Dimanche 28 Septembre 2014

Volonté de Dieu, visage de Jésus

Le dialogue tendu entre Jésus et les autorités annonce la réalité ultime.
C’est Jésus dans sa personne qui est la volonté de Dieu, une volonté incarnée.
Plus encore que d’accomplit cette volonté comme si nous en connaissions les contours, il s’agit de l’accueillir, de la suivre, de le suivre lui Jésus. Voici l’humble démarche de la foi qui est remise de tout notre être à la vérité et à la volonté de Dieu qui vient vers nous dans le visage de Jésus et la plénitude démesurée de son amour.

Volonté de Dieu, visage de Jésus

Jésus est en conflit ouvert, ici avec les chefs des prêtres et les anciens, mais nous le savons aussi plus largement avec les pharisiens. La problématique est on ne peut plus explicite avec cette question ad hominem d’une évidence brutale. Les actes peuvent contredire les paroles et les paroles contredire les actes. Les actes parlent cependant plus fort que les mots : ils remodèlent la réalité et tout particulièrement la réalité de l’alliance en redistribuant les places des uns et des autres.
Au cœur de la polémique, la volonté de Dieu, la volonté du Père.
Chefs des prêtres et anciens y sont particulièrement attachés. Au cœur du peuple de Dieu ils en sont les serviteurs, les témoins, les interprètes. C’est le trésor de la vie de leur peuple. Peut-être certains se sont-ils ankylosés sous le poids des convenances et les exigences de leurs fonctions officielles, mais la plupart, l’immense majorité sont des passionnés, des fervents, qui ont engagé tout leur cœur, toute leur famille, tout ce qu’ils ont de plus cher. Dans une mouvance assez proche, les pharisiens vivent la même passion pour la Loi, pour la Parole de Dieu, lumière pour leurs yeux, lampe pour leurs pas. Leur nom de pharisien le signifie. Ils se tiennent à part pour le cœur de leur Dieu.
Probablement est-ce une grande peine pour Jésus de n’avoir pu compter sur eux, de n’avoir pu puiser avec eux dans leur immense désir de justice et de vérité, pour avec eux boire aux sources de la vie, la miséricorde et la tendresse divines.
Tout proches du Royaume, certainement les mieux disposés pour entrer dans l’Alliance, ils sont cependant restés à l’extérieur. Le drame a commencé très tôt, du temps même de Jean-Baptiste. Déjà dans les évènements des bords du Jourdain autour du baptiste, déjà la volonté de Dieu venait vers eux pour se faire connaitre dans la vie de ce témoin et dans sa justice.
L’Evangile est bonne nouvelle, une bonne nouvelle terrible. La volonté de Dieu qui ouvre son royaume aux hommes de tous les horizons, surgit comme un évènement nouveau dans la réalité quotidienne, dans la vie de ses témoins. L’évènement de révélation a commencé autour de Jean-Baptiste. Il se poursuit et trouve sa plénitude définitive dans la personne de Jésus.
Le dialogue tendu entre Jésus et les autorités annonce la réalité ultime. C’est Jésus dans sa personne qui est la volonté de Dieu, une volonté incarnée.
Plus encore que d’accomplit cette volonté comme si nous en connaissions les contours, il s’agit de l’accueillir, de la suivre, de le suivre lui Jésus. C’est bien une révolution « copernicienne » (si parler ainsi n’était pas un anachronisme).
Voici l’humble démarche de la foi qui est remise de tout notre être à la vérité et à la volonté de Dieu qui vient vers nous dans le visage de Jésus et la plénitude démesurée de son amour.
_ Philippe RAST

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