Dimanche 26 Juillet 2015 : Cassien : Conférence 1 : Si ta main te fait scandale

Si ta main te fait scandale

Il faut, en second lieu, bien examiner si l’or très pur des saintes Écritures n’est pas employé à nous tromper par une fausse interprétation.

Il vaut bien mieux retrancher un membre de la règle, c’est -à- dire une pratique, une dévotion, pour être sain et ferme sur tout le reste, et entrer avec cela de moins dans le royaume des cieux, que de tomber dans quelque piége en voulant tout faire, pour nous éloigner ensuite de la règle et de nos résolutions, et arriver enfin à un relâchement, capable non-seulement de ruiner notre avenir, mais aussi de perdre notre passé en livrant aux flammes tous les mérites acquis. (S. Matth., XVIII, 9.)
Conférence 1 n°20

Il faut, en second lieu, bien examiner si l’or très-pur des saintes Écritures n’est pas employé à nous tromper par une fausse interprétation.
Le démon employa cette ruse contre le Sauveur, qu’il prenait pour un simple homme. Il voulut lui appliquer ce qui est dit en général de la personne des justes, et Notre-Seigneur n’avait certainement pas besoin du secours des anges. « Il a commandé à ses anges de vous garder dans toutes vos voies. Ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne se heurte contre la pierre. » (Ps. XC, 11. S. Matth., IV, 6.)
C’est ainsi que le séducteur abuse des textes précieux de l’Écriture, et en corrompt le sens pour nous tromper par l’or qui porte l’empreinte d’un usurpateur.
Il nous fait accepter des pièces fausses, lorsqu’il nous porte à des pratiques de piété qui ne sont pas reconnues par nos supérieurs ; il nous attire au mal par l’apparence de la vertu, et il nous fait tomber, en nous conseillant des jeûnes immodérés, des veilles trop longues, des prières et des lectures en dehors de la règle ; il nous invite encore à des visites charitables, à de pieux pèlerinages, pour nous faire sortir des murs du monastère et du repos de la solitude (...)

Tout cela est contraire à notre salut et à notre profession, mais le piège est caché sous l’apparence de la miséricorde et de la religion , et ceux qui manquent de lumière et de prudence y tombent facilement.

Ces actions imitent les monnaies de bon aloi ; elles paraissent frappées au coin de la dévotion, mais elles ne portent pas l’empreinte des monarques légitimes, c’est-à-dire des vrais Pères de l’Église. Elles ne sortent pas de l’atelier légal ; mais elles sont fabriquées secrètement par les démons, pour tromper les ignorants et les faibles. Elles nous semblaient d’abord utiles et nécessaires ; mais si elles nuisent ensuite à notre sainte profession, si elles ruinent le fondement de nos résolutions, il faut retrancher et jeter loin de nous ce qui paraissait devoir nous servir comme le pied et la main, et qui n’est vraiment qu’un membre de scandale.
Il vaut bien mieux retrancher un membre de la règle, c’est -à- dire une pratique, une dévotion, pour être sain et ferme sur tout le reste, et entrer avec cela de moins dans le royaume des cieux, que de tomber dans quelque piége en voulant tout faire, pour nous éloigner ensuite de la règle et de nos résolutions, et arriver enfin à un relâchement, capable non-seulement de ruiner notre avenir, mais aussi de perdre notre passé en livrant aux flammes tous les mérites acquis. (S. Matth., XVIII, 9.)

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