Dimanche 31 janvier 2016

Les gens du pays de Jésus avaient-ils suffisamment accès à leur propre
intériorité pour être disponible à celle de Jésus toute habitée par la
communion avec le Père ? Ils savaient tout sur Jésus sauf le plus beau, le plus vrai, le plus fort, son intériorité en communion avec le Père et ouverte aux hommes.
Drame de la foi, mouvement et dynamisme de la foi. Si l’homme ne perd pied,
il tient en échec la tendresse de Dieu.
L’ultime tentative, la tentative décisive de la tendresse de Dieu sera que Dieu
lui-même perde pied comme il le fit su la croix de Jésus.

L’Esprit Saint témoigne du dialogue de Jésus avec son Père. Il en indique
l’espace, un espace immergé au plus dense de notre humanité, au cœur des foules, au cœur des masses dirait-on aujourd’hui.
Il ouvre cet espace de communion aux hommes, c’est leur milieu vital.
La solidité de cette communion est leur salut. L’intériorité du cœur de Jésus, donné au cœur du Père, rayonne d’attention et de compassion pour l’homme dans la fragilité de sa constitution personnelle, physique et morale tout comme dans la précarité de sa situation sociale, économique et relationnelle.
Seul le tact du cœur de Dieu dans son intériorité peut toucher la chair de l’homme toujours à vif, si sensible à l’injustice qu’il peut ressentir, si inconscient de l’attente de ses frères, si dur pour eux.
L’approche de Dieu est guérison et libération et certainement d’abord pour l’homme libération de son propre moi, de ses angoisses et de ses craintes, de ses réflexes de défense qui l’aveuglent, de ses préjugés qui l’emprisonnent.
Touché par Dieu l’homme peut connaître la grâce de découvrir un amour qui le précède, l’espère et l’attend, pour croire inconditionnellement en lui. L’homme se découvre plus vrai et plus digne dans l’accueil de la grâce.
Cette dépendance qu’il apprend à apprivoiser, ouvre l’homme à son intériorité. Le voici être de dialogue et d’alliance qui ne peut se suffire à lui-même mais accueille le sens qui se construit dans sa vie, vie reçue, vie donnée, dans une multitude de rencontres et de solidarités.
Se révèle ainsi dans les évènements une grâce de la fragilité. On ne peut la
désirer ni la souhaiter. Vivre c’est toujours affermir nos pas, engager notre
liberté pour porter du fruit. Mais la fragilité se révèle comme une grâce
qui nous rapproche de nous-mêmes, nous ouvre ainsi à notre propre intériorité et dans cette brèche nous rend disponible à l’intériorité de Dieu.
On ne peut souhaiter connaitre la famine de la veuve de Sarepta ni la lèpre du général syrien Naaman. Ils étaient moins préparés que bien d’autres du peuple de Dieu. Mais ils étaient déjà réellement défaits d’eux-mêmes pour être
totalement exposés à l’intériorité de Dieu.
Les gens du pays de Jésus avaient-ils suffisamment accès à leur propre
intériorité pour être disponible à celle de Jésus toute habitée par la
communion avec le Père ? Ils savaient tout sur Jésus sauf le plus beau, le plus vrai, le plus fort, son intériorité en communion avec le Père et ouverte aux hommes.
Drame de la foi, mouvement et dynamisme de la foi. Si l’homme ne perd pied,
il tient en échec la tendresse de Dieu.
L’ultime tentative, la tentative décisive de la tendresse de Dieu sera que Dieu
lui-même perde pied comme il le fit su la croix de Jésus.
Ph. RAST

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