Homélie de Mgr PONTIER le 2 février 2016

Homélie de Mgr Pontier à la messe de 6h pour la Chandeleur 2016 à St-Victor

Homélie pour la fête de la Chandeleur

Qu’est-ce qui peut bien réjouir le vieillard Syméon et la prêtresse Anne ? Qu’est-ce qui peut bien nous rassembler, nombreux chaque année, avant que le jour ne soit levé, au Vieux-Port d’abord, puis ici à Saint-Victor ?

Qu’est-ce qui peut bien faire se lever si tôt des jeunes, des adultes, des personnalités de notre ville, des prêtres, des personnes aussi âgées que Syméon et Anne ?

Nous le savons bien : c’est le Christ, c’est Jésus de Nazareth que nous proclamons Fils de Dieu fait homme. C’est le Christ qui nous révèle Celui que personne n’a jamais vu. Ici, dans cette basilique, nous voyons, sur cette tenture le vieillard Syméon nous le présenter comme Lumière des nations. A Notre-Dame de la Garde, c’est Marie qui du sommet de la basilique le présente encore à tous ceux qui le contemplent de partout.
Et ce qui nous touche et nous éblouit est unique pour chacun de nous. Voilà que nous nous reconnaissons aimés de Dieu. « Voilà que Jésus de Nazareth nous révèle la miséricorde de Dieu. Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père », écrivait le Pape François en ouvrant le Jubilé de la Miséricorde que nous célébrons depuis un mois.
Nous ne croyons pas en un Dieu orgueilleux ou dominateur, ni en un Dieu qui n’aurait aucune compassion pour ceux qu’il a appelés à la vie. En Jésus le Christ nous sommes touchés par sa présence, sa proximité, sa fragilité, sa tendresse, son humilité. Nous sommes émerveillés par son incarnation, par sa venue dans notre histoire, en tout semblable à nous pour nous rendre semblables à lui qui est vainqueur de la mort et du péché. Pour nous en sauver, il a fait de sa vie un don, un service, une offrande, un éternel cri d’amour. Et voilà que nous autres, quand nous nous laissons éclairer par Lui, nous trouvons la lumière que donne l’amour, la force pour dépasser nos peurs, le sens du bien commun, le goût de la fraternité, l’espérance en la vie éternelle. Nous sommes libérés. « Nos pensées secrètes », comme les appelle Syméon, deviennent bonnes, confiantes et fraternelles.
Nous le voyons bien, aujourd’hui, on vit beaucoup trop dans la peur, dans le chacun pour soi, dans l’attrait de l’argent, dans la violence, dans le manque de respect pour la vie, dans la dureté pour les autres, dans le refus d’aimer tout homme comme un frère, dans l’indifférence à ce qui arrive aux autres, que ce soit tout près de nous ou dans le monde. Nous regardons les événements en fonction de notre seul intérêt. Nous manquons de miséricorde, de compassion, de tendresse, de bienveillance. Nous manquons d’humilité. Nous pensons être les maîtres du monde et pourtant ce monde, dont nous serions les maîtres, demeure si dur pour un très grand nombre.
Ce qui fait lumière et vie, c’est quand nous nous portons les uns les autres, quand nous nous engageons les uns pour les autres, quand nous faisons de nos vies, des vies pour les autres. Ce qui fait lumière et vie, c’est lorsque nous nous mettons à répondre à l’amour de Dieu, à lui faire une réelle place dans nos existences et à écouter sa Parole de vie. Ce qui fait lumière et vie, c’est lorsque nous reconnaissons sa présence plus fidèle que nos faiblesses, que nos erreurs, que nos duretés. Les grandes joies de nos vies nous viennent des moments de fraternité, de soutien, d’engagement pour les autres, de sorties de nous-mêmes et de nos ambitions. Les grands moments de nos vies sont faits des nombreuses délicatesses que nous vivons les uns pour les autres.
Chers Amis, recevons ce matin la lumière qui nous vient du Christ en cette Année de la Miséricorde. Rendons-lui grâce pour son infinie tendresse, pour sa passion amoureuse pour chacun d’entre nous. Chantons sa miséricorde.
Prenons notre part dans le salut du monde. Soyons dans notre diocèse, dans Marseille, des ouvriers de paix, de respect, de fraternité. Pleurons avec ceux qui pleurent, réjouissons-nous avec ceux qui se réjouissent, tendons des mains fraternelles, faisons-nous proches de ceux qui souffrent le plus, devenons leur prochain.
Que la Bonne Mère, que les Marseillais regardent avec confiance, nous fasse entrer plus avant dans la connaissance et l’amour de Celui qu’elle a accompagné jusqu’au bout. Qu’elle soutienne notre témoignage de baptisés, de disciples de Celui qui s’est fait tout à tous.
Béni soit-il. Amen.
+ Georges Pontier
Archevêque de Marseill

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