Dimanche 27 septembre 2015 : 26° Dimanche ordinaire B

Les liens de l’Alliance
La parole de vie, la parole qui libère et qui guérit, quand elle est donnée au nom de Jésus, va plonger les êtres dans la communion au Christ, dans la vie du Royaume de Dieu.
L’Esprit et la parole de vie surgissent dans la liberté pour introduire au cœur du Royaume. Attention de ne pas contrister l’Esprit, de ne pas enchainer son élan ni sa liberté, attention de ne pas blesser les cœurs qu’il touche. Attention de ne pas interposer notre pensée, nos idéologies, nos sensibilités, notre culture, notre œil, notre main, notre industrie, notre philosophie.
« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »

Les liens de l’Alliance

« Tu es le Christ ! » la profession de foi de Pierre, la profession de foi de l’Église, attache au Seigneur qui prend le chemin du serviteur, le chemin de la croix.
Le Seigneur, le premier, s’attache à nous. Il a pris la tenue du serviteur comme il l’a fait devant Pierre au soir de son dernier repas. Il se tient au pied de chacun de nous, le créateur au pied de sa créature pour la purifier, pour qu’elle ait part à la communion qui est la vie de Dieu, la vie éternelle, la vie que Dieu veut pour nous, le salut.
Voici une situation nouvelle :
Vivre le salut qui s’accomplit en Jésus, le Saint Serviteur de Dieu, en lui seul et par lui seul.
Ne pouvoir rien faire valoir de notre propre justice.
Au cœur de ce monde, pour vivre la vraie vie, ne pas faire obstacle à la rencontre du Sauveur qui a pris la tenue de service.
La conversion n’est pas simple. Pierre se récrie quand Jésus annonce sa passion.
Les disciples en chemin discutent pour savoir qui est le plus grand.
Et maintenant les voici scandalisés de voir que la grâce dont ils se pensaient les uniques serviteurs pour ne pas dire les seuls détenteurs, les seuls vrais dépositaires, peut jaillir très largement hors de leurs rangs au-delà de toutes frontières. On devine le combat à mener contre les susceptibilités, jalousies, fausses fiertés et respect humain.
Mais la question est vraiment très sérieuse quand il s’agit de discerner les
chemins de la grâce. Tout au long de sa vie, notre Église s’est posé la question, une question vitale.
La profession de foi attache au Christ. Elle est l’œuvre de l’Esprit. Le jugement humain est bien infirme pour discerner la présence et la parole de Dieu. L’attachement au Christ est vie de communion avec Lui qui le premier nous a aimés. Cette vie de communion est vie de charité dans l’amour dont il nous a aimés et qu’il nous a donné comme un commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! » Elle est communion à celui qui a pris chair de notre chair et mort de notre mort pour que nous prenions vie de sa vie.
La communion est donc le milieu vital de la foi qui accueille et qui porte la grâce.
En chemin, dans le cœur des hommes et dans la société, la parole qui porte le salut a rencontré bien des obstacles et subi bien des manipulations de la part d’esprits désireux de l’asservir à leurs vues, aux affirmations de leurs propres doctrines.
Dès les premiers temps accueil vrai de l’Écriture comme Parole de Dieu, profession de foi au Christ Fils de Dieu venu dans notre chair, joie de vivre la vie pascale sont allés de pair dans la communion de l’Église. Saint Irénée de Lyon, en combattant les hérésies, a dénoncé les milieux sectaires qui les ont secrétées.
La parole de grâce est confiée à l’Église. Mais la grâce peut surgir au loin, elle conduit alors à rejoindre la communion de l’Église. De cette liberté de la grâce, Pierre se fera témoin à Césarée chez le centurion Corneille. Mais déjà autour de Jésus le mystère se met en place. La parole de vie, la parole qui libère et qui guérit, quand elle est donnée au nom de Jésus, va plonger les êtres dans la communion au Christ, dans la vie du Royaume de Dieu.
L’Esprit et la parole de vie surgissent dans la liberté pour introduire au cœur du Royaume. Attention de ne pas contrister l’Esprit, de ne pas enchainer son élan ni sa liberté, attention de ne pas blesser les cœurs qu’il touche. Attention de ne pas interposer notre pensée, nos idéologies, nos sensibilités, notre culture, notre œil, notre main, notre industrie, notre philosophie.
« Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! »
Philippe RAST

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