Dimanche 5 janvier 2014 EPIPHANIE

Épiphanie.
« Nul ne vient à moi si le Père ne l’attire ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. »
Etre totalement désarmé pour remporter la victoire de la vie.

Épiphanie. La lumière du Seigneur rayonne jusqu’aux extrémités de la terre.
D’abord elle brille dans la nuit pour les hommes simples, pour les bergers qui vivent à l’écart, à la marge. Elle atteint au loin des savants, des hommes de grande culture venus d’horizons inconnus.
Dieu prend notre humanité. Il veut demeurer au milieu de nous. Il veut assumer l’histoire de son peuple, nous l’avons célébré pour la Sainte Famille. Sa présence est une joie qui met en route des hommes venus en témoins de tous les peuples de la terre. Dieu veut porter l’histoire de toute notre humanité. Nous contemplons le mystère.
La lumière du Seigneur met en route. Et les pas des hommes convergent alors vers Jésus. Cette lumière déchire la nuit des bergers. Elle traverse l’espace, les cultures, les coutumes et les langages des mages. Nous comprenons que cette lumière vient d’abord briller au cœur de l’homme, au cœur de tout homme. Elle comble de joie les cœurs ouverts, les cœurs en attente qui pressentent en eux un appel, une vocation et qui devinent qu’ils sont faits pour une vie que rien ne peut détruire, une vie vraie qui demeure, vie qui rayonne la gloire de Dieu, dans un amour définitif.
Alors ces cœurs se mettent en route à la rencontre de l’humanité de Jésus.
Le phénomène sera constant. L’évangéliste Saint Jean ne cessera de le noter. Il se souvient tout particulièrement des mots de Jésus dans le discours sur le pain de vie : « Nul ne vient à moi si le Père ne l’attire ; et moi je le ressusciterai au dernier jour. »
Entrer dans la vie, c’est entrer dans la communion avec Dieu, vivre la communion avec l’humanité du Christ. Le mystère de l’Évangile brille dans cette fête de l’Épiphanie et nous appelle à faire le point sur notre vie de baptisés : vers où vont nos pas ? Vers qui penchent nos cœurs ? Vers le Christ, vers l’humanité de Jésus ? Alors entrons dans la joie, dans la lumière de la charité, dans la vérité qui rend libre.
Cette fête de l’Épiphanie nous donne aussi l’exemple d’un beau cheminement. Ces hommes venus de très loin traversent un monde enlisé dans ses troubles, ses craintes, ses violences, ses drames et ses aveuglements. Les mages savent bien que s’ils viennent célébrer la naissance d’un prince de sang royal, ils vont rencontrer une famille et un peuple en attente ou dans la joie de l’évènement. Ils sont accueillis en réalité par une population qui vaque à ses occupations sans penser à quoi que ce soit si ce n’est à l’écoulement uniforme et désolant du temps qui englue tout dans l’insignifiant. Leur arrivée déclenche la rumeur puis l’inquiétude. Les autorités sont obligées de consulter les textes fondateurs, les écritures, les prophètes. L’inquiétude l’emporte. Ce fils n’est pas le bienvenu. Il n’est pas attendu. Il va tout remettre en cause. Les mages, attentifs aux signes, ne doivent pas être dupes des paroles perfides d’Hérode. Mais ils doivent se dire qu’ils n’ont pas encore rencontré la famille royale du Fils de Dieu. Pourtant ils ne se découragent pas, ils repartent. La joie est au rendez-vous. De nouveau l’étoile les accompagne. La famille de Dieu c’est eux, ce sont tous les peuples de la terre.
Ils entrent dans la foi et dans l’adoration. Si Dieu doit régner sur la terre, c’est par l’humanité de Jésus dans toute son humilité et dans sa fragilité même. Le règne de Dieu est justice, paix et joie. Il emporte les cœurs dans la liberté d’aimer, dans le paradoxe d’être totalement désarmé pour remporter la victoire de la vie.
Les coffres sont ouverts : l’or du pouvoir à un petit enfant dans une crèche, l’encens pour la divinité à un petit d’homme dans ses langes, la myrrhe pour le voyage
éternel à ce premier-né, le premier-né d’entre les morts. Philippe RAST

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