LA CRECHE BLANCHE de Saint Victor 2020

Traditionnellement, en Provence, la crèche est démontée le 2 février, jour de la Chandeleur. Dans les églises, il n’en a pas toujours été ainsi. Une crèche différente était alors installée : la « crèche blanche » ou « crèche de la Chandeleur » apparaissait et demeurait en général une semaine.
A la crèche de Noël succède la présentation de Jésus au temple. L’étable, l’âne et le bœuf, c’est-à-dire la représentation classique de la Nativité, disparaissent, remplacés par le décor du temple.
Selon la tradition juive, chaque premier-né mâle doit être présenté au temple pour être consacré au seigneur, quarante jours après sa naissance. Aux dires de la même loi, durant les quarante jours qui suivent un accouchement, une femme est considérée comme impure et il lui est interdit de se rendre dans un lieu de culte.
Au terme de ces quarante jours, les mères se rendent au temple pour être purifiées et faire un sacrifice. Les offrandes sont fonction de la richesse des parents : taureaux, boucs, béliers ou offrandes plus modestes. Les animaux offerts sont égorgés et brûlés sur l’autel des sacrifices. Joseph et Marie font l’offrande de deux colombes (ou tourterelles).
En 1372, le pape a fait du 2 février, quarante jours après Noël, le jour de la « purification de la Vierge », également appelé cérémonie des « relevailles ».
L’origine de l’expression « crèche blanche » est controversée. Pour les uns, la couleur blanche est celle des colombes offertes, pour d’autres, c’est le symbole de la purification. Selon une autre version, c’est la couleur du drap tendu comme décor au temple, qui cache la crèche de Noël qu’on n’a pas eu le temps de retirer.
La crèche blanche se veut l’évocation du temple de Jérusalem. De la crèche habituelle, seuls demeurent Joseph, Marie et l’enfant Jésus. De nouveaux personnages sont présents. Le vieillard Siméon, le prophète, la prophétesse Anne, une vieille femme, et le grand prêtre. Ce dernier, qui tient quelquefois l’enfant dans ses bras, est très richement vêtu, portant un pectoral rehaussé de douze pierres précieuses, représentant les douze tribus d’Israël.

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