Dimanche 7 Décembre 2014

Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ;
lui vous baptisera dans l’Esprit Saint


Plonger dans l’eau, purifier notre espace et notre temps ! Sont-ils si occupés ?
Pourraient-ils s’ouvrir à la disponibilité, la disponibilité à l’autre ? à Dieu ?
Plonger dans l’eau, purifier nos relations ! Pour les apaiser ! Désarmer la violence en nous pour vaincre la peur de l’autre !
Plonger dans l’eau, purifier notre regard ! Dans l’humilité la plus extrême, la gloire de Dieu va déchirer notre nuit. La consolation de Dieu nous ouvre son cœur. Les bras de l’enfant de la crèche se tendent vers nous.

Consolez mon peuple. Préparez le chemin du Seigneur. Montez sur la
hauteur, porteurs de la Bonne Nouvelle. Proclamez à pleine voix : « Le Seigneur vient ! »Les évènements s’accélèrent, se télescopent. La gloire du Seigneur se révèle.
Quel beau mystère ! Comment l’homme a-t-il une expérience de cette présence de Dieu pour pouvoir l’annoncer avec force et autorité et comment, pour pouvoir être entendu, partage-t-il cette expérience avec un nombre assez significatif de ses frères en humanité ? Quels sens, physiques ou spirituels, lui permettent-ils de saisir et
d’être saisi par la gloire de Dieu qui approche ?
Le prophète Isaïe mobilise les énergies : « Préparez le chemin du Seigneur. Tracez droit dans les terres arides ! » Mais très vite l’injonction, en tournant à la forme
passive, fait toute la place à l’implication de Dieu : « Que tout ravin soit comblé. » Dieu est à l’œuvre. Il pétrit la terre, il façonne l’humanité, il modèle l’univers.
Son intervention s’éprouve donc au cœur de notre monde, notre monde physique et notre monde relationnel, tout en même temps que le monde immense et mystérieux que nous portons en nous-mêmes et que nous sommes nous-mêmes.
L’homme éprouve donc Dieu dans sa chair, dans sa vie, dans la fragilité et la
précarité de son existence, dans les moments cruciaux où le passage se fait plus étroit, dans les épreuves critiques où il se sent anéanti. L’intervention de Dieu se comprend comme consolation, libération, réconciliation. Ce qui était disloqué
retrouve dans l’amour l’unité pour aimer.
Dieu sait découvrir dans le cœur de l’homme et dans son univers, une terre
nouvelle, une terre vierge qui va porter de beaux fruits de justice, de paix et de vie. Dieu prépare cette terre. Et l’homme ainsi travaillé par Dieu, comprend que c’est bien le Seigneur qui est à l’œuvre.
Dieu console, libère, guérit, apaise, réconcilie pour que l’homme puisse aimer. Dieu aime le premier. Mais pour aimer l’homme est bien seul face à lui-même au moment de donner son cœur et sa vie. Alors Dieu patiente.
Alors l’homme pressé vit la frustration. Les évènements qui devaient se télescoper, se sont englués dans l’immobilité. Cette frustration l’aveugle. C’est lui, l’homme pressé, qui est figé, immobile, pétrifié, incapable de donner, et de se donner.
Dieu patiente mais il faut un choc pour réveiller l’humain du sommeil des siècles.
La voix du Baptiste retentit dans le désert. Il baptise dans l’eau pour annoncer Celui qui vient et qui baptisera dans l’Esprit Saint.
Le temps de l’Avent est le temps de ce choc, de ce désir, de cette tension d’un amour qui se risque mais qui ne pourra trouver sa vérité qu’en étant saisi par Dieu.

Plonger dans l’eau, purifier notre espace et notre temps ! Sont-ils si occupés ?
Pourraient-ils s’ouvrir à la disponibilité, la disponibilité à l’autre ? à Dieu ?
Plonger dans l’eau, purifier nos relations ! Pour les apaiser ! Désarmer la violence en nous pour vaincre la peur de l’autre !
Plonger dans l’eau, purifier notre regard ! Dans l’humilité la plus extrême, la gloire de Dieu va déchirer notre nuit. La consolation de Dieu nous ouvre son cœur. Les bras de l’enfant de la crèche se tendent vers nous.
Philippe RAST

Haut de page