Dimanche 27 octobre 2013

Avez-vous de l’avenir ?

Avez-vous de l’avenir ?
Un homme est tout à fait certain de pouvoir répondre sereinement et joyeusement « OUI ». sa vie est accomplie dans une belle perfection morale et sociale. Oui il a réussi. Doit-il encore s’inquiéter ? A son avis, ce serait injuste. Il rend donc grâce pour ce qu’il est. Nous remarquons qu’il ne dit pas merci pour ce qu’il a reçu. Peut-être est-ce implicite. Mais dans la prière, dans l’amitié, dans l’amour, on peut redire les choses. Cela fait exister les êtres et, quand il s’agit de Dieu, cela le glorifie tout simplement et nous met tout aussi simplement à notre place. Donc il n’est pas très sur que Dieu ait vraiment une place réelle dans le cœur de cet homme. On peut craindre au contraire que cet homme et son souci de lui-même occupe tout l’espace.
Un autre homme s’interroge encore tant il est accablé par la somme d’échecs, d’actes manqués, de situations bloquées, d’efforts stériles, d’énergies perdues qui encombre son horizon. Il se trouve tout enfermé en lui-même. Pas d’espace où son cœur pourrait se dilater. Il est proche de l’asphyxie. Mais nous découvrons une chose : il a peut-être le souffle court, pourtant il est vivant. Tout simplement parce qu’il s’adresse à Dieu en vérité. Il s’adresse au Dieu vivant source de toute vie.
Cet homme parle vrai à Dieu. Il est le créateur toujours à l’œuvre, qui ne laisse pas sa créature errer à perte d’âme mais qui toujours l’interpelle pour faire alliance avec elle.
Cet homme parle vrai à Dieu parce qu’il sait aussi être vrai avec lui-même :
qu’a-t-il produit ? Quels fruits de vie, de paix d’espérance et de communion a-t-il pu porter ? Il ne sait que trop la fragilité de son cœur et la maladresse de ses gestes. Il sait aussi que vraiment la vie, la paix et la communion n’ont de réalité que par le don d’une présence, d’une liberté qui s’engage à nos côtés, qui nous libère et du coup nous permet de nous engager à notre tour ; Nous voici alors réconciliés avec la vie, avec nos frères, avec notre entourage.
Dans sa fragilité finalement cet homme sait beaucoup de choses sur le cœur de l’homme et sur le cœur de Dieu. Il sait que le cœur de Dieu est fait pour pétrir le cœur de l’homme. Il sait que le cœur de l’homme ne peut se résoudre à son imperfection ni non plus trouver sa consolation en lui-même dans une perfection qui ne peut être qu’imaginaire. Il sait que le cœur de l’homme est fait pour l’espérance. Il sait que l’espérance est toujours un don qui vient à notre rencontre, le don d’une présence, d’une communion qui, paradoxalement aussi, attend notre engagement et notre propre don.
Oui cet homme est juste. Son cœur peut apprendre. Son cœur est en attente d’être accordé au cœur de Dieu.

Philippe RAST

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