La pureté du coeur

Jean Cassien

Conférence 1 n°4
Au quotidien, le travail du moine : rechercher la pureté du cœur

4. La fin de notre profession est le règne de Dieu, le royaume céleste ; notre but, notre route pour y arriver, est la pureté du cœur, sans laquelle nous n’y parviendrons jamais.

C’est vers ce point qu’il faut nous diriger en droite ligne ; si nous en détournons un instant notre pensée, nous devons l’y ramener sur-le-champ, car ce doit être là le terme de tous nos efforts et la règle qui nous fera reconnaître la moindre erreur

16. L’abbé Germain, compagnon de Cassien, interroge :
. Combien de pensées inutiles
envahissent notre âme, à notre insu et malgré nous , sans que nous puissions les chasser et même les comprendre ? Est-il possible en cette vie de nous en délivrer, et de n’être plus exposé à toutes ces illusions ?

17. Il est impossible à l’âme de ne pas être tourmentée par ces pensées ; mais elle peut les combattre et les repousser avec la grâce de Dieu. Leur naissance ne dépend pas de nous ; mais il dépend de nous d’y consentir, de les accepter.
S’il nous est impossible de leur fermer nos âmes, nous ne sommes pas forcés de céder à leur attaque et à leurs tentations, sans cela nous perdrions notre libre arbitre, et nous n’aurions aucun moyen de nous corriger. Aussi dépend-il beaucoup de nous d’en modifier la nature, et de développer dans nos cœurs des pensées pieuses et saintes, ou des pensées terrestres et charnelles. Les bonnes lectures et la méditation des Écritures servent à remplir de Dieu notre mémoire, et le chant continuel des psaumes entretient la componction de notre cœur. Nous employons sans cesse les veilles, les jeûnes et la prière, pour que notre âme purifiée ne s’attache pas aux choses de la terre, mais à celles du ciel
Conférence I,n°4,16 et 17

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