Dimanche 26 Avril 2015 : 4° dimanche de Pâques

Jésus le bon berger

Célébrer le bon berger c’est donc entrer dans cette humilité qui nous libère et nous grandit : nous connaissons le prix de notre vie : c’est Dieu lui-même. Célébrer le bon berger c’est contempler le don que Jésus fait de lui-même. Ce don est amour et communion avec le Père. Ce don accomplit la volonté du Père qui est source de toute vie. Dans cette communion à la volonté du Père, Jésus va jusqu’au bout. Le Père veut donner la vie. Il la donnera dans la résurrection de Jésus.
Le don que Jésus fait de sa vie va jusqu’à ce don nouveau de lui-même qui s’accomplit dans la résurrection.

Le bon pasteur porte la brebis sur ses épaules et sur son cœur. Dieu nous porte dans nos faiblesses, quand nous sommes trop fragiles, blessés ou épuisés. Dieu nous conduit. Le berger connait les sources où le troupeau pourra se désaltérer, les prés verdoyant d’herbe fraiche où il pourra refaire ses forces, les clairières ombragées pour le temps du repos. Ce qui apaise vraiment, ce qui désaltère, ce qui nourrit réellement notre vie d’homme, pas simplement nos corps mais aussi nos cœurs, Dieu le connait et il nous conduit là où il fait bon vivre.
La réalité est là. L’homme seul, livré à lui-même est dans une situation bien critique. Il se trouve arraché au milieu vital où dans l’alliance, la grâce surabonde et où il se reçoit de la promesse de Dieu. Dans la solitude le voici exposé à tout ce qui vient défaire le sens de sa vie, aux mensonges et aux illusions qui altèrent son jugement, aux peurs qui déchainent la violence, aux séductions qui engloutissent dans l’ivresse de l’irréparable. La réalité est là. La vie de l’homme est exposée, risquée.
Aussi Dieu s’expose et se risque. Dieu va au bout de son engagement. Il se donne en Jésus son Fils. En lui, le voici pleinement exposé dans la passion qu’il conçoit pour nous et qui nous tient dans l’existence.
Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Pour les tenir dans leur milieu vital,
lui-même s’expose, s’interpose pour les défaire de l’emprise qui les arrache à elles-mêmes, les anesthésie, empoisonne leur confiance, leur espérance et leur amour.
La réalité est dramatique. Nous ne pouvons la discerner que dans l’humilité de la foi. Dieu tient à nous plus que nous-mêmes. Dieu s’expose. Le prix que nous avons à ses yeux est sa propre vie, la vie de son fils Jésus. Il est bien rude à la fierté de
notre liberté de concevoir que nous ne sommes pas à l’origine du sens de notre vie, que notre jugement n’est pas la norme de toute réalité et que nos projets ne peuvent pas avoir pour seule mesure les désirs que nous formons. Notre liberté et notre
responsabilité sont convoquées pour construire la vie dans le don de nous-mêmes
à la présence qui nous espère.
Célébrer le bon berger c’est donc entrer dans cette humilité qui nous libère et nous grandit : nous connaissons le prix de notre vie : c’est Dieu lui-même. Célébrer le bon berger c’est contempler le don que Jésus fait de lui-même. Ce don est amour et communion avec le Père. Ce don accomplit la volonté du Père qui est source de toute vie. Dans cette communion à la volonté du Père, Jésus va jusqu’au bout. Le Père veut donner la vie. Il la donnera dans la résurrection de Jésus.
Le don que Jésus fait de sa vie va jusqu’à ce don nouveau de lui-même qui s’accomplit dans la résurrection. Il entre pour cela librement dans les
évènements de la passion. Là où les hommes lui arrachent apparemment sa liberté, lui-même prend l’initiative du don.
Quand le bon berger nous prend sur ses épaules, notre liberté est transfigurée par ce don. Du coup c’est en nous-mêmes que nous apprenons à reconnaitre l’amour du bon berger, c’est en nous-mêmes que nous reconnaissons sa voix, sa tendresse,
en nous-mêmes qui ressuscitons, portés par sa résurrection.
Philippe RAST

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