souvent depuis fut exprimé le vœu de voir ces œuvres retrouver leur place à Saint-Victor. La municipalité de Marseille a répondu à cette attente en 1968.

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