La prière continue

Que la prière du moine se répande en une prière continue

Chassons donc de notre cœur, avant la prière, tout ce qui pourrait la troubler,

afin de suivre ce précepte de l’Apôtre : « Priez sans cesse » (I Thess., V, 17) ; et « en tout lieu, levez vos mains pures sans trouble et sans colère. » (I Tim., n, 8.) Nous ne pourrons jamais le faire, si notre âme n’est pas purifiée de tous les vices, et tout appliquée au bien et à la vertu pour se nourrir continuellement de la contemplation divine. (Conférence IX,3)

Alors s’accomplira parfaitement en nous cette prière, que le Sauveur adressait à son Père pour ses disciples :
« Que l’amour dont vous m’avez aimé soit en eux, et qu’ils soient en nous.
Qu’ils soient tous unis ; comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous, qu’ils soient eux-mêmes en nous. » (S. Jean, XVII, 21.) Cette prière de Notre-Seigneur ne peut manquer de s’accomplir, quand nous l’aimerons comme il nous aime. Et cela se fera lorsque tout ce que nous aimerons, tout ce que nous désirerons, tout ce que nous étudierons, rechercherons, penserons, verrons, dirons, espérerons, sera Dieu et Dieu seul, et que cette unité du Père avec le Fils, et du Fils avec le Père, pénétrera tellement notre esprit et notre cœur, que la charité, qui nous unit à lui, sera continuelle et inaltérable comme celle qu’il a pour nous. En demeurant ainsi unis à lui, Dieu sera notre espérance, notre pensée, notre parole ; nous arriverons à cet état que Notre-Seigneur nous souhaitait dans sa prière : « Qu’ils soient tous un, comme nous le sommes nous-mêmes.

Que je sois en eux, comme vous êtes en moi, et qu’ils soient ainsi consommés dans l’unité. » (S. Jean, XVII, 21.) C’est là le but que doit se proposer un religieux ; c’est vers cette image de la béatitude éternelle qu’il doit tendre, afin de mériter de goûter dans
le vase fragile de son corps, les prémices, les arrhes de ce bonheur, de cette gloire
qui l’attendent au ciel. Oui, la véritable perfection pour l’âme est de se dépouiller
de tout ce qui est charnel, pour s’élever de plus en plus vers les choses célestes,
jusqu’à ce que toute sa vie, tous les mouvements de son cœur deviennent une continuelle prière.
(Conférence X,7.)

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