Dimanche 5 juillet 2015 : Cassien Conférence 1 : La pureté du coeur

Cassien Conférence 1

Sur la pureté du cœur, charité dont l’Apôtre décrit les effets
Pour jalonner l’été, voici un parcours dans les Conférences de Cassien
Le premier grand thème est celui de la pureté du cœur

« Quand je distribuerais tous mes biens aux pauvres, et que je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me servirait de rien. » (I Cor., XIII, 3.)
Ce qui prouve clairement qu’on n’atteint pas la perfection en se dépouillant de tout et en méprisant les honneurs, mais en possédant cette charité dont l’Apôtre décrit les effets, et qui consiste dans la seule pureté du cœur.
Car ne pas être envieux, superbe, violent, téméraire, ne pas rechercher ses intérêts, ne pas se réjouir de l’injustice et ne pas juger mal les autres, n’est-ce pas offrir sans cesse à Dieu un cœur très-pur, et le préserver de tout ce qui peut le troubler ?
7. C’est vers la pureté de cœur doivent tendre toutes nos actions et tous nos désirs ; c’est pour cela que nous devons supporter la solitude, les jeûnes, les veilles, les travaux, les privations et les longues études, et que nous devons nous exercer à toutes les vertus.
Les vertus sont des moyens de préserver notre cœur de toutes les passions, de le conserver pur et d’arriver par degrés au comble de la perfection.
Lorsque des occupations utiles et nécessaires nous dérangent de nos exercices et nous empêchent de pratiquer notre règle, il ne faut pas tomber dans la tristesse, l’impatience et la colère, puisque ce que nous devions faire n’était que pour combattre ces défauts.
On perd plus par un mouvement de colère qu’on ne gagne par un jeûne, et l’étude est bien moins utile que n’est nuisible le mépris du prochain.
Les jeûnes, les veilles, la solitude, la méditation des Écritures doivent avoir pour but la pureté du cœur, qui est la charité,
} et il ne faut pas, pour ces choses, blesser la vertu la plus importante. Tant qu’elle ne sera pas altérée et violée en nous, nous ne perdrons rien, si nous sommes obligés de négliger quelques-uns des moyens que nous avons pour l’obtenir. A quoi nous servirait, au contraire, de les employer, si nous perdons ce qui doit être le but de tous nos efforts ?
Lorsqu’un homme se procure les instruments de son art, il ne s’imagine pas que leur simple possession suffira pour le faire réussir, et il sait bien que ce sont seulement des moyens pour aider son adresse et pour exceller dans son art.
De même dans notre état, les jeûnes, les veilles, la méditation des Écritures, la pauvreté, la privation de toutes choses, ne sont pas la perfection, mais les instruments de la perfection ; la fin de notre profession, mais les moyens d’y parvenir.
Celui qui verrait dans ses exercices le souverain bien, et y bornerait ses efforts, serait dans l’erreur ; il posséderait les instruments de sa profession ; mais il n’en connaîtrait pas la fin véritable, qui seule mérite la récompense.
Ainsi tout ce qui peut troubler la paix et la pureté de notre âme doit être évité, quelque utile et nécessaire qu’il nous paraisse. C’est la règle sûre pour éviter toute erreur et ne pas nous écarter de la ligne droite que nous devons suivre pour arriver au terme de nos vœux.

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