Dimanche 9 Novembre 2014

Dédicace de la basilique du Latran.

Ils gardent sa parole, Il demeure en eux et eux en Lui comme le Père demeure en Lui Jésus et Lui dans le Père. La réalité est là, incontestable. La parole de Dieu est sans retour. Elle est définitive. Cette réalité traverse la mort et la résurrection de Jésus. Le temple sera rebâti en trois jours :
L’Eglise nait dans la résurrection de Jésus, de son côté ouvert d’où jaillissent des torrents de grâce plus puissants que ceux qui jadis jaillissaient du temple.

Dédicace de la basilique du Latran.


Erigée en 320, cathédrale du Pape,
la basilique du Latran est la première en date et en dignité de toutes les églises d’occident.
Nous fêtons ainsi notre Eglise dans son unité et nos églises locales dans leur communion. Unité et communion forment bien le cœur du mystère de notre Eglise puisque le nom même d’église évoque une assemblée qui a été convoquée. Elle reçoit donc son être de celui qui la convoque, de l’espérance et du projet qu’il forme pour elle. Sa vocation est de mettre les hommes en présence, en présence les uns des autres et en présence de Dieu, source de toute vie. Le projet est ancien.
L’histoire de l’alliance est l’histoire d’un Dieu qui recherche l’homme, qui entend sa plainte quand il est perdu et qui vient le visiter, marcher auprès de lui pour le libérer. C’est Lui, Dieu, qui va bâtir une demeure pour le roi qu’il a choisi comme messie. Cette demeure sera la maison de David ; elle tiendra par la fidélité de Dieu. Ce n’est qu’ensuite que les hommes élèveront au Seigneur une demeure où sa gloire viendra reposer comme elle reposait sur la tente de la rencontre. Ils pourront l’invoquer, et Lui le Seigneur Dieu sera à l’écoute, comme toujours. Mais les hommes invoquent-ils le Seigneur en vérité quand ils n’ont que faire de sa réponse, de sa justice et de sa parole, de l’absolu de sa sainteté et de sa bienveillance inconditionnelle pour le plus fragile ? Dieu se révèle un Dieu jaloux que les arrangements et les petites compromissions font exploser d’indignation.
Les disciples médusés assistent à l’une de ces explosions. Jésus s’attaque à l’autorité du temple, à la tradition de l’alliance, aux us et coutumes qui ont tout ramené à des proportions humaines et qui ont ainsi trahi. Dieu est bafoué. Jésus est bafoué. En lui Jésus Fils de Dieu, Dieu est attaqué, atteint dans son projet d’alliance et de vie pour les hommes. La proclamation du Royaume, accomplissement des promesses de Dieu est méconnue, elle ne rencontre que méfiance et mépris de la part des autorités qui agissent plus en « gardiens du temple » qu’en témoins de la promesse.
Mais déjà le Royaume brille comme un jour nouveau pour ceux qui ont accueilli la Parole, le Verbe, le Fils, qui ont cru en Lui, l’ont reconnu quand le monde le rejetait et ont reçu de Lui les paroles de la vie éternelle. Dans cette lumière du Royaume Jésus regarde la communauté des disciples, ses frères et ses amis, comme la demeure de Dieu au milieu des hommes. Ils gardent sa parole, Il demeure en eux et eux en Lui comme le Père demeure en Lui Jésus et Lui dans le Père. La réalité est là, incontestable. La parole de Dieu est sans retour. Elle est définitive. Cette réalité
traverse la mort et la résurrection de Jésus. Le temple sera rebâti en trois jours : c’est le signe que Jésus donne aux autorités.
La communauté des disciples, leur communion meurent, dispersées loin de la croix de Jésus qu’ils ont fuie. L’Eglise nait dans la résurrection de Jésus, de son côté
ouvert d’où jaillissent des torrents de grâce plus puissants que ceux qui jadis
jaillissaient du temple. Dans cette fête de la dédicace du Latran nous célébrons la merveilleuse dignité de notre Eglise, sa sainteté de naissance dans la communion des apôtres, communion ressuscitée par le Christ Jésus. Dans la profession de foi nous la proclamons « apostolique » : Dieu est fidèle et renouvelle le don fait aux apôtres.
Que cette fête nous garde, humbles et fidèles serviteurs, dans la fierté pour la grâce, la joie et l’ambition de Dieu pour notre Eglise : elle est le corps du Christ ressuscité.
Philippe RAST

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