Dimanche 3 Novembre

La prière du publicain dans le temple, met son cœur à nu devant Dieu. Peut-être que la prière, la demande de Jésus met totalement à nu le cœur de Zachée. Il est totalement déstabilisé. L’amour de Dieu l’accueille dans toute sa réalité et sa honte de corrompu professionnel. Nu, le cœur de Zachée, ne peut plus que s’habiller de l’amour de Dieu.

Le créateur pourrait-il avoir du dégout ou de la haine pour la création, le monde, les êtres et les hommes qu’il a appelés à l’existence ?
Si nous nous laissions aller à quelque analogie anthropomorphique, nous penserions que le déluge n’est pas monté assez haut pour engloutir l’écœurement, l’horreur et la révolte et le désespoir qui submergent nos cœurs devant le cynisme, la méchanceté, la bêtise et la violence dont le cœur humain peut faire preuve.
Certainement les villageois de Jéricho et les voisins de Zachée pensent-ils que réellement cet homme est un pourri et qu’il ne mérite aucune considération et encore moins quelque confiance que ce soit pour engager l’avenir avec lui.
Oui mais Dieu est Dieu. Le créateur est le créateur. Ses pensées ne sont pas nos pensées.
Déjà la semaine dernière, la méditation de Ben Sirac le Sage, en contrepoint de la parabole du publicain et du pharisien, l’affirmait explicitement : « La prière du pauvre traverse les nuées… » Pour le créateur, c’est certain, le monde ne va pas perdre l’équilibre du côté de ceux à qui déjà la vie a souri. Non, c’est de l’autre côté que le monde peut se lézarder, se fissurer et se déchirer dans la crise. Le créateur donc transcende bien nos pensées, nos réactions et nos jugements. Il entend la prière de celui qui se sait hors-jeu dans la vie religieuse, dans la vie sociale. Il sait qu’il est juste parce que son avenir est auprès de lui. Mais en même temps il a bien du mal à imaginer qu’une créature puisse ne pas avoir d’avenir. Il veut se faire l’éveilleur de cet avenir.
Du coup nous constatons une symétrie qui est proprement miraculeuse et paradoxale.
La prière du publicain : « Jésus, prends pitié de moi ! » a trouvé un chemin dans le cœur de Dieu ; et ce publicain v raiment est juste.
Et le Seigneur va faire une autre prière à un autre publicain : « Zachée, il faut que je demeure chez toi. » Et cette prière va trouver son chemin dans le cœur de l’homme Zachée. Lui aussi se trouve justifié. Il se révèle bien être fils d’Abraham.
Vraiment les voies de Dieu sont impénétrables.
La prière de demande trouve son chemin et fait œuvre de justice. Le Seigneur lui-même n’hésite pas à se servir de ce moyen de communion.
Fait-il chercher une explication ? Ou se laisser porter par le signe ?
Toujours est-il que la prière du publicain dans le temple, met son cœur à nu devant Dieu. Peut-être que la prière, la demande de Jésus met totalement à nu le cœur de Zachée. Il est totalement déstabilisé. L’amour de Dieu l’accueille dans toute sa réalité et sa honte de corrompu professionnel. Nu, le cœur de Zachée, ne peut plus que s’habiller de l’amour de Dieu.
Et notre cœur, comment peut-il s’habiller ?

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