Dimanche 7 Septembre 2014

Quand deux ou trois sont réunis en mon nom
Nous ne pouvons entrer dans le Royaume tout seuls, de notre propre initiative, de notre propre force morale ou spirituelle. Seul un frère qui se tient auprès de nous en pensant avec nous au nom du Seigneur, nous ouvre la porte de la vie.

Commencer une nouvelle année pastorale
« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »
Nous commençons chaque prière par le signe de la croix rythmé par l’invocation du nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Quand nous commençons ainsi une
prière avec un de nos frères baptisé comme nous, en famille, au début ou à la fin d’une rencontre ou encore à la messe, le Seigneur nous fait une grâce immense :
il se tient au milieu de nous.
Ah ! Si nous pouvions ne jamais nous habituer à cette grâce, pour la recevoir
chaque fois toujours nouvelle, dans toute sa puissance.

Le Seigneur se tient au milieu de nous. Nous voici donc auprès de lui. Le projet de Dieu se réalise et nous vivons vraiment notre vocation humaine. Le Royaume de Dieu est déjà là et il est en croissance. Les paraboles de cet été nous ont rendus
attentifs. C’est invisible mais absolument certain. Ne nous laissons pas aller à des jugements hâtifs, mais mobilisons toutes nos énergies : ce trésor fait pâlir toutes les perles les plus fines de notre sagesse humaine. Le plus raisonnable est de nous en défaire pour saisir l’occasion qui ne se représentera pas. Comment donc la saisir ?

Premier point. Le Seigneur se tient au milieu de nous. Il prend l’initiative. Il se
donne lui-même. De notre côté donc, lui faire de la place. Pour nous rendre
disponibles, nous défaire de nous-mêmes, de nos réflexes, préjugés, souvenirs, craintes, joies, hésitations ou certitudes. Le Seigneur fait du neuf.

Deuxième point. Le Seigneur fait du neuf avec nos frères. La communion qui nous attache à eux crée l’espace où le Seigneur peut se tenir. Le lien à nos frères ouvre les portes du Royaume. Pour entrer dans le Royaume nous avons besoin d’eux.
Ce mystère nous place au cœur du grand évènement de notre salut. Au cours de la dernière cène, Jésus lave les pieds de ses disciples. Pierre se récrie, Jésus lui répond : « Si je ne te lave pas tu ne pourras avoir part avec moi. » puis Jésus conclut : « Ce que j’ai fait pour vous, faites le vous aussi. » Pierre et les disciples déjà étaient purs car ils avaient écouté l’Evangile. Mais pour entrer dans le Royaume il fallait le geste de Jésus et ce geste, Jésus l’a remis entre nos mains. Nous ne pouvons entrer dans le Royaume tout seuls, de notre propre initiative, de notre propre force morale ou spirituelle. Non, mais c’est un frère qui se tient auprès de nous en pensant avec nous au nom du Seigneur, qui nous ouvre ainsi la porte de la vie.
On comprend qu’on puisse aimer son prochain. C’est lui qui nous réveille de notre mort pour nous faire entrer dans la vie.

Troisième point. Aimer son prochain c’est faire de lui ce proche qui nous place et que nous plaçons dans la lumière du Seigneur. C’est donc vivre avec lui cette
opération de vérité que seuls l’amour et la charité peuvent opérer et qui nous plonge ensemble dans notre vocation de fils et de filles de Dieu.

Vérité en Dieu notre Père par Jésus en Fils, accueil du prochain qui nous sauve, disponibilité à la présence du Seigneur, joie baptismale.
Bonne rentrée. Bonne année.
Philippe RAST

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