Jeudi 29 mai : Jeudi de l’Ascension

Ascension

Après la résurrection qui a transfiguré la chair de Jésus pour lui donner un corps nouveau, la fête de l’Ascension transfigure la communion vécue dans la communauté des apôtres pour lui donner un corps nouveau dans l’Eglise.
Désormais ce corps-Eglise est donné aux hommes en sacrement du salut.

Voici une quarantaine de jours que Jésus ressuscitait, triomphant de la mort. Il avait fallu du temps aux apôtres et nombre de repas partagés avec le Ressuscité pour se remettre des évènements, la mort mais surtout la résurrection du Seigneur.
Ils étaient passés de la honte la plus absolue à la liberté totalement imméritée de la réconciliation. L’amour du Seigneur pulvérisait la pesanteur mortelle de leur péché. Le venin de leur trahison était vaporisé dans la braise ardente de la charité divine. Ce n’était pas leur victoire qui était leur joie. L’opprobre de leur honneur en miettes aura bien du mal à cicatriser.
Non, c’est la victoire de la résurrection qui opère en eux une sorte de transfusion. Le sang qui coule dans les veines de leur cœur est le sang de la miséricorde divine, le sang du Christ versé sur la croix. Saint Paul ne voudra connaitre au milieu des nations païennes, que la croix du Christ, pour que jaillisse la puissance de la résurrection.
Les apôtres en sont là depuis quelques temps quand arrive le matin de
l’Ascension. Il leur semble maintenant que rien ne va leur résister ou plutôt que rien ne va résister au Seigneur pour que les promesses se réalisent selon le schéma qu’ils ont inconsciemment en eux : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Ils pensent donc reprendre la route pour annoncer et instaurer le Royaume, la route avec Jésus au milieu d’eux comme aux premiers jours, comme pour le sermon sur la montagne, comme pour la multiplication des pains.
Mais Jésus serait-il vrai homme s’il restait ainsi avec ses amis dans un statut somme toute assez virtuel ?
Et Jésus serait-il vrai Dieu s’il disqualifiait lui-même la plénitude de la
médiation de son humanité salvatrice en prolongeant indéfiniment un lien privilégié qu’il avait choisi de tisser pour témoigner de la qualité et de la puissance du lien qu’il voulait tisser avec tout homme dans l’univers et dans l’histoire ? Ce lien privilégié devait s’effacer pour que murisse le Royaume jusqu’aux extrémités de la terre et que lui Jésus, vrai Dieu, soit tout à tous.
Après la résurrection qui a transfiguré la chair de Jésus pour lui donner un corps nouveau, la fête de l’Ascension transfigure la communion vécue dans la communauté des apôtres pour lui donner un corps nouveau dans l’Eglise.
Désormais ce corps-Eglise est donné aux hommes en sacrement du salut.

Ce corps-Eglise vivra dans la force de l’Esprit, l’Esprit de Pentecôte.
Il plongera les nations dans la communion du Père, du fils du Saint-Esprit.
Il rompra le pain de la parole.
Il rompra sa propre vie dans le service de la charité.
Philippe RAST

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