Dimnche 6 avril 2014 5° dimanche de Carême

St Jean nous apprend comment en la personne de Jésus, Dieu communique sa propre vie.

Chaque dimanche, nous professons en communauté la foi chrétienne. Les articles de cette profession nous enseignent, son contenu et son terme. Ils sont d’une part les relations de Dieu qui est communion trinitaire, et d’autre part, notre entrée dans cette relation : histoire du salut. Ce mystère, c’est celui de la connaissance de Dieu et de son action salvifique à travers l’histoire. Aussi est-elle celle de l’homme. Connaître, entendons le au sens de ce mouvement à travers lequel Dieu vient totalement vers l’homme et ce dernier le reçoit dans une réponse d’amour. Les textes de ce dimanche nous invitent à contempler Dieu don de la vie. C’est d’ailleurs toute l’histoire du salut qui nous apprend cette manifestation de Dieu :(théophanies). La sollicitude de Dieu pour son peuple dans une carence existentielle renvoie toujours au salut que cette sollicitude préfigure. C’est dire que Dieu, dans sa révélation refuse de tricher avec la condition humaine. La première lecture rappelle l’action créatrice de Dieu. La création est l’acte à travers lequel, Dieu appelle à l’existence ce qui n’existait pas ; d’où exister c’est répondre à cet appel de Dieu. Dieu dit et sa parole fait ce qu’il dit. L’oracle d’Ézéchiel nous rappelle des réalités dramatiques de notre existence : tombeaux, c’est-à-dire la mort dans laquelle le peuple s’est installé. Dieu annonce un temps nouveau où le peuple va reprendre vie. Aussi, Dieu ajoute que désormais, le peuple retrouvera le chemin de la fidélité comme un don. Ce texte nous fait penser aux nombreux tombeaux dans lesquels nous nous enfermons. Pensons aux cimetières de nos vies que sont nos peurs, nos angoisses, nos indifférences, nos égoïsmes, nos refus de la vérité qui nous coupent de nos frères mais aussi notre orgueil qui nous coupe de Dieu.
L’esprit de Dieu est plus fort que les germes de mort que nous nous acharnons à faire pousser dans les jardins de nos vies. N’hésitons pas à oser faire appel à lui.
St Jean nous apprend comment en la personne de Jésus, Dieu communique sa propre vie. Dieu n’est pas insensible à la souffrance de sa créature. Jésus connait bien la famille de Marthe, Marie et Lazare, c’est une fratrie dont la maison l’accueillait souvent. Lazare malade, laisse ses sœurs en informer à Jésus. Marthe est la maitresse de la maison de Béthanie. Par deux fois elle a fait des reproches à Jésus : la laisser faire seule le travail sans rien dire à Marie et de ne pas être venu guérir son frère malade. Marie, est sans doute très admirative de la parole de Jésus, une fille très sensible. C’est elle qui répandait un parfum précieux sur les pieds de Jésus. Geste que Jésus appréciait comme annonce de sa passion. Et Jésus, qui ayant appris la triste nouvelle se rend dans la famille endeuillée. Il ne vient pas en surhomme. Jean ne nous cache les sentiments humains de Dieu-homme : « Jésus pleura » (Jn 11,33).
Ce passage nous rappelle des souvenirs des fois assez douloureux, et des épreuves connues. Pensons à toutes ces personnes qui ont un jour pleuré la souffrance sous toute sa forme et continuent d’en pleurer et offrons à Dieu ces cris de désespoir comme Jésus car Là où l’homme pleure, là aussi Dieu est présent. Oui, le retour à la vie pour Lazare signifie ce déliement de ce qui fait pleurer Dieu. Jésus pleure son ami enchainé par la mort. Jésus pleure lorsque nous sommes sous l’emprise de la mort et du péché (cf la 2ème Lecture). Jésus relève Lazare pour la vie, mais aussi il ouvre Marie , Marthe et les amis venus compatir à leur douleur, à l’espérance de la résurrection. On peut dire que la résurrection de Lazare ne vise pas que lui seul. Dieu s’y est manifesté vrai Dieu et vrai homme. Les hommes se trouvent déliés et prennent la route de l’espérance. Avec Jésus unissons-nous à la prière pleine d’espérance qu’il fait monter vers son Père. Écoutons Jésus nous inviter « viens dehors », laissons le nous délier de nos morts. Notre monde, notre société et nos familles ont besoins d’être déliés de structures de péchés par la foi en Jésus. Demandons cette grâce de la résurrection particulièrement en ce dimanche afin participer à la Pâque comme à notre propre résurrection.
Père Yves Allangomi

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