Dimanche 4 mai 2014 3° Dimanche de Pâques

Le souffle nous manque pour prononcer la parole qui apaise, libère ou guérit, la parole qui conforte et réconforte dans la foi. Imperceptible, le souffle de l’Esprit vient respirer en nous pour donner notre OUI à la vie, notre OUI à la résurrection.

Première communion de l’Eglise

Au matin de Pâques l’ange envoyait les femmes porter la nouvelle aux apôtres et aux disciples : « Il n’est pas ici. Il est ressuscité. Il vous précède en Galilée. »
Le Seigneur donnait rendez-vous à ses amis sur les chemins de la vie.
Qu’ils partent à sa rencontre. Lui, le Vivant, se tient là où la vie s’éveille et se tisse.

Mais au soir de ce troisième jour après sa mort, le Seigneur manifeste toute sa
miséricorde, sa tendresse et sa compassion. Les apôtres ont bien du mal à recevoir le témoignage des saintes femmes. Ils vont au tombeau. Mais leurs cœurs peinent à s’arracher à la nuit. Et en dehors du cercle des apôtres, parmi les disciples, la nouvelle suscite encore plus de perplexité. La prudence l’emporte et sournoisement refuse de choisir l’espérance ; elle préfère se soumettre à la réalité. Alors, tout à l’inverse, au lieu de partir à la rencontre de la vie, les disciples s’éloignent. Et le Seigneur, qui ne peut les précéder dans cette direction, tout au contraire, les rejoint. C’est bien lui, le Seigneur. C’est bien sa manière. Il cherche la brebis égarée. Il est là bien avant qu’elle ne soupçonne sa présence et même qu’elle le reconnaisse.

Pour le Seigneur la route n’est pas trop longue ni trop lointaine.
Sur cette route, sur notre route, c’est nous aujourd’hui que le Seigneur rejoint. Et l’expérience des disciples d’Emmaüs nous permet de reconnaître et de discerner notre propre expérience.

La rencontre commence par un dialogue sur le sens des évènements qui nous
bousculent, sur l’histoire qui se défait contrairement à l’engagement de notre
espérance. Le dialogue se poursuit sur le sens de notre vie blessée par la
présence qui nous a été enlevée, présence qui disait l’amitié de Dieu et qui avait noué notre histoire à l’histoire divine. Le dialogue avance encore sur le sens de la marche de Dieu au milieu de nous. Il a pris le chemin du serviteur. Sa gloire et la puissance de son amour passent par le chemin de sa passion. Et c’est donc bien sur le chemin de notre propre passion que le Seigneur va remporter la victoire de la vie.

Quand nos vies sont confrontées à des interrogations apparemment sans issue, la gloire de Dieu les travaille du dedans. Le souffle nous manque pour prononcer la parole qui apaise, libère ou guérit, la parole qui conforte et réconforte dans la foi. Imperceptible, le souffle de l’Esprit vient respirer en nous pour donner notre OUI à la vie, notre OUI à la résurrection.

Ce souffle de l’Esprit, respiration de Jésus, a porté en Lui la parole qui donne le pain comme son corps livré. Sur la table de l’auberge, au moment du partage du pain, la parole retentit dans la communion des deux pèlerins. Dans leur communion,
première communion de l’Eglise, les voici constitués corps du ressuscité. Ils le
reconnaissent. Il disparait. Les voici eux-mêmes donnés au monde, donnés à
l’histoire des hommes, pour qu’elle soit histoire de Dieu, histoire de résurrection. Nous voici donnés au monde aujourd’hui, dans notre fragilité, puissance de
résurrection. Philippe RAST

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