Dimanche 28 février 2016 : 3° dimanche de Carême : La Samaritaine

la Samaritaine

« Si tu savais le don de Dieu,
c’est toi qui lui aurais demandé
et il t’aurait donné l’eau vive »
Le Seigneur a soif de notre attente.

Dans la foi nous accueillons son attente. Que dans notre cœur toujours il y ait une place pour accueillir sa grâce, sa vie, sa présence. Là, au cœur de notre cœur le Seigneur veut demeurer dans cet espace de foi, d’accueil et d’offrande.
Le Seigneur est esprit et vie. C’est bien en vérité qu’on peut l’adorer.

« Si tu savais le don de Dieu,
c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné l’eau vive »

Notre communauté paroissiale de Saint Victor a la grande joie de se préparer à célébrer dans la nuit pascale le baptême de trois catéchumènes et des deux enfants de l’un d’eux. Aussi nous prenons ou plutôt nous recevons les trois grandes catéchèses baptismales de l’Evangile de Jean que sont les rencontres de Jésus avec la samaritaine, l’aveugle-né et Lazare qui sera prophète de la résurrection.
Ce dimanche donc, nous voici au bord du puits de la Samaritaine.
Dans l’histoire biblique combien de beaux couples se sont formés au bord d’un puits,
à commencer par celui d’Isaac (le père de Jacob) et de Rébecca à Lahaï-Roï mais aussi celui de Moïse et de Sippora, la fille de Jéthro. Une histoire d’alliance, une histoire d’amour, pourrait se nouer.
L’heure est insolite, midi. La femme qui vient puiser est hors de tout horaire familial. Elle est perdue, désolée. Sa vie a-t-elle encore un sens ? À la voir errer ainsi on peut se poser la question. Mais voici encore bien plus surprenant. A cette femme
désemparée, Jésus confie sa propre fatigue en lui demandant à boire. Jésus dans son humanité, confie à notre humanité sa propre fragilité et l’Evangile proclame qu’il ouvre ainsi le chemin du salut.
La femme s’étonne du paradoxe : un homme, un juif, sur le coup de midi, au puits des patriarches et de Jacob en particulier, lui demande à boire à elle une femme, une samaritaine, qui a souillé et gâché sa vie dans une multitude d’alliances sans lendemain.

Déjà le cœur de cette femme ressent comme une fraicheur nouvelle. Elle n’est pas si indigne, son âme n’est pas si laide qu’elle finissait par le penser. Quelqu’un peut croire en elle. Elle a du coup soif de connaître l’attente de cet homme qui ose en toute clarté lui adresser la parole.
La Bonne Nouvelle est toute proche. Si cet homme Jésus, dans sa fatigue, lui adresse une demande toute simple, c’est que Dieu lui-même veut lui adresser la Parole, parce que pour Dieu cette femme existe. Elle est quelqu’un.
Dieu est de toute éternité, prêt à combler l’humanité de sa grâce. Il le fait d’abord à cause de lui-même parce qu’il est Dieu, source de vie, source de vie que rien ne peut enfermer, ni nos drames ni l’étroitesse de notre cœur.
Voici alors que nous découvrons que Dieu lui-même est en attente et que
mystérieusement devant nous il est fragile. Le voici le cœur débordant de grâce,
toujours prêt à donner. Mais un don qui n’est pas accueilli, peut-on penser qu’il soit
réalisé ? Bien évidemment non. L’offrande ne devient don que dans l’accueil qui lui est fait. Et donc Dieu attend l’accueil de notre cœur. Et quelle meilleure preuve mais aussi quelle meilleure préparation à l’accueil qu’une demande pressante.
« Si tu savais le don de Dieu, c’est toi qui lui aurais demandé et il t’aurait donné l’eau vive » « Donne- moi toujours de cette eau ! »
Ce dialogue est au cœur de notre vie baptismale. Avec simplicité nous présentons nos demandes au Seigneur. Le Seigneur a soif de notre attente.
Dans la foi nous accueillons son attente. Que dans notre cœur toujours il y ait une place pour accueillir sa grâce, sa vie, sa présence. Là, au cœur de notre cœur le Seigneur veut demeurer dans cet espace de foi, d’accueil et d’offrande.
Le Seigneur est esprit et vie. C’est bien en vérité qu’on peut l’adorer. Et nous savons au bord de ce puits que la vérité est amour, alliance et fidélité pour créer toutes choses nouvelles. Au bord de ce puits, dans le cœur de cette femme la parole de Jésus jaillit en source de vie éternelle. Philippe RAST

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