Dimanche 3 avril 2016 : 2° dimanche de Pâques

Les yeux de chair de Thomas permettent à nos propres yeux qui ne peuvent voir selon la chair de s’ouvrir dans l’esprit et d’ouvrir nos cœurs, nos âmes et nos vies à la puissance de la résurrection. Sa gloire nous atteint dans la foi de l’Église, dans la parole de pardon, dans la passion de Jésus, dans son cœur ouvert pour nous.

Il vit et il crut.
« Parce que tu m’as vu tu crois ! Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »
Quel chemin entre le matin de Pâques au tombeau et une semaine plus tard au
cénacle où se sont retirés les disciples. Il semble que nous ayons changé d’univers. De Jean le disciple bien-aimé à Thomas le Jumeau s’ouvrent déjà le temps et
l’espace de l’Église, notre espace. Nous ressemblons à Thomas avec ses doutes et ses protestations. Avec lui nous recevons la bénédiction de Jésus pour la foi de l’Église. Avec Thomas nous entrons pleinement dans la foi en la résurrection pour dire à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu. »
Mesurons la distance.

Jean a vécu jusqu’au dernier instant au pied de la croix avec Marie. Il a recueilli ainsi le dernier souffle de Jésus et sa dernière parole : « Tout est accompli. » Il a probablement encore aux côtés de Marie reçu le corps de Jésus descendu de la croix, encore tout brulant de la fièvre de la passion. Il a su jusqu’où et à quel point il était aimé par Jésus qui a donné sa chair pour nous sauver. Ses yeux de chair à lui Jean, ont vu l’accomplissement du salut dans cet instant de la mort de Jésus, cet instant qui devient l’épicentre de l’histoire des hommes.
Au tombeau ses yeux de chair qui ont vu le salut accompli dans la chair livrée de Jésus, voient encore. Mais ils voient l’absence du corps bien-aimé. Jean voit donc que tout est consommé, que tout est achevé dans l’ordre charnel de la loi, donc que la promesse est accomplie et que l’heure est venue d’entrer dans le temps nouveau de la promesse. Il voit et il croit. Paul dira autrement : nous ne pouvons plus connaître de manière charnelle mais nous avons à recevoir toutes choses selon l’esprit.

Huit jours plus tard au cénacle il en va tout autrement. Jean avait couru au tombeau mais ce soir-là, c’est Jésus qui vient à la rencontre des apôtres, . La promesse est accomplie. Jésus ressuscité est bien présent. Il rejoint ses amis. Ils ont du mal à le reconnaître. Ils ont du mal à accepter que leur regard de chair soit maintenant aveugle. Mais la joie est la plus forte, la joie du pardon, la joie de la paix et de la
confiance que le Seigneur leur renouvelle. Ils renaissent à la vie. Ils ressuscitent :
le pardon du Seigneur les transperce. Ils sont morts mais ils sont vivant de son souffle. Les voici témoin de la résurrection
Ils le disent à leur ami Thomas qui n’était pas là. La parole de vie, le témoignage de la résurrection vient à Thomas d’abord par ses amis. Il est bien notre jumeau. Nous aussi la Bonne Nouvelle de la Résurrection, les paroles du pardon et de la miséricorde touchent notre cœur et notre esprit d’abord par le témoignage de l’Église.
La revendication et la protestation de Thomas sont très belles. Elles désirent la proximité du Christ. Elles désirent la réalité de la résurrection. Que le Christ nous attache à lui aujourd’hui. Que notre existence soit centrée sur lui. Que notre vie trouve sa vérité dans le salut accompli par la mort de Jésus sur la croix.
Jésus a accueilli la demande de Thomas pour pouvoir nous bénir nous aujourd’hui. Les yeux de chair de Thomas permettent à nos propres yeux qui ne peuvent voir selon la chair de s’ouvrir dans l’esprit et d’ouvrir nos cœurs, nos âmes et nos vies à la puissance de la résurrection. Sa gloire nous atteint dans la foi de l’Église, dans la parole de pardon, dans la passion de Jésus, dans son cœur ouvert pour nous.
Ph. RAST

Haut de page