Jeudi 5 Mai 2016 : Ascension

Une période unique

Jésus ressuscité dans sa chair, connait les limites qui constituent nos personnes pour les poser comme sujets de dialogue et d’alliance. Certes Jésus transfigure ces limites. L’humilité de notre condition qu’il a assumée est vrai chemin de présence dans l’accueil et l’écoute, dans le don aussi du cœur et de la parole. La résurrection n’arrache pas notre humanité au temps mais elle l’introduit dans le temps de Dieu.

Une période unique

La fête de l’Ascension vient clore une période unique dans la vie du peuple de Dieu et dans la vie des hommes, ces quarante jours où Jésus ressuscité apparait à ses apôtres et à ses disciples.
Les promesses sont accomplies. Par son amour, par la puissance de sa communion avec le Père, par son attachement sans retour à notre humanité, Jésus a triomphé du péché et de la mort. Il nous a réconciliés avec le Père. Il nous a libérés de tout ce qui venait contraindre notre espérance et notre charité, tout ce qui venait comme un poison, ronger du dedans notre joie de vivre et de lui rendre gloire. Il nous a rétablis dans notre dignité de fils et de filles de Dieu.
L’évènement de l’Ascension achève le mystère. Les 40 jours jusqu’à l’Ascension se font symétriques des 40 jours du carême qui nous conduisaient à Pâques, au passage nouveau à travers les ravins de la mort. Ces 40 jours préparent un passage vers un horizon nouveau, une terre nouvelle et des cieux nouveaux. Jésus se tient maintenant auprès du Père. Le voici entré dans la demeure de Dieu avec son humanité, dans sa chair de ressuscité. Et nous contemplons le terme de notre route.
La fête de l’Ascension et son mystère nous rapprochent de la résurrection ou
rapprochent la résurrection de l’expérience que nous avons de notre propre
humanité. La résurrection est mystérieusement marquée par une rupture,
une séparation, une limité.
Jésus ressuscité n’est pas un fantôme qui vivrait dans l’abstraction des concepts
philosophiques des apôtres. À chaque rencontre, Jésus partage la nourriture qui
refait leurs forces et garde leurs cœurs dans la paix de la communion.
Jésus ressuscité dans sa chair, connait les limites qui constituent nos personnes pour les poser comme sujets de dialogue et d’alliance. Certes Jésus transfigure ces limites. L’humilité de notre condition qu’il a assumée est vrai chemin de présence dans l’accueil et l’écoute, dans le don aussi du cœur et de la parole. La résurrection
n’arrache pas notre humanité au temps mais elle l’introduit dans le temps de Dieu.
La fête de l’Ascension introduit notre humanité devant Dieu. Jésus dans son
humanité est même l’une des personnes de la trinité divine.
Cette fête de l’Ascension manifeste aussi l’unicité des évènements du salut. Jésus a détruit le péché par le don de sa volonté dans le renoncement à lui-même pour choisir Dieu. Puisque le sort des hommes dit l’épître aux Hébreux est de mourir une seule fois, l’offrande que Jésus a fait de lui-même est unique. Et cet unique don a atteint son but en une seule fois, son but de nous tenir devant la face de Dieu.
Le salut acquis pour nous par Jésus n’a rien d’approximatif. Il est définitif. Il n’a pas besoin d’être complété. Jésus est l’unique parole, la parole définitive de Dieu.
Dieu ne peut nous tenir un discours inachevé, sinon il ne se donnerait pas vraiment et nous serions encore perdus. Non. Il se donne en plénitude.
Il se donne aujourd’hui à chacun de nous. Ce don unique nous est fait à chacun
personnellement dans le mystère de notre vocation de ressembler au Christ, nous qui avons été pétris à l’image de Dieu.
« Avançons donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi »
Philippe RAST

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