Dimanche 25 octobre 2015 30° Dimanche ordinaire B

« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »

Dans sa chair et dans son cœur Bartimée était prisonnier de sa nuit. Du plus profond de sa solitude, d’une solitude où l’on veut l’enfermer, il a lancé son cri. Ce cri tient en deux respirations.
Ce cri est une grâce pour nous. Il peut tenir en deux de nos respirations.
Il nous place dans la lumière du Royaume, la lumière qui jaillit du cœur de Dieu, la lumière du Christ, la lumière qu’est le Christ.

« Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »

Bartimée est assis au bord du chemin à l’entrée de Jéricho quand Jésus passe. Jésus monte à Jérusalem. Jéricho est sa dernière étape avant l’entrée triomphale dans la ville sainte. La foule acclamera Jésus et ses cris feront écho au cri de Bartimée : « Béni soit le règne de David notre père ! Hosanna au plus haut des cieux ! » Le jour de la promesse est là. Le peuple peut répondre à l’appel lancé par Jérémie : « Faites résonner vos louanges. Criez tous : « Seigneur sauve ton peuple. »
Le Royaume de Dieu est là. Il vient pour les humbles et les simples. Il vient accomplir la promesse. Il vient relever la vie chancelante. Il vient libérer la création. Il vient pour ceux que les épreuves ont éloignés et dispersés. Il vient pour les plus fragiles. Il vient pour tout homme vrai.
« Aies pitié de moi ! Jésus » Le cri de Bartimée l’attache à Jésus. Bartimée se tient au seuil du Royaume. Il sait que ce Royaume est tout grand ouvert pour lui. La foule peut être nombreuse et bruyante. Elle peut trouver que dans ce jour de fête, Bartimée dans sa nuit fait une grosse tâche sombre, menaçante, humiliante. La foule peut le rabrouer, le rejeter, le faire taire, l’évacuer du champ de vision. Rien n’y fait. Bartimée sait que son cri va toucher Jésus et il a raison.
Du coup, on le fait approcher. On va le mettre au premier rang. Il va rendre honneur à Jésus. Il va rendre honneur à Dieu. Sa foi va manifester en acte la venue du Royaume. Jésus le lui dit : « Ta foi t’a sauvé ! »
Le Royaume est lumière, vérité et liberté, paix et joie. Bartimée suit Jésus sur le chemin. Il le sert. Simplement sa présence est louange à la plénitude de vie que Dieu donne, sa présence est proclamation de la Bonne Nouvelle. Simplement, à sa manière, Bartimée sert Jésus.
De ses yeux de chair, dans la lumière du jour, il retrouve son autonomie.
De tout son être il retrouve sa vocation : chercher le Royaume, suivre Jésus, manifester à tous que la vérité de notre vie, sa beauté, sa force est un don de Dieu, proclamer que la vraie justice est de rendre grâce pour ce don en s’attachant à celui qui est la source de toute vie.
Dans sa chair et dans son cœur Bartimée était prisonnier de sa nuit. Du plus profond de sa solitude, d’une solitude où l’on veut l’enfermer, il a lancé son cri. Ce cri tient en deux respirations.
Ce cri est une grâce pour nous. Il peut tenir en deux de nos respirations.
Il nous place dans la lumière du Royaume, la lumière qui jaillit du cœur de Dieu, la lumière du Christ, la lumière qu’est le Christ.

Philippe RAST

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