Dimanche 3 Mai 2015 5° Dimanche de Pâques

« Demeurez en moi comme moi en vous. »

Jésus demeure en nous. Soyons attentifs à ce que nous sommes. Quand Dieu nous a créés, il voyait en Jésus l’ainé d’une multitude de frères. En nous demeure l’empreinte de la grâce créatrice dont Jésus est l’icône.
Demeurez en moi, voici le commandement. Que rien en vous ne vienne épuiser la gloire du Père dont vous portez l’empreinte et que ma vie révèle par tout l’éclat de son amour et de sa passion.

« Demeurez en moi comme moi en vous. »

Tout d’abord notre vie est ordonnée à la gloire du Père. Elle la révèle, elle la sert, elle l’accomplit. C’est sa force et sa vérité. Elle porte du fruit et cette fécondité est le témoignage de sa justice reçue de la générosité inépuisable du Père.
Notre vie donc, tout d’abord révèle la gloire du Père. Elle manifeste l’amour dont nous sommes aimés et qui nous enracine dans l’existence. La fidélité de cet amour jamais ne se lasse de notre absurdité, de notre inconstance et de nos abandons. Le voici toujours prêt, bien avant nous, à renouer les fils rompus. Sa discrétion, son effacement, éveillent notre liberté. L’initiative lui appartient alors qu’elle a tant reçu, qu’elle a tout reçu de cet amour qui espère et qui attend.
Notre vie alors sert et porte la gloire du Père. Dans son amour, Dieu veut que nous aimions et que nous soyons aimés. Il nous confie les uns aux autres pour que nos vies rayonnent de l’amour dont il nous aime, un amour fidèle et inépuisable , humble et discret, libérant par sa puissance d’espérance, d’émerveillement et de joie.
Déjà nos amours et nos amitiés humaines puisent une force et une joie que nul ne peut leur ravir dans ce paradoxe de la confiance et de l’espérance qui libèrent le cœur aimé. Le paradoxe de l’amour est bien là dans l’attachement qui libère la vérité de l’être aimé. Ce paradoxe inscrit nos vies dans une dynamique de don qui, du fait de notre fragilité de créature, est un appel permanent à la grâce. Comment pourrions-nous connaître la joie de donner sans compter si notre être n’avait pas tout d’abord été tissé par une bienveillance et une générosité surabondante ?
Le premier mouvement de l’amour est donc de faire acte de vérité sur cet amour qui nous précède et de le reconnaître par la disposition de notre être. La parole de Jésus nous dit où nous tenir : « Demeurez en moi comme moi en vous. »
La parole de Jésus allie un commandement pour ce qui nous concerne à l’énoncé d’une réalité pour ce qui le concerne Lui. Il demeure en nous, c’est la réalité pour Lui. Que nous demeurions en lui, c’est le commandement pour nous.
Jésus demeure en nous. Soyons attentifs à ce que nous sommes. Quand Dieu nous a créés, il voyait en Jésus l’ainé d’une multitude de frères. En nous demeure l’empreinte de la grâce créatrice dont Jésus est l’icône.
Demeurez en moi, voici le commandement. Que rien en vous ne vienne épuiser la gloire du Père dont vous portez l’empreinte et que ma vie révèle par tout l’éclat de son amour et de sa passion.
Demeurez en moi. : que la vie en vous rayonne de toute la puissance du Père
créateur. Jésus nous dit bien que le Père est à l’œuvre en nous comme en lui Jésus. Il nous purifie. Ce qui nous appartient donc est de nous tenir sous la main du Père, qui nous défait de tout ce qui en nous épuise et exténue sa grâce, ce qui nous
enchaine à notre propre gloire et nous engloutit dans le néant et la stérilité.
Demeurez en moi. Le commandement nous est donné. Le signe que nous pouvons le vivre est la parole que l’amour divin met en nos cœurs. Quand nous demeurons en lui Jésus, quand demeurent en nous ses paroles, alors notre propre parole, notre prière, nos demandes lui font écho et incarnent son attention, sa compassion à lui Jésus, dans une communauté de louange et d’intercession, d’annonce et de
recherche du Royaume. La déjà notre prière humble est habitée par l’Esprit qui en nous veut ce que Dieu veut.
Mais tout commence dans la douce et persévérante patience du Père qui nous
purifie dans la passion de Jésus. « Demeurez en moi comme moi en vous. »
Philippe RAST

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