Dimanche 9 aout 2015 : Cassien Conférence 4 : allégresse et angoisse

Allégresse et angoisse
D’où vient la stérilité de l’esprit ?

Comment quelquefois, dans nos cellules, nous ressentons une telle ferveur, une si grande joie intérieure et des lumières si abondantes,
D’autres fois, au contraire, nous nous sentons tout à coup, sans aucun motif, remplis de tristesse et accablés d’angoisses,
La sécheresse que Dieu permet pour nous éprouver a deux causes.
La première est que Dieu se retire pour un peu de temps, afin que nous reconnaissions humblement notre faiblesse
ce n’était pas à nous-mêmes que nous devions la joie de notre cœur, mais bien à sa seule bonté et qu’il faut encore la solliciter de sa grâce et de sa miséricorde.
La seconde cause est que Dieu veut éprouver notre persévérance et la force de nos désirs.
qu’après avoir retrouvé avec tant de peine la joie spirituelle que nous avions perdue, nous nous appliquions ensuite à la conserver avec plus de soin et d’amour.

2. Nous demandâmes au bienheureux abbé Daniel :
Comment quelquefois, dans nos cellules, nous ressentons une telle ferveur, une si grande joie intérieure et des lumières si abondantes, que non-seulement la parole ne peut l’exprimer, mais encore l’intelligence p suffire. Notre oraison est pure et ardente, et notre âme est tellement comblée de grâces spirituelles, que nos prières victorieuses semblent atteindre Dieu pendant notre sommeil même.
D’autres fois, au contraire, nous nous sentons tout à coup, sans aucun motif, remplis de tristesse et accablés d’angoisses, au point que non-seulement nous tombons dans la sécheresse, mais que notre cellule nous fait horreur. La lecture nous ennuie ; nous divaguons et nous nous égarons dans la prière comme des hommes ivres, et, malgré nos gémissements et nos efforts, nous ne pouvons ramener notre esprit à son état ordinaire. Plus nous voulons l’appliquer à Dieu, plus il s’emporte dans de folles distractions. Il devient incapable de porter aucun fruit spirituel, et ni le désir du ciel, ni la crainte de l’enfer ne peuvent le retirer de sa léthargie.
3. L’abbé Daniel répondit : Nos pères nous ont donné trois raisons de cette sécheresse de l’âme dont vous parlez.
Elle vient ou de notre négligence, ou des attaques du démon, ou de la volonté de Dieu qui nous éprouve.

  • Elle vient de notre négligence lorsque nous nous laissons aller par notre faute à la tiédeur, et que notre paresse et notre négligence nous donnent des pensées mauvaises, et font produire des ronces et des épines à la terre de notre cœur, tellement que nous devenons stériles et incapables de produire des fruits spirituels et de nous appliquer à la contemplation.
  • Elle vient des attaques du démon lorsque, malgré nos efforts vers le bien, cet esprit de malice se glisse dans notre âme et nous distrait, à notre insu, de nos meilleures résolutions.

4. La sécheresse que Dieu permet pour nous éprouver a deux causes.

La première est que Dieu se retire pour un peu de temps, afin que nous reconnaissions humblement notre faiblesse et que nous ne nous enorgueillissions jamais de la pureté de cœur et des grâces que sa présence nous donnait. En nous éprouvant par cet abandon, il veut nous faire comprendre que nos gémissements et nos efforts ne peuvent nous rendre notre état de paix et de pureté et que ce n’était pas à nous-mêmes que nous devions la joie de notre cœur, mais bien à sa seule bonté et qu’il faut encore la solliciter de sa grâce et de sa miséricorde.

La seconde cause est que Dieu veut éprouver notre persévérance et la force de nos désirs. Il veut nous montrer avec quelle ferveur et quelles ardentes prières il faut rappeler l’Esprit-Saint qui s’est caché de nous, afin qu’après avoir retrouvé avec tant de peine la joie spirituelle que nous avions perdue, nous nous appliquions ensuite à la conserver avec plus de soin et d’amour, car on garde avec négligence ce que l’on croit facilement recouvrer.

5. Ceci prouve clairement que c’est la grâce et la miséricorde de Dieu qui opèrent toujours le bien qui est en nous. Dès qu’il nous abandonne, nos efforts deviennent inutiles ; l’âme ne peut jamais, sans son secours, recouvrer son premier état ; et cette parole s’accomplit en nous : « Cela ne dépend pas de l’homme qui veut ou qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. » (Rom. , IV, 16.)
La grâce aussi ne dédaigne pas de visiter quelquefois les tièdes et les négligents, et de répandre dans leurs âmes ces inspirations et cette abondance de saintes pensées dont vous parlez. Elle assiste les indigents et réveille ceux qui dorment ; elle éclaire ceux que l’ignorance aveugle ; elle nous reprend et nous corrige avec bonté ; elle remplit nos cœurs, afin de nous retirer, par le repentir, de notre langueur et de notre engourdissement. Souvent même, quand elle nous visite, ses parfums surpassent tellement ceux de la terre, que l’âme en est enivrée et ravie ; elle oublie qu’elle est captive dans son corps.

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