Dimanche 8 mai 2016 : 7° Dimanche de Pâques

Jésus prie

Nous rendons grâce car nous sommes l’objet du dialogue qui unit Jésus au Père, nous sommes au centre de la communion qui est la vie de Dieu. La prière de Jésus nous plonge dans cette communion pour donner toute sa vérité à notre baptême et tout simplement à notre vie.
Le sens de notre vie vient à nous comme une offrande, comme un appel, comme un défi, comme un émerveillement et comme une grâce. Notre vie ne produit pas un sens à sa mesure mais le sens qui surgit, au contraire, la dilate pour lui donner sa vraie dimension.

Jésus prie

Au terme de son dernier repas Jésus prie pour ses apôtres, ses disciples et nous-mêmes aujourd’hui.
Les apôtres ont longuement gouté la parole de Jésus. Ils la gardent dans leur cœur. Jésus et le Père viendront faire en eux leur demeure.
Les apôtres ont été témoins de la tendresse de Dieu pour tout homme et pour eux en particulier. Ils ont été chargés d’en porter la flamme vivante. Jésus leur a lavé les pieds et leur a demandé de faire de même les uns pour les autres.
Au terme, quand Jésus s’est donné pleinement dans sa parole, quand il a donné le
sacrement de l’Alliance nouvelle, Jésus prie et les plonge dans le mystère que sa présence a révélé et dans lequel le baptême nous immerge.
Nous sommes émus et nous rendons grâce car nous sommes l’objet du dialogue qui unit Jésus au Père, nous sommes au centre de la communion qui est la vie de Dieu. La prière de Jésus nous plonge dans cette communion pour donner toute sa vérité à notre baptême et tout simplement à notre vie.
Nous sommes en effet des êtres de communion avant même notre premier souffle, avant même de venir au jour. Nous ne sommes pas les auteurs de notre existence, nous la recevons de la communion qui a uni nous parents et de leur attention toute de tendresse et de fidélité. D’eux nous recevons langue, culture, honneur et joie de vivre.

Notre vie connait la plénitude de la joie dans la joie d’aimer. Nous ne savons jamais trop comment. Nous sommes toujours tout neufs pour entrer dans cette grande affaire qui donnera toute sa fécondité à notre vie.
Nous ne nous appartenons pas nous-mêmes, mais à ceux qui ont cru en nous, nous ont espéré et attendu et aussi, d’un autre côté à ceux que nous espérons, désirons et en qui nous mettons toute notre confiance pour leur remettre ce que nous connaissons et vivons de plus beau. Nous ne nous appartenons pas nous-mêmes et le centre de gravité de notre existence n’est pas en nous-mêmes. Il tient son équilibre et reçoit tout son poids des êtres que notre parole fait venir à l’existence et de ceux dont l’attention élargit autour de nous l’espace où respirer et vivre.
En résumé nous sommes des êtres de communion. Le reconnaître exige de nous une belle et joyeuse humilité. Nous ne sommes pas la mesure du monde et le désir de tout maitriser nous enfermerait dans une illusion mortelle. Vivre cette humilité parait bien rude à l’honneur de l’homme moderne dans sa liberté de pensée.
Pourtant quelle merveille. Nous ne construisons pas le sens de notre vie dans une
solitude superbe. Le sens de notre vie vient à nous comme une offrande, comme un
appel, comme un défi, comme un émerveillement et comme une grâce. Notre vie ne produit pas un sens à sa mesure mais le sens qui surgit, au contraire, la dilate pour lui donner sa vraie dimension.
La foi biblique proclame cette évidence si lumineuse dans le récit de la création : Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance. La prière de Jésus demande au Père de confirmer et de fortifier cette ressemblance : « Que tous soient UN, comme toi, Père tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient un comme nous sommes UN » 
La prière de Jésus révèle où s’enracine notre vie : dans la communion divine du Père et du Fils. Alors nous choisissons cette communion. La foi est bien de choisir la
dépendance qui paradoxalement nous libère et nous grandit.
Notre vie puise des ressources d’inspiration intarissable dans la réponse, la réplique à donner à la présence de nos frères en humanité. Quelle fécondité le cœur de Dieu fait-il jaillir en nos vies, tout simplement par son attente qui nous comble d’honneur.
« Que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi je sois en eux. »
Philippe RAST

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