Dimanche 8 Novembre 2015 : 32° dimanche

L’existence de deux veuves est précieuse au cœur de Dieu. La nôtre aussi. Dieu nous rejoint dans les épreuves qui défont nos vies. Nous le rencontrons quand nous lui présentons ce qui tisse réellement nos cœurs.
Les deux veuves nous disent que notre vie avec Dieu commence réellement quand nous n’avons plus peur de notre fragilité et que nous la remettons entre ses mains.
Jésus dans sa personne est Bonne Nouvelle pour nous. Gardons dans notre cœur
la méditation de l’épître aux Hébreux. Jésus se tient pour nous devant la face de Dieu, auprès de Lui, sous son regard. C’est notre place.
Jésus se fait notre témoin, notre avocat. Il se charge de notre présence auprès de Dieu. Il se charge donc aussi de notre fragilité.

La vérité de notre vie est désormais offrande confiante de notre fragilité à la vérité de l’amour de Dieu.

Notre vie est voulue par Dieu. C’est la joie de notre foi en l’acte créateur de Dieu.
Notre vie est attendue par Dieu. C’est la joie de notre foi en la promesse et en la fidélité de Dieu. Il ne cesse de tisser les liens de l’Alliance. Notre vie est en Dieu.
C’est la joie de notre foi en l’accomplissent de la promesse. Jésus est ressuscité.

Pourtant quotidiennement nous faisons l’expérience de notre fragilité et de note précarité. Nos forces s’épuisent avec l’âge, la maladie, et ces déchirures qui nous isolent dans une solitude que nous n’avons pas choisie. Nous voici aussi ballotés par les incohérences de notre liberté et par l’absurdité des évènements qui secouent nos sociétés.

Mais Dieu ne détourne pas son regard, tout particulièrement de ceux qui sont les plus
exposés. Ces deux veuves sont chères à Dieu. Leurs existences à toutes deux sont
menacées. Elles n’ont pas choisi leur veuvage. La veuve de Sarepta affronte une sécheresse qu’elle ne l’a pas voulue. Cette sécheresse est liée à l’infidélité du peuple de Dieu. Elie vient à sa rencontre. Dieu est excédé par les incohérences de son peuple qui croit pouvoir se suffire à lui-même, choisit son sens du sacré et de la vie et pour finir se fait des idoles. Dieu est excédé mais il ne peut détacher son cœur des plus humbles dont la vie est dans sa main. Jésus le fait remarquer quand il voit une autre veuve monter au temple pour y déposer son offrande. Elle met dans le tronc « tout ce qu’elle possède, tout ce qu’elle a pour vivre »

L’existence de ces deux veuves est précieuse au cœur de Dieu. La nôtre aussi. Dieu nous rejoint dans les épreuves qui défont nos vies. Nous le rencontrons quand nous lui présentons ce qui tisse réellement nos cœurs.

Mais voici une chose étrange. Ce qui tisse vraiment notre vie nous demeure caché par une multitude d’écrans que nous avons laissés s’installer autour de nous. Ils sont faits d’attachements peu raisonnés, de priorités qui s’imposent de force à nous, de rôles qui finissent par nous définir plus fortement que nous-mêmes. Les prophètes appellent idoles tous ces écrans qui nous emprisonnent dans l’illusion. Jésus pointe bien le mensonge d’une vie religieuse qui n’engage rien de sa vérité et de sa réalité pour ne tourner vers Dieu que l’accessoire, l’indifférent, le superficiel, l’inutile. L’Evangile nous est donné pour nous libérer des craintes qui nous empêchent de nous tenir devant Dieu pour nous confier à lui.
Les deux veuves nous disent que notre vie avec Dieu commence réellement quand nous n’avons plus peur de notre fragilité et que nous la remettons entre ses mains.

Jésus dans sa personne est Bonne Nouvelle pour nous. Gardons dans notre cœur
la méditation de l’épître aux Hébreux.
Jésus se tient pour nous devant la face de Dieu, auprès de Lui, sous son regard. C’est notre place. Si pour le moment nous ne pouvons nous y tenir parce que nous sommes trop encombrés de nous-mêmes, Lui Jésus se fait notre témoin, notre avocat. Il se charge de notre présence auprès de Dieu. Il se charge donc aussi de notre fragilité. Le signe de cette médiation et de sa puissance est justement la fragilité humaine, notre fragilité, dont Jésus s’est revêtu.
Les hommes ont une seule vie. Les hommes meurent une seule fois. Jésus meurt une seule fois dans une communion indéfectible à Dieu et à notre humanité.
Au-delà de leur mort se révèle le poids de vérité de la vie des hommes. C’est le jugement. Au-delà de sa mort la vérité de la vie de Jésus est victoire sur le péché et sur la mort, victoire de l’amour et de la vie.

La vérité de notre vie est désormais offrande confiante de notre fragilité à la vérité de l’amour de Dieu.

Philippe RAST

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