Journée mondiale de prière des femmes

Vendredi 6 Mars la JMP a été célébrée à Saint-Victor.
La prière était préparée par les femmes des Bahamas. En effet voici 65 ans elles avaient fêté une des premières journées mondiales des femmes. le symbole des Bahamas est le flamant rose. La prière nous a fait partir à la rencontre des différentes îles, de leurs communautés et de leur engagement pour le service et la justice.
L’Évangile au cœur de cette célébration fut celui du lavement des pieds. La prédication fut donnée par le pasteur Ill.

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Prédication Jean 13, 1-17

1. Le geste de Jésus
L’introduction du récit (versets 1 à 3) donne toute son importance au geste de Jésus en indiquant l’imminence de la fête juive de Pâques. Avec la fête de Pâques, "son heure" approche aussi.
Le mot "telos" que la traduction française rend par "son heure", se traduit plus précisément par "but" ou" accomplissement". Il est question du sens même du ministère de Jésus.
L’évangéliste Jean nous livre ici une clé de compréhension des événements, à nous les lecteurs, comme Jésus l’avait fait pour ses disciples lors de son dernier discours public en résumant le but de son passage sur terre en ces termes : " L’heure est venu où le fils de l’homme doit resplendir." (12, 23).
Pâques, « Pessah », la fête de la libération d’Israël de l’esclavage, de son passage vers une vie nouvelle. Ce lavement, à quelques jours de la Pâque juive, n’est-ce pas l’annonce du passage définitif vers une vie nouvelle ?

Mais quand Jésus, "se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint (et) verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint" (versets 43-5), ce geste prend tellement à contre-pied toutes les représentations que l’on peut avoir d’un Messie, qu’il déclenche un scandale et un blocage total du côté des disciples. C’est effectivement une révolution, un renversement de l’échelle sociale et des valeurs inacceptable que de voir Jésus, leur maître, leur Seigneur, dans la position d’un esclave de maison !
Mais il s’agit de bien plus encore !
Pensons un peu à la symbolique du pied : nos pieds sont l’image de notre rapport au monde. Avec eux, nous foulons la terre, la poussière, qui les salit et qui peut aussi les blesser. Jésus touche ses disciples à l’endroit où ils sont terrestres et vulnérables.
Pour les Grecs, le point faible d’Achille était son talon. Pour les gnostiques, philosophes grecs contemporains de Jésus, les talons étaient le siège de démons et de pulsions.
L’usage antique du lavement des pieds signifie à la fois purification et guérison : comme on ne portait habituellement pas de sandales, on se blessait souvent les pieds en marchant. L’esclave examinait alors les pieds pour trouver les blessures et il les massait avec de l’huile pour les guérir.
En l’avant les pieds de ses disciples, Jésus touche leur être tout entier. Il accueille et prend en charge leur humanité. Il les lave de la poussière qu’ils ont accumulé en traversant l’existence, il touche leurs blessures délicatement ...er les guérit pour qu’ ils puissent reprendre la route, libérés pour de nouveaux horizons, sur des chemins nouveaux.

Et pour mesurer encore mieux la signification de ce geste que les disciples ne peuvent pas encore comprendre, rappelons-nous un autre lavement de pieds :
Je pense à celui de Jésus par Marie, la sœur de Lazare, au chapitre 12 du même évangile.
Marie y utilise une quantité excessive d’un parfum précieux.
Oindre quelqu’un d’une huile précieuse est un geste d’amour gratuit.
Alors que chez Marc et Matthieu, cette femme oint la tête de Jésus, Jean parle délibérément de l’onction des pieds. Or, c’est un acte de grande familiarité que de laver les pieds de quelqu’un, un acte permis seulement à l’épouse ou à la fille de celui qui le reçoit.
Et à Jésus de donner toute sa valeur et son sens au geste de Marie : par son acte d’amour gratuit, elle annonce son amour absolu qui l’amène jusqu’à la croix, et son embaumement pour le tombeau.

Si l’on regarde ces deux lavements de pieds dans l’Evangile de Jean, on peut dire que Jésus accomplit auprès de ses disciples à la fois le service de l’esclave et le geste intime d’amour de l’épouse et de la fille.

2. Les disciples : recevoir et donner
C’est dans le même sens que Moïse reçoit l’ordre d’enlever ses chaussures devant le buisson ardent ou que les musulmans se déchaussent dans une mosquée.
La nudité des pieds implique le dépouillement psychique et spirituel de l’être.
C’est un acte de grande humilité.
Se laisser laver les pieds par Jésus implique pour les disciples de se laisser toucher la où ils sont nus et vulnérables pour recevoir quelque chose de lui, de
leur impuissance de se sauver et guérir eux-mêmes.
Mais plus encore, Jésus leur demande de renoncer à l’idée d’un Messie tout-puissant qui se fait servir. Quand Jésus se lève de table et quitte le repas, il enlève ses vêtements pour nouer un simple linge autour de sa taille. (v4) Il se présente habillé comme un esclave. Ce dénuement annonce sa mort sur la croix dans le dépouillement le plus total.
Pierre qui ne peut pas encore comprendre cette symbolique, réagit avec un refus violent à ce geste : il ne peut pas supporter de voir son maître se comporter en serviteur de tous.
C’est compréhensible, car on ne peut rien rendre à un serviteur !
Connaissez-vous cette gêne devant un endettement non remboursable ?
Jésus ne demande pas à ses disciples de lui laver les pieds en retour !
Cela les privé de tout geste méritoire.
Son don est à sens unique et d’ailleurs, personne ne peut le faire à sa place.
Son geste est avant tout un cadeau à recevoir par chacun personnellement.
"Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi." répond Jésus à Pierre.
Dépouillés de l’attente d’un Messie tout-puissant, les disciples le sont aussi de leur illusion de pouvoir gagner le Royaume en tant que disciples laveurs-des-pieds de Jésus.
Lavés abondamment et généreusement, ils ont en quelque sorte reçu le baptême, le signe de l’amour gratuit de Dieu qui les libère désormais de tout souci d’autojustification.
Ils sont libres pour servir !
Ils sont libérés pour multiplier le dépôt d’amour reçu, en devenant eux-mêmes des vecteurs d’amour ! Recevoir de Jésus et donner à autrui,

3. Du savoir à la compréhension : une metanoia par la pratique
Mais comment comprendre tout cela ?
"Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ?"
De toute évidence, les disciples n’ont pas encore compris les nombreuses allusions de Jésus à sa mort. La véritable compréhension, existentielle, du sens du geste de Jésus ne leur est pas encore accessible.
C’est pourquoi cette question est, pour l’instant d’ordre rhétorique pour introduire un enseignement qui leur permettra au moins de "savoir" ce que Jésus veut.
La mise en pratique de cet enseignement leur permettra de comprendre ce que Jésus veut dire. Le sens de son acte ne peut être expliqué, mais seulement éprouvé à travers des gestes concrets.
Plus encore par une posture fondamentale : celle du serviteur.
Dans notre récit il y a de nombreuses occurrences des verbes "savoir" et "comprendre".
Ce sont deux verbes différents en grec : " oidas " ( v 7 a et v 17 ) et "gnose" (v 7 b et v 12). L’un signifie un acte cognitif, l’autre plutôt une expérience qui révèle le sens de quelque chose.
Par son enseignement, les disciples savent que Jésus les veut serviteurs des autres.
Mais en prenant réellement la place de serviteurs, ils accèderont au sens véritable de ce que Jésus leur demande. Ils seront alors en communion avec lui et comprendrons son acte d’amour ultime, la mort sur la croix.
C’est par le service concret de leur prochain qu’ils seront transformés, parce qu’à travers des actes d’amour ils répandront, ils démultiplieront l’amour reçu.
Comprendre c’est vivre dans l’amour reçu, avoir ainsi part à la vie nouvelle avec Jésus crucifie et ressuscité. Voilà une manière de parler de la foi, de la communion avec Jésus Christ.
Cela veut dire que ma foi est inséparable de ma disponibilité pour l’autre, que la diaconie est partie intégrante de la vie de l’Eglise.
Elle ne peut être déléguée à d’autres.
Elle passe par le don concret de ma personne, le contact direct, dans la gratuite la plus totale.
Elle n’est pas un moyen de justifier mon existence ou celle de l’Eglise, mais lieu indispensable et prioritaire de mon témoignage. L’amour de Jésus Christ, si nous le recevons personnellement et collectivement dans notre vie et dans la communauté des croyants comme ce qui donne sens et espérance, se traduit par une communion fraternelle et le service du prochain :
"Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi." (v 15)
L’exemple est donné à tous.
Mais laver les pieds, cela signifie davantage encore que nous mettre au service les uns des autres ; comme Jésus, nous sommes appelés à nous pencher avec amour vers nos frères et nos sœurs pour les touchèrent les laver là où ils sont chargés de poussière, souillés, blessés par les cailloux du chemin et ne peuvent s’accepter eux-mêmes. Qui se sait aimé inconditionnellement est libéré pour changer de comportement et aimer à son tour.
C’est la metanoia que l’amour de Jésus rend possible.
Amen.

D’abord ils comme lui par obéissance et amour pour lui,

2. Les disciples : recevoir d’abord
En lavant les pieds de ses disciples, vêtu comme un esclave, Jésus leur demande de renoncer à l’idée d’un Messie tout-puissant. Sa nudité annonce qu’il se livrera, sans se défendre, qu’il poursuivra sans retenue et jusqu’au bout son chemin de solidarité avec les hommes, au cœur de l’adversité et la violence qui caractérisent la vie sur terre.
Pierre qui ne peut pas encore comprendre la symbolique de ce geste, réagit avec un refus violent : il ne peut pas supporter de voir son maître se comporter en serviteur de tous.
C’est compréhensible, car on ne peut rien rendre à un serviteur !
Connaissez-vous cette gêne devant un endettement non remboursable ?
Jésus ne demande pas à ses disciples de lui laver les pieds en retour !
Cela prive les disciples de toute possibilité de lui rendre ce qu’ils ont reçu de lui..
Le geste de Jésus est à sens unique et d’ailleurs, personne ne pourra le faire à sa place.
Ce qu’il fait est avant tout un cadeau à recevoir par chacun personnellement :
"Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi." répond-il à Pierre.

Dépouillés de l’attente d’un Messie tout-puissant, les disciples le sont aussi de leur illusion de pouvoir gagner le Royaume par leurs propres actions.
Se laisser laver les pieds par Jésus leur demande de laisser toucher la où ils sont nus et vulnérables, d’accepter de recevoir quelque chose de lui.
Cela demande une grande humilité que de reconnaître que je ne peux que recevoir, que je reçois tout de l’autre.
Comme le dit Jésus, c’est la condition pour avoir part avec lui, pour être en communion avec lui.
Les disciples ne comprennent pas encore que, lavés ainsi par Jésus, ils ont en quelque sorte reçu le baptême, le signe de l’amour sans condition de Dieu qui les libère désormais de toute culpabilité et de tout souci d’auto-justification.

3. Du savoir à la compréhension : une transformation à travers la pratique
"Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ?"
Mais comment comprendre tout cela ?
De toute évidence, les disciples n’ont pas encore compris les nombreuses allusions de Jésus à sa mort. La véritable compréhension, existentielle, du sens du geste de Jésus ne leur est pas encore accessible.
C’est pourquoi la question que pose Jésus est, pour l’instant, d’ordre rhétorique pour introduire un enseignement qui leur permettra au moins de "savoir" ce qu’il veut.
Dans notre récit apparaissent à plusieurs reprises les verbes "savoir" et "comprendre".
Ce sont deux verbes différents en grec : " oidas " ( v 7 a et v 17 ) et "gnose" (v 7 b et v 12). Le premier signifie un acte cognitif, le second plutôt une expérience révélatrice d’un sens.
Par son enseignement, les disciples savent que Jésus les veut serviteurs des autres comme il s’est montré serviteur d’eux tous en leur lavant les pieds.
Mais c’est seulement en servant , qu’ils accéderont au sens véritable de ce que Jésus a fait pour eux. C’est en recevant son geste à sens unique et en lui obéissant, en se faisant serviteurs des autres, que les disciples seront en communion avec lui et saisiront dans la foi l’amour sans borne, le don total que Jésus fait de lui-même sur la croix.
A travers le service pratiqué, le don de Dieu se dévoilera dans toute sa profondeur :
Dans sa première épître, Jean dit que celui qui aime connaît Dieu. (1 Jean 4, 7)
Notre véritable transformation par la grâce du don du Christ se produit dans le service.
« Comprendre « c’est vivre dans la reconnaissance de l’amour reçu en le mettant en pratique, être témoin et serviteur. C’est ainsi que nous avons part à la vie nouvelle avec Jésus crucifie et ressuscité.
Elle ne peut être déléguée à d’autres.
Elle passe par le don concret de ma personne, le contact direct, dans la gratuite la plus totale.
Elle n’est pas un moyen de justifier mon existence ou celle de l’Eglise, mais lieu indispensable et prioritaire de mon témoignage. L’amour de Jésus Christ, si nous le recevons personnellement et collectivement dans notre vie et dans la communauté des croyants comme ce qui donne sens et espérance, se traduit par une communion fraternelle et le service du prochain :
"Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi." (v 15)
L’exemple est donné à tous.
Mais laver les pieds, cela signifie davantage encore que nous mettre au service les uns des autres ; comme Jésus, nous sommes appelés à nous pencher avec amour vers nos frères et nos sœurs pour les touchèrent les laver là où ils sont chargés de poussière, souillés, blessés par les cailloux du chemin et ne peuvent s’accepter eux-mêmes. Qui se sait aimé inconditionnellement est libéré pour changer de comportement et aimer à son tour.
C’est la metanoia que l’amour de Jésus rend possible.
Amen.

Comme ma foi personnelle se concrétise et se nourrit par ma disponibilité pour l’autre, la diaconie est aussi partie intégrante de la vie de l’Eglise.
Elle ne peut être déléguée à d’autres.
Elle passe par le don concret de ma personne, le contact direct, la mobilisation de nos communautés, dans la gratuite la plus totale.
Elle n’est pas un moyen de justifier mon existence ou celle de l’Eglise, mais un lieu indispensable et prioritaire de notre témoignage. L’amour de Jésus Christ, si nous le recevons personnellement et collectivement dans notre vie et dans la communauté des croyants comme ce qui donne sens et espérance, se traduit par une communion fraternelle et le service du prochain :
"Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi." (v 15)

Mais laver les pieds, cela signifie davantage encore que nous mettre au service les uns des autres. Comme Jésus, nous sommes appelés à nous pencher avec amour vers nos frères et nos sœurs pour les toucher et les laver là où ils sont chargés de poussière, souillés, blessés par les cailloux du chemin et ne peuvent s’accepter eux-mêmes.

Cet amour est le fruit d’une transformation que l’œuvre du Christ rend possible.
Amen.

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